CRIMES
Personnes, jugées en 1S80 83 par les cours (l'Assises et les ïribnuanx correctionels
(moyenne par 100,000 habilnns).
Corse
Sardaigne
Sicile
Calabr.
Molise
(Campobasso)
Homicides simples et blessures suivies de mort ....
Homicides iiualifiés et vols sur les grands chemins suivis d' homicides
Ce qui signifie, que bien qu'elle soit politiquement fran- •çaise, la Corse est italienne aussi bien par la race que par la criminalité, et même, observe Reclus: « De la Sardaigne et de la Corse, îles entre elles un temps unies ; c'est précisément la Corse, maintenant française, qui est la plus italienne par sa position géographique comme par ses traditions historiques » .
Si bien que les diftorenees si tranchées entre la criminalité corse et la criminalité sarde s'expliquent eu grande partiepar des raisons ethniques qui sont en suite continuées par la grande ressemblance qui existe entre la criminalité de la Corso et celle de la Sicile. En etïet dans la Sicile prédominèrent sur tous les antres, les éléments Sarrasins, plus féroces qu'avides, qui eurent justement une grande influence dans la Corse. On sait que « aux anciens habitants (Ligures, Ibères ou Sicani^ suivant quelque uns) succédèrent les Phocéens et les Romains, mais surtout les Sarrasins jusqu'au xi siècle, après lesquels vinrent les Italiens et les Français » (Xicolucci).
C'est donc au sang Sarrasin que la Corse et la Sicile (et en partie les Calabres) doivent leur intense criminalité homicide jointe à une moindre délin([.uance contre la propriété.
G. — Races françaises. — Un coup d'œil jeté sur les Planches IIP et lY'^ que nous donnent la France par race et par crime» nous apprend que c'est à la disti'ibution des races ligures et galliques que correspond le maximum des crimes de sang.
Mais nous trouvons des preuves plus détaillées de l'influence ethnique en étudiant dans les documents cités les départements qui dépassent la moyenne des assassinats etc., suivant la race. Xous voyons alors que la tendance à l'assassinat va croissant à mesure que l'on va des départements ayant une population de race cimbrique (1 sur 18 zz 5,5 •' ^j) aux départements de race gallique (8 sur 32 r= 25 ^/q), de race hybérique (3 sur 8 rz 35 '^q), de race belge (6 sur 15 :^ 40 "y) à la race ligure, où elle rejoint son maximum absolu (100 ^/q).
Quant aux viols, ils vont en augmentant à mesure que l'on va des départements avec populations de race hyberique (2 sur 8 zz 25 %) à ceux de race cimbrique (G sur 18 zz 35 '^/q)^ de race belge (G sur 15 = 40 '^ o), galliiiue (13 sur 32 zr 41 %} jusqu'à la race ligure (G sur D ir: {W) "/„), où ils atteignent aussi le plus fort maxinuun.
Dans les crimes contre la propriété nous ne voyons dominer que la race belge (la plus industrielle du reste) G7 ^/p,.
PREMIERE PARTIK 39
la ligure et l'hybériquo avec 60 'Vo et (il "/(„ pendant que la cimbrique et la gallique ne donne ((ue le 30 et 39 '^/q.
L'influence prépondérante des races ligure et gallique dépend de leur plus grande activité, comme nous l'avons vu dans mon Crime politique ; les peuples ligures en France donnèrent té, maximum des insurgés et des révolutionnaires 100 *^/(j, et le; maximum des génies GG '^/q, lés galliques le 82 '^/q et le 19 %. de génies : les belges le 62 "^/q et le 33 7o ^*^ génies, pendant ([ue les cimbres ne fournirent (|ue le 38 % de révolutionnaires et à peines le 5 '^/f, de génies ; les hybériques le minimum, 14 % de. rebelles et 5 '^/,i de génies {Crime politique, vol. I).
7. — DoUcocéphalie et Brachfjcéphalie. — Nous avons voulu connaître les résultats des rapports entre la criminalité, l'indice céplialique et la couleur des cheveux, persuadés d'obtenir; ainsi les documenta plus certains de l'influence de le r,ace.
En Italie, en étudiant le crime selon l'indice céphalique sur les Planches de Livi {op. cit.) nous avons vu que dans les 21 provinces ayant une prépondérance de dolicocéphalie (de 77 à 80 inclus), la moyenne des homicides et blessures est de 31 ^y''oQ, pendant que la moyenne générale en Italie est de 17; dans toutes ces provinces dolicocéphales, excepté Lucques et Lecce, c'est-à-dire dans 19 sur 21, la proportion des homicides surpasse la moyenne.
Les provinces où domine le plus la mésocéphalie (81-82), sont proportionnellemente en dessous de la moyenne des provinces dolicocéphales, quant aux homicides, et donnent une moyenne de 25 %(,.
Dans celles au contraire où sont les brachycéphalies plus nombreuses (en partant de l'indice de 83 jusqu'à 88) la moyenne est de 8 'Yqq, par conséquent très inférieure pour la criminalité à la moyenne générale.
Nous devons cependant noter que les dolicocépiiales se groupent tous dans les provinces méridionales, sauf Lucques, qui fait justement exception au paralellisme entre l'intensité du crime et de la doligocéphalie, et que les brachycéphales,
au contraire, sauf les Abruzzes, sont tous dans la haute Italie, et les ultra-braohycôphales dans les régions montagneuses, qui toutes ont un moindre contingent de crimes de sang.
Quant aux mésocéphales, ils se rencontrent surtout dans ritalie • méridiouale ou dans les régions plus chaudes de la haute Italie, comme Livorne, Gènes, si bien qu'il est impossible de ne pas admettre que l'influence ethnique se confond, ici, avec celle du climat.
Quant aux vols la différence est bien moindre.
On voit encore l'emporter, mais beacoup moins clairement :
Les dolicocéphales avec 460 p. 1 milUon d'hab. » brachycéphales » 300 » » »
» mésocéphales » 400 ;> » »
En France (voyez La Justice en Fnuice)^ les crimes contre les personnes donneraient une moyenne de 18 pour 100,000 chez les brachycéphales et de 86 chez les dolicocéphales (CoLLiGxox, op. cit.^) en comptant la Corse; et sans elle de 24 seulement égale par conséquent à la movenne du pays, qui est justement de 24 à 33 pour 100,000; et même si nous suivons les données de Ferri, de 1880 à 1884, nous trouvons une différence beaucoup moindre; suivant cet auteur, les crimes de sang donneraient le 13 p. 100,000 (sans la Corse) parmi les dolicocéphales et 19 chez les brachycéphales.
On voit d'après cela combien est plus grande, pour les crimes de sang, l'influence du climat que celle de la race, car en Italie, où les dolicocéphales sont réunis dans les provinces méridionales, il existe une énorme diff'érence en plus pom" les brachycéphales; en France au contraire où les dolicocéphales sont surtout répandus au sud, au nord (Pas de Calais, Nord, Aisne), au centre dans la Haute Vienne et Charente, ils ne fournissent aucune données précises, et donnent même des chiffres moindres.
Quant aux crimes contre la propriété en France — et la Corse ici n'a aucuue influence — la différence est remarquable ; les dolicocéphales donnent 44 p. 100,000, pendant que leS brachycéphales ne donnent que 23.