‹ Le crime, causes et remèdesChapitre 26 sur 190 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

Densité Immigration - Émigration — Natalité.

1. ■ — Densité. — Ou verra mieux l'influeuce de la civilisatiou daus son rapport avec la criminalité en examinant un à un ses divers facteurs, et en premier lieu celui de la densité ; car l'histoire du crime nous enseigne qu'il n' apparut tel qu'il est que lorsque la société humaine eut atteint une certaine densité.

La prostitution, les blessures, le vol — selon la juste remarque de Reclus, Westermark et Krapotkine — se manifestent rarement dans la société primitive,* comme chez les Veddah, qui ne se réunissent qu'à l'époque de la pluie et parmi certains Australiens, qui ne se rassemblent qu'à la récolte de l'Yam. C'est pour la même raison que même parmi les animaux lorsqu'ils ne sont pas associés ou réduits en domesticité, l'équivalent du crime n'apparaît que rarement, car le moyen de se manifester manque à leui-s instincts brutaux. Mais que les circonstances changent et s'y prêtent avec la formation des tribus, des urbs et des clans, et le crime, qui jusque là dormait latent, surgka avec violence, comme nous le dépeignant, chez nos ancêtres, Athénée, Hérodote, Lucrèce. Même parmi les sociétés barbares les moins compactes, les crimes sont relativement plus rares, bien que plus féroces, pendant qu'ils se multiplient dans les sociétés plus policées, dans les- ([uelles les cinq ou six formes de crimes barbares deviennent légions à notre époque.

Un seul regard jeté sur les délits de vols, sur les homicides et les soulèvements politiques de l'Europe par rapport à la densité, nous démontre que sauf les résultats contradictoires, effet de l'influence thermique qui accroît les homicides et les révoltes au Sud et les vols au Nord, les vols augmentent avec la densité, tandis que les homicides diminuent.

Nous voyons en effet dans le tableau suivant, que sur sept pays ayant une moindre densité, deux seulement (Espagne et Hongrie) ont des chiffres très élevés d'iiomicides, et siu" huit pays ayant une densité maximum, l' Italie seule compte un grand nombre d'homicides. Quant aux vols, c'est le contraire qui a lieu.

Pour les révoltes on ne peut tout d'abord rien conclure, car nous voyons des pays à densité égale (Pologne, Autriche, Suisse) avoir des différences énormes dans le nombre des révolutions, pendant qu'elles font défaut dans d'autres pays à densité grande ou petite, comme l'Angleterre, la Russie, la Hongrie.

Au moyen-âge, une population très clair semée, la Corse, eut un grand nombre de révolutions (suivant Peri^ari, elle en aurait donné 45 en 4 siècles) ; Nonantola et Biandrate furent aussi dans le même cas (Ferrari, op. cit.).

Crimes

et de

nsité dans les

Etats d'Europe.

HabitanU

Homicide,

Vols '2)

Fi('v. polit. (3)

. kil. carré p.

1,00U,0U0 (l'hab.

p. 100,000 hab.

p. 10,000,000 (l'bab

Russie

Suède et Norvèg(

Danemark

Espagne (4)

Portugal

Autriche (4)

Hongrie

Pologne

Suisse

France (4)

Allemagne (4)

Italie (4)

Angleterre (4)

Irlande

Belgique

(1) Ahnanach de Ootha, 1886-87.

(2) Ferri, Omicidio e Atlante, 1895.

(3) Le crime politique, di C. Lombroso e Laschi, Torino, 1895.

(4) BoDio, Rclazione délia Gommissione per la statistica giudixiaria . 1896 (bozze).

Page 1