PREMIERE PARTIE
Cette influence apparaît plus clairement encore dans nos pays, surtout si F on examine en détail chaque crime par rapport aux degrés de densité de la population.
En Italie, par exemple, nous trouvons (1) :
uoK .. l;i ,.,n.. Homicides Vols ^„niPûlal'fl^fw.H^nn Viols Escroqueries
Hab. p. KM. carre „, m contre les lonctionn. ni m
' "/oooo "/oooo 0,0000 /oooo "/coco
de 20 à 50 11 199 23,7 18,8 52,6
^ 200 au dessus 3,5 158 29,5 18,7 50,4
On voit, en conséquence, décroitre rhomicide, spécialement •dans les capitales à mesure qu'augmente la densité, si bien que Milan, Naples, Livourne, Gênes, avec des races (Grecques, Celtes, Ligures) et des climats (nord et sud) les plus divers donnent une décroissance analogue dans le chiffre des homicides et par contre on le voit augmenter régulièrement là où la densité est moindre, c'est-à-dh-e dans les pavs plus chauds et dans les iles, où la barbarie est plus grande et le crime associé plus fréquent.
Les vols, les viols et les violences contre les fonctionnaires diminuent aussi avec l'augmentation de la densité, mais pour remonter ensuite rapidement avec l'excès de la densité, qui rorrespond aux grandes capitales (Padoue, ISTaples, Milan, Venise).
L'escroquerie smt une marche irr*''gulière et presque toujours (>n opposition avec la densité, ce qui provient du fort contingent insulaire, spécialement de la Sardaigne, et de l'intensité exagérée par une ancienne coutume ethnique dans les provinces de Forh et de Bologne, où l'escroquerie est très répandue et même proverbiale {Bolognare de Bologne) et Dante dans ~;on Enfer a dit :
(1) BoDio, Anmtario sfatistico italiano, 1894, Roma.
Et nou pur io qui piango Bologneso :
Anzi n'è questo luogo tutto pieno (1).
(Canto XVIII, 58, pei lenociuii).
Ainsi dans les récentes statistiques françaises (2), nous trouvons dans les pays où la densité
est de
Hahilants
Vols
Homicides
Viols
p. kiloin. carre
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100 et plus
Nous voyons le vol devenir de plus en plus fréquent à mesure que la densité augmente. Les homicides et les viols, au contraire, donnent la plus grande proportion avec le minimum ou le maximum de la densité. Cette contradiction s'explique par ce que là où il existe la densité plus compacte n y a les grands centres industriels (Seine inférieure, 92), politiques (Paris, 18), et d'immigration (Bouches du Rhône, 45), où l'on trouve des occasions plus fréquentes de contestations ; au minimum de la densité (Corse, 200; Lozère, 41 ; Hautes-Alpes, 24), correspond aussi le maximum de la barbarie, et nous avons vu qne les blessures et l'assassinat y sont regardés souvent bien plus comme une nécessité que comme un crime.
Le même fait se reproduit pour les soulèvements politiques : je l'ai prouvé dans le Grime politique, par l'étude sur les populations révolutionnaires et ultra conservatrices des départements fi'ançais, qiù démontre combien les premières sont toujours plus nombreuses dans les régions où la densité est plus grande.
(1) Je ne suis pas ici le seul Bologuais qui pleure : ce lieu bien au contraire en est tout plein.
(2) Ferri, Omicidio, Atlante, 1895.
PREiMIERE PARTIE 75,
En étudiaDt les rapports de la densité avec la population et la réaction monarchique en France, nous trouvons que daus les départements à population plus dense, l'esprit public est plus enclin aux idées révolutionnaires. Au contraire les Basses- Alpes, les Landes, l'Indre, le Cher et la Lozère, qui ne dépassent pas 40 habitants par kilomètre carré, donnèrent dans les élections politiques de 1877-81-83 un coefficient élevé de votes au parti monarchique. Il en est de même pour les départements de la Yendée, du Nord, des Hautes-Pyrenées, du Gers, du Lot et de l'Aveyron, qui ne comptent guère plus de 60 habitants par kil. carré ; le même fait fut aussi remarqué pour les plébiscites (Jacoby).
Au contraire lorsque la population atteint un haut degré de densité, comme dans le Ehône, la Loire, la Seine-et-Oise et la Seine inférieure, on voit 1' esprit révolutionnaire prendre im plus grand développement ; c'est ce qu'observait déjà Jacobj {op. cit.).
La proportion plus élevée de révolutionnaires est fournies par les départements à densité plus compacte, en suite par ceux qui se rapprochent de la densité moyenne, avec une légère faiblesse. — Dans les départements à densité minime dominent les conservateurs ; dans les auti-es, les deux partis s'équilibrent.
On comprend aisément que là ou la population urbaine est plus dense, les agitations politiques sont aussi plus fréquentes. Ce fait s'observe surtout à Paris, où, comme écrit Yiollet-le- Duc (1) : « Tout le monde civilisé déverse son écume, en faisant une ville cosmopolite dans laquelle nne foule sans patrie, sans principes et sans traditions, dispose audacieusement des élections et se prévaut des malheurs du pays pour renverser le gouvernement et se mettre à sa place » .
C'est ainsi qu'après la Commune sur 36,809 individus arrêtés, il y eut 1725 étrangers et 25,648 provinciaux.
Tel est le vice, ajoute Maxime Du Camp, des pays trop con-
(1) Mémoires sur la défense de Paris. 1871.
centrés, où la vie provinciale ne trouve qu'un développement imparfait [op. cit.).
« Les grandes capitales sont dangereuses pour le calme politique, elles font l'effet d'une pompe aspirante : elles attirent et retiennent. La France a la tête trop grosse, elle est. comme les hydi-océphales, sujette à de véritables accès de fureur maniaque. La Commune fut un de ces accès ».
En somme, l'influence ethnique et climatérique élimine l'influence de la grande densité, mais cette dernière exerce une action directe bien évidente sur les délits de vol, qu'elle multiplie, et sur les homicides, qu'elle diminue.
2. — Immigration - Emigration. — C'est un fait indéniable qu'entre l'Italie et la France existe un contraste frappant, une complète contradiction, que nous verrons renouveler aussi pour la richesse ; en effet, en Italie l' homicide décroit régulièrement avec la densité, pendant qu'en France il s'élève exti^aoi'dinairement avec le maximum de la densité, bien que Paris soit, sous ce rapport, au dessous de la Seine-et-Oise, qui l'environne. Mais cette contradiction, outre qu'elle résulte de l'influence toujours croissante de la civiHsation que les grands centres exercent, chez nous, en dmiinant la propension légendaire à la vengeance, qui faisait regarder certains homicides comme nn droit et même un devoir, et aussi, selon l'expression de Ferri, du degré, de satm^ation criminelle, causé par le nombre excessif de nos crimes de sang, qui ne pouvait plus être dépasré, cette contradiction, disons-nous, est due ta spéciale condition en France d'un élément nouveau, l'immigration, qui manque chez nous et qui augmente, il est vrai, la densité, mais d'une manière néfaste, en apportant plus de 1,200,000 éti'angers à l'âge et dans les conditions plus proclives au crime, et cela sur quelques points seulement. En effet, le maximum des homicides, 45, est donné par les Boûches-du-KhÔne, qui serait un des grands centres d' immigration, ayant 50,000 italiens. Si bien que dans la carte de la criminalité tracée [)ar Joly, par pays d'origine, en éliminant l'élément d'immi-
p.{E.mii;he l'AKTiE 77
gratioii, le département des Boùches-du-Rliôue descend, du degTé maximum de 86° qu'il avait avant, au 62*^ : l'Hérault, de 81° à celui de 63° ; les Alpes Mai'itimes de 83° à 45° ; sans parler de la Seine, où sur 40,000 arrêtés 13,000 seulement sont nés dans ce département ; car si la Seine importe beaucoup de fripons, elle en exporte aussi un grand nombre. Dans l'Hérault, l'arrondissement serait bon, mais une ville gâte tout (Cette); sur 10 accusés elle en donne presque 7; elle fournit à elle seule la moitié des procès jugés par le tribunal de Montpellier, grâce surtout à l'accumulation des récidivistes, qui dorment sur les places, et qu'on appelle pour cela les Couche-Vêtus et enfin à cause des étrangers. En 1889 il y avait 21 étrangers sur 118 habitants accusés, c'est-à-dire que pendant que la proportion des indigènes était de 2 ^/qq, celle des étrangers était de 19 7oo- ^^ même fait se reproduit à Marseille pour les ouvriers travaillant au port. Ce sont ces étrangers, écrit Joly, qui donnent le plus fort contingent aux vols, aux assassinats, aux émeutes anarchiques, aux blessures, etc.
En 1881 les coupables de viols étaieut 17 sur 1 inill. de Français
» > > > 60 » ' d'étrangers
En 1872 > •> > 18 » » de Français
^. » » » 46 > '' d'étrangers
On savait déjà que les émigrants fournissaient une proportion plus grande de crimes.
D'après les récentes statistiques des Etats-Unis (1), il l'ésulte que les Etats qui reçoivent le maximum d' immigrés, surtout Irlandais ou Italiens, donnent le maximum de la criminalité.
(^1) Coiupendium of the Tenth Ctnsus (lh»Uj uf tke United Htates, V. II, 1659. Je dois ces données au fondateur du premier laboratoire d'économie politique universitaire, prof. Cognetti de Martiis et au secrétaire le docteur Albertini.
CHAPITEE II
Ainsi :
Californie
criaiinels
hab.
Nevada
Wyomin
Montana
Arizona
New-York
Au contraire:
New Mexique
Pensilvanie
émigrants
Cela dérange tout l'effet de la densité. En effet Montana n 0,3 habitants par mille carré, Wyomin 0,2, Nevada 0,6, Arizona 0,4, on a donc par suite, avec une densité minime, gTàce à l'émigration, un énorme contingent de crimes, pendant que New-York (151 hab. par mill. carré), Pensilvanie avec ^5 hab. par mill. carré), où la densité est très grande, en ont beaucoup moins et que le District Columbia, qui contient 2960 hab. par mill. carrés, offre aussi une proportion relativement inférieure.
Sur 49,000 individus arrêtés à Xew-York. 32,000 étaient immigrants (Ba.rrk, The Dangerous Classes).
Sur 38,000 détenus dans 1' Amérique du Nord, 20,000 l'étaient fils d'étrangers (Belteami-Scalia, op. cit.).
En France, on avait déjà remarqué dès 1886 que sur
100,000 hab. stationnaires dans leur pays 8 allaient aux Assises 100,000 demeurant on dehors de ;> 29 passaient » 100,000 étrangers habitant en France 41 » »
Présentement en France, l'immigration a triplé; de 1851 îx 1886, elle s'est élevée de 380,381 à 1,126,183.
Jolj (1) observe avec justesse que quand le courant qui pousse à l'émigration d'un pays à l'autre est faible, il entraîne les hommes plus énergiques et plus intelligents, mais lorsqu'il
(1) .JoLY, France criviinelle, 1890.
PREmERE PARTIE 79
devient trop violent il entraîne à la fois les bons et les mauvais ; et en effet, la majeure partie de la criminalité des émigrants est fournie par les provinces limitrophes, ovi l' on s'expatrie le plus.
Ainsi en 1886 on comptait 4 condamnés sur 100,000 Suisses, 18 sur 100,000 Espagnols, 23 siu' 100,000 Italiens et presque aucun parmi les Anglais et les Eusses.
A Paris, également, à proportions égales d' habitants, les colonies belge et suisse donnent 3 fois plus d'individus arrêtés que les Anglais et les Américains. La colonie italienne, qui est à peine quatre fois plus conséquente que celle de l'Autriche, a un nombre d'arrêtés 15 fois plus élevé (1).
D'autre part, moins l'immigration est stable, plus elle donne de crimes. Les Belges qui se font naturaUser Français, commettent moins de crimes que les émigrants Espagnols, qui ne font presque qu'y camper (2).
On peut en dire autant de l'émigTation interne du même pays, spécialement de celle à destination variable des marchands ambulants, etc. Par exemple, dans une étude faite à St.-Gaudens, d'où émigrent beaucoup de marchands ambulants (environ 7,000 sur 36,000 habit.) français, on observa qu'ils donnaient un contingent très élevé de crimes, escroqueries, violences et blessures ; de 41 qu'ils étaient en 1831-1869, ils s'élevèrent à 200 et 290 en 1881 ; les abandons d'enfants, les adultères et les divorces j sont aussi très fréquents.
« La Sarthe est un des meillem's départements quant à la ciiminalité ; mais si l'on tient compte des crimes conmiis par ses natifs qui émigrent au dehors, il s'élève de 34 degré dans l'échelle de la criminalité.
Ainsi le département de la Creuze, poui- des raisons analogues s'élève du 3'"'' au 18°^® rang, grâce. à ses 45,000 immigrants à cause de l' instabilité du travail. Beaucoup arrivent honnêtes dans les grandes \'illes, mais toujours en
(1) JoLT, France criminelle, 1890.
(2) .ToLY, Franco criminelle, 1890.
se faisant illusion sur le nouveau milieu qui les attire, ils se laissent par suite facilement entraîner à l'erreur, et peu à peu deviennent criminels ; la jeune fille qui cède aux premières séductions devient prostituée ; rou\Tier manquant de travail tombe dans l'oisiveté ; entouré de compagnons qui l'entraînent au mal, sollicité par l'appât de mille plaisirs dont il voit jouir les autres, il se fait voleur. Il y a des ouvriers repentants qui espèrent se faire oublier et se racheter par le travail, mais ils rechutent bientôt, grâce aux nouvelles fréquentations ou découragés par des révélations imprudentes. Enfin, il y a les malfaiteurs qui ne viennent dans les grandes villes que pour y commettre des crimes. Dans les petites villes, comme dit fort bien Joly, il faut rechercher V occasion de faire le mal, à Paris, l'occasion vient à vous et vous entraîne.
Les riches viveurs sont eux-mêmes cause de crimes, spécialement contre les bonnes mœurs ; et prds à Paris le crime s'y peut commettre avec de telles fraudes et de si loin, au point de ne paraître même plus un crime (Joi.y, op. cit.).
Le Parisien pur sang, ne s'est mêlé aux violences de la Commune que dans une mesure très restreinte, écrit Maxime Du Camp ; l'écume de la province fermentait dans Paris ; tous les déclassés, les vaniteux, les envieux y abordent gonflés d'eux-mêmes et se croient capables de régir le monde pomavoh' été exaltés dans les cabarets de village. Paris doit réaliser leur rêve ou périr ; Paris ne sait pas même leur nom. et pour escompter un si grave délit il doit tomber ».
L'émigrant, en général, écrivions-nous déjà dans la 2"^® édition de ce Hvre (1876), représente cette espèce d'agglomération humaine qui a la plus grande tendance au crime associé, c'est la plus besogneuse, la moins surveillée, elle ne connaît pas la honte; elle échappe plus aisément à la justice et fait un grand usage de l'argot ; les voleurs sont presque toujours nomades (voyez vol. I, Su?- Vargot).
Les émigrants abbruzzais formaient le plus fort contingent de la bande Mancini (Jomoz).
La petite immigration des Qm'fagnini aux travaux des caves
PREMIEEE PARTIE 81
de Carrara, provoque des crimes même après son retour,^arce que les ouvriers en reviennent ivrognes, cyniques et affiliés à des sociétés secrètes. — Dans les siècles passés, ces immigrations étaient aussi une cause de crimes (De Stefaki, Bel- Veinigrazione di Oarfagnana^ 1879, Milano) ; la bande de Mordispiui, par ex,, se composait à l'origine entièrement d'étameui's, de marchands de oierges, de moissonneurs, de merciers ambulants, qui s'étaient déjà trop signalés dans le délit sporadique.
Même ces émigrants, qui, voyageant par fanatisme religieux, devraient avoir le plus d'éloignement pour le crime, apportent im chiffre notable au crime associé : le vocable de Mariuolo semble dériver de la coutume qu'avaient les pèlerins de Lorette ou d'Assise, de crier en chœur : Vive Marie ! ce qui ne les empêchait pas de commettre des viols et des larcins qu'ils croyaient expier par le pèlerinage (Lozzi, DelVozio in Italia, Firenze, 1870): c'était pour eux un moyen commode de crime et un autre, encore plus commode, d'en faire pénitence, comme cette fameuse lance qui blessait d'abord, mais aussitôt après guérissait les blessures. J'en trouve une preuve certaine dans un décret du roi de France, daté de septembre 1732, rappelant d'autres décrets de 1671 et 1686, publiés justement pour défendre les pèlerinages, qui sont déclarés cause fréquente de crimes graves (1).
(1) Nous croyons utile d'en donner la teneur :
« Sa Majesté ayant rappelé les déclarations du feu Eoi son bisaïeul, août 1671 et janvier 1686, qui défendent (sous peino de galère perpétuelle pour les hommes et d'autres peines afflictives contre les femmes, que croiront d'infliger les juges) à chacun de ses sujets d'aller en pèlerinage à Saint-Jacques en Gallitie, à Notre-Dame de Lorette et en d'autres lieux en dehors du Eoyaume sans un permis exprès de Sa Majesté, contre-signe par un de ses secrétaires d'Etat, sur approbation de l'Évêque Diocésain.
« Sa Majesté étant informée que, malgré ces ordres, beaucoup de ses sujets, négligent de demander la permission ou abusent de différentes manières de celles obtenues, et sous le prétexte spécieux de dévotion abandonnent leurs familles, leure parents, leurs maîtres, leurs profes-
LOMBROSO — ni. 6
C est sans doute pour cela que les pays dotés de sanctuaires célèbres sont, en général, les plus malfamés, comme le fait remarquer d'Azeglio dans ses Souvenirs.
L'influence de l'émigration nous explique clairement pourquoi, dans le rapport des homicides avec la densité, l'Italie diffère de la France, où l'on a vu dans ces dix dernières années, 1880-90, une proportion moyenne de 11,163 émigrants seulement, pendant que dans l'Italie ils arrivaient en 1892 à 246,751 (124,312 en permanence) [Statistica del- Vemigi'aTiioJie itaUana^ Roma, 1894).
3. — Natalité et immigration. — Ces recherches sur l'émigration résolvent en grande partie un autre problème qui semble complètement contradictoire en Italie et en France: il paraît, en effet, qu'étant donnée Tintluence de la densité sur quelques crimes, ces crimes devraient suivre les variations de la natalité : et que, par exemple, les vols qui s'accroissent avec la plus grande densité devi'aient aussi s'accroître avec la plus grande natalité ; en France cependant, nous voyons bien augmenter les viols et les assassinats avec le maximum de la densité, mais en raison inverse de la natalité.
sions, leurs métiers poiir se livrer à une vie erraute pleine d'oisiveté et de libertitiage, qui les entraîne souvent au délit.
« Que d'autres, sortant du royaume dans l'espérance de s'établir ailleurs plus avantageusement, ne trouvent en suite ni les avantages ni les secours qu'ils auraient eus dans leur patrie en y tenant une bonne conduite, et la pluspart meurent de misère sur la route ou courent le risque d'être enrôlés, bon gré mal gré, dans les troupes des puissances voisines.
« Que souvent il arrive que des soldats au service de Sa Majesté se mêlent parmi ces vagabonds, et grâce à leur nombre désertent. Sa Majesté, jugeant nécessaire, pour le bien du service et pour celui du public, d' arrêter le cours de ces désordres, en supprimant le prétexte qui les fait naître, fait expresse défense à tous ses sujets, à quelconque âge, sôxe et condition ils appartiennent, d'aller en pèlerinage a Saint- Jacques de Gallitio, à Notre Dame de Lorette et de Monferrat et autres lieux en dehors de son domaine pour n'importe quelle cause ou prétexte, et cela sous peine de galère perpétuelle pour les hommes, etc. etc.
« Déclarant nuls et de nul effet tous les permis accordés précédemment ».