PREMIERE PARTIE
Richesse minima (de fr. 10 h fr, 18) :
Crii-nes
contre
les
la foi
Richesse
Provinces
iiKt'urs
publique
Vols
Homicides
Fr. 10,5
Bellune
Soudrio
Teranie
Cosence
Campobasso
Aquila
Chieti
Reggio Calabr
ia 30,5
Messine
Ascoli
Avelline
Macerate
Ces chiffres résumés en groupes et en y ajoutant les chiffres de la période 1890-93 fournis par Bodio, dans lesquels, outre les vols dénoncés au M. P. on tient compte aussi de ceux de la compétence des juges de paix, donnent ;
1890-93 (Bodio)
Richesse
Richesse
maxima
moyenne
minime
maxima
moyenne minime
Crimes contre la
foi publique .
Crimes contre les
mœurs .
Vols ....
Homicides . .
Escroqueries, fraudes, banqueroutes
D'où, l'on voit : que les escroqueries et en général les crimes contre la bonne foi publique vont définitivement en augmentant avec l'augmentation de la richesse ; il en est de même des vols; mais, si ou y ajoute aussi les vols champêtres, on obtient le maximum là où la richesse est moindre. Et cela a toujours lieu pour les homicides.
Cela nous démontre plus clairement l'influence absolument occasionnelle de la pure misère sur les petits délits, le plus
(1) Bodio compte aussi les vols cbampôtres.
souvent forestiers qae nous avons déjà vérifié dans le chapitre de l'alimentation , par le fait que, pendant que les vols en général augmentent en Allemagne dans les années ou le prix du froment est moins élevé — ils diminuent quand son prix est plus élevé — les vols forestiers ont, au contraire, une allure tout-à-fait inverse. Mais ces vols, qui rappellent encore l'antique coutume de la communion des terres et des pâturages, se rattachent à de vieilles traditions et ne représentent que par exception l'immoralité d'un pays.
Quant aux crimes contre les moeurs^ les résultats sont plus inattendus : ils présentent chez nous leur minimum là oii la richesse est moj'enne et leur maximum là oh la richesse est moindre; ce qui est en évidente contradiction avec l'allure habituelle des crimes contre les mœurs qui croissent toujours avec l'accroissement de la richesse.
Ces conclusions subissent toutefois de nombreuses exceptions : ainsi nous voyons trois provinces qui ont une richesse minima, à peu près égale, Sondrio, Eeggio Calabres et Aquila, offrir la moitié des vols et presque le tiers des faux de Macérate (102). Le même rapport s' observe pour les homicides dont le nombre est assurément plus grand dans les provinces qui ont une moindre richesse, sauf que pour cette catégorie de crimes, les chiffres élevés de Girgente, Campobasso, Cosence, Avelline, pays méridionaux, comparés aux chiffres minimes de Sondrio, Bellune et Udine, nordiques, et dont la richesse est à peu près égale aux premiers, nous démontrent une plus grande influence chmatique.
C'est, en somme, que le maximum et le minimum de la richesse ne correspond pas toujours dans chaque province aux résultats qui ressortent des moyennes.
2. — Taxes de siiœession. — De Foville a cru que l'on pouvait évaluer la richesse privée d'un peuple en se basant sur les déclarations de la transmission de la propriété (1) ;
(1) De Foville, La France économique, 1870.
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mais, si nous étudions pour l'Italie les statistiques très appréciées de M. Pantaleoni (1), nous ne pourrons que difficilement nous faire une idée claire des rapports positifs ou négatifs du crime avec la richesse.
Eu effet, si on étudie ces tableaux (voyez pag. suiv.) on en conclut que les régions les plus riches, Piémont, Ligurie, Lombardie et Toscane ont une proportion de crimes contre la propriété moindre que la moyenne du Royaume : il en est de même des régions qui pour la richesse s'approchent le plus de la moyenne du Royaume, la Vénitie et l'Emilie. Les régions les plus pauvres, la Sardaigne, la Sicile et le Napolitain, ont un chiffre élevé de criminalité; mais les Marches-Umbrie qui sont aussi pauvres en ont un très bas ; les vols sont en très petites proportions en Toscane, Lombardie, Emilie, Piémont, Ligurie, qui sont les régions les plus riches, et dans une des plus pauvres, les Marches; ils sont en proportions moyennes en Sicile, un peu plus élevés dans la Vénitie et cela est en relation avec l'intense misère des agriculteurs de cette région.
La région lu plus riche (Latium) et la plus pauvre (Sardaigne), présentent le plus grand nombre de vols, en sorte qu'il n'y a aucun parallèle précis avec la richesse. Pour le Latium, observe Bodio, il faut tenir compte de l'influence perturbatrice qu'y exerce la capitale, si bien pour la richesse que pour la criminalité; les taxes de succession sont dans ce cas un tableau trompeur de la richesse, étant ici concentrés des capitaux qui appartiennent à d'autres régions. Outre cela, il y a à Rome, grâce aux conditions spéciales de la propriété rurale et du système de culture en usage, nu nombre très restreint de personnes ayant de très grandes propriétés, ce qui a beaucoup d'importance pour les taxes de succession.
Le moindre nombre d'escroqueries se trouve dans les
(1) Pantaleoni, Délie regioni d' Italia in ordine aile loro ricchexxe ed al loro carico tribiitario (Giornale deglî cconomisti, 1891) ; Te, Uentità e le variaxioni délia ricchexxa privala in Italia dal 1872 al 1888 (Giornalo degli cconomisti, 1890).
Marches-Umbrie ; viennent en suite la Toscane, 1' Emilie, la Yénitie, le Piémont-Lig-urie et la Lombardie, qui sont les régions les plus riches. Le Napolitain fournit beaucoup moins d'escroqueries qu'il ne semblerait devoir fournir en raison de sa moindre richesse.
Crime
dénoncés au M. P. et
îux Juges de Paix
Richesse moyenne
(Moyenne 1887-89 sur 100.000 hab.)
Vols
Escroque-
Vols sur les grands
Homicides
Blessures
clierains
Lalium . .
18 (Xj
Piémont . .
Ligurie . .
7 (Vil)
Lombardie