PREMIERE PARTIE
échappent à la mort, s'abandonnent au délit. Mais l'influence héréditaire n'est pas étrangère à cette déviation ; car la plupart sont le fruit d'une faute; n'ayant pas de nom à sauvegarder, pas de frein qui les arrête sur la pente des passions, sans une mère, qui par ses soins assidus, son affection et ses sacrifices aide à se développer en eux les nobles instincts et à refouler les mauvais; trouvant difficilement le moyen de ^ivre honnêtement, ils sont inévitablement entraînés au mal: et ceux qui n'ont pas de tendances perverses s'y livrent par imitation ; d'autre part, ces refuges de bienfaisance comme les orphanotrophes^ les bréphotrophes y influent aussi d' une manière sinistre; car, comme nous avons vu, les plus grands contacts provoquent toujours une recrudescence de criminalité.
Orpliclins. — Que l'abandon et le manque de toute éducation y aient une très grande part, c' est un fait démontré par le grand nombre d' orphelins et d' enfants de second lit que r on trouve dans les prisons. En Italie, on comptait parmi les criminels mineurs en 1871-72, de 8 à 13 % d'enfants de second lit. Barce (o. c.) raconte qu'on aiTêta à jSî'ew-York 1542 enfants orphelins et 50-4 fils de second lit; il ajoute que le 55 % des coupables, séjournant dans les pénitenciers, étaient des orphelins de père et de mère ; le 60 ^/g des enfants arrêtés avaient perdu un de leurs parents ou bien en avaient été séparés. Suivant Marbeau, sur 100 mineurs emprisonnés, 15 avaient été abandonnés par leur mère.
En Italie, nous eûmes en dix ans, parmi les délinquants une moyenne de 33 à 35 *^/q d'orphelins; mais sur 580 aliénés adulte de ma clinique, les orphelins en fournirent 47 ^/^ et on en compta 78 % cl^^^s 1059 entrés à l'hôpital de Pavie, de sorte que la proportion des orphelins criminels finit par être inférieur à la normale.
Mais il est certainement plus important de trouver une moyenne de 8 à 12 ^/^, d'orphelins parmi les criminels mineurs, car la population honnête des mineurs se trouve en proportions inférieures; et cela s'applique aussi aux criminels
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mineurs (23 à 30 ^/q) qui perdirent seulement le père ou la mère (18 7^).
Je ne peux parler avec certitude des orphelins de père,, qui auraient donné dans les statistiques italiennes, environ 26 7o ^® délinquants, tandis que les orphelins de mère en donnaient 23 ^oî car parmi les aliénés nous comptâmes 51 ^a. des premiers et 10 % clés seconds.
11 est au contraire certain que parmi les orphelins et surtout parmi les exposés condamnés, prédomine le sexe féminin. Et cela, en dehors de cette sub-criminalité qui est la prostitution; si bien que Oettingen en arrive à ce calcul singulier, que tandis que pour cinq délinquants mâles, on trouve une femme délinquante, pour trois exposées criminelles on trouve un mâle.
Cela est naturel, car la femme étant plus faible et plus passionnée que l'homme, a le plus besoin de l'appui et du frein de la famille pour persister dans le droit sentier dont elle est plus facilement détournée que l'homme, grâce à la voie plus glissante et toujours ouverte de la prostitution; l'influence héréditaire est ici toute puissante et les filles issues d'un écart sexuel sont plus facilement entraînées dans la faute: et de là aux délits les plus graves.
Le grand nombre d' exposés que 1' on trouve parmi les délinquants, explique aussi la prédominance des mineurs délinquants parmi les populations urbaines (Cardon, œuv. cit.); et nous donne la mesure des dommages causés par le défaut d'éducation et surtout par 1' abandon.
Parents vicieux. — Éducation. — Il est tout naturel que la mauvaise éducation, pins encore que l'abandon ait une influence déplorable sur le crime.
Kappelons ici cette hérédité morbide, qui, suivant Sichart, va jusqu'au 36 % ^t suivant Marro au 90 %, rappelons le 6,7 % de parents épileptiques, le 4,3 7o ^^ suicides, le 16 7o ^^^ buveurs (1), le 6,7 de fous (voy. chap. suivant), chiffres qui
(1) LiSTZ, 0. c.