PREMIERE PARTIE
JSTcapolitain, retarda pendant longtemps ces pars dans la voie du progrès et les poussa à la révolte. — Et c'est pour une cause analogue que la tyrannie des patriciens de Rome, malgré sa défaite, l'entraîna d'abord à Saturnin et à Catilina, puis à la dictatm-e Césarienne; cette dernière, à son tour, provoqua la tentative de Brutus, qui manqua à son but parce que les Empereurs représentaient nne juste réaction des classes humbles contre les classes oligarchiques.
Et bien souvent les oligarques, en rivalisant entre eux pour le pouvoir, comme a Cnido, laissèrent le pas libre au peuple qui les renversa. Cette fois ce sont eux-mêmes qui se font démagogues pour vaincre leurs adversaires (Aristote, o. c).
A Florence, au moyen âge, la tyrannie des nobles prépara le triomphe de la petite bourgeoisie; et les abus de celle-ci provoquèrent à leur tour l'élection du Duc d'Athènes, qui, bien qu'il chercha de réprimer les abus de pouvoir, finit par s'aliéner la plèbe elle-même, qui le chassa.
Classes équilibrées. — Lorsque, au contraire, les classes sociales et les pouvoirs qui en dérivent s'équilibrent, la liberté se maintient et les révolutions deviennent très rares : c'est ainsi, que la durée de Sparte, suivant Aristote, dériva de la juste distribution des pouvoirs entre les classes élevées, représentées par le Sénat et les classes populaii-es, représentées par l'Epliorie, qui était élue par suffrages, à haute voix, sur les places publiques; et parce que les rois, dont les attributions étaient limitées, étant deux, se trouvaient aisément en désaccord et ne pouvaient, en conséquence, que rarement devenir des tyrans.
Partis et sectes. — Les partis et les sectes, parfois utiles dans la lutte des faibles conti'e les forts, sont souvent, comme les appelle Coco, des instruments corrupteurs de l'homme, qui à son tour corrompt la nation.
On en trouve une confirmation évidente dans le spectacle qu'offrirent eu Italie les Communes du moyen âge surtout à
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Florence, où. l'intolérance et l'exagération des partis occasionnèrent, suivant Perrens (1), le complet épuisement politique et intellectuel.
Mais le mal est plus grand quand les partis tombent dans l'exagération ; Sarmiento le prouve par l'exemple de la Eépublique Argentine, où contribuèrent justement à la réaction de Kosas les Unitaires de Buenos-Ayres, véritables types d'utopistes révolutionnaires, idéologues, qui procédaient en droite ligne, le front haut, sans jamais dévier d'une ligne, employant toujours certaines phrases dédaigneuses, et qui, à la veille d'une battaille, s'occupaient d'un règlement, d'une formule ou d'ane phrase pompeuse: impossible de trouver des hommes plus raisonneurs, plus entreprenants et plus... dépourvus de sens pratique (2).
Autant les partis gagnèrent du terrain dans Tinfluence politique, autant s'affaiblit, au contraire, avec le développement de la hberté, l'importance des sectes, qui justement étaient le fruit de l'oppression ; parce que, comme l'écrit fort justement Coco, la persécution transforme les idées en sentiments, et ceux-ci à leur tour conduisent aux sectes ; mais c'est certainement grâce à cette origine, que la civilisation moderne leur est redevable de tant de services et de réformes dans le champ politique: il suffit de rappeler les Carbonari en Italie, les Cartistes en Islande, les Hétaïres en G-rèce et les Nihilistes en Eussie; quoique l'idéal de ces derniers ne semble pas correspondre aux sentiments de la grande majorité de la Eussie actuelle, dont on peut dire ce qu'écrivait Stepniack de l'ancienne, que Czar et Dieu sont fondus ensemble dans l'idée populaire (3).
En Italie la Main fraternelle, découverte à Girgenti en 1883, était, au commencement, une sorte de société de secours mutuel dans les infirmités et dans les morts. Mais bientôt
(1) Histoire de Florence, vol. VI.
(2) Saemtento, Civilisation y Barbaria. Buenos-Ayres, 1869.
(3) La Bussié sous les Cxars. Paris, 1880.