‹ Le crime de 1804Chapitre 12 sur 16 · P. HULIN · texte numérisé non relu

P. HULIN

C'était la copie du carnet sur lequel l'infortuné prince avait consigné ses impressions de chaque jour.

Enfin ces papiers étaient encore accompagnés d'un petit paquet à l'adresse de la princesse Charlotte.

Real le considéra curieusement, l'ouvrit, et après avoir pris connaissance de son contenu, il en donna le reçu suivant :

« Le conseiller d'État, # etc.

« A reçu du général de brigade Hulin, commandant

les grenadiers à [pied [de la garde, un petit paquet

contenant des cheveux, un anneau d'or et une lettre ;

ce petit paquet portait là suscription suivante : « Pour

« être remis à Madame la princesse de Rohan, de là

« part du ci-devant duc d'Enghien. y>

€ Real. »

A peine le cavalier qui emportait ce reçu avait-il quitté la demeure du citoyen conseiller, qu'un exprès envoyé de Vincennes y apportait la lettre suivante :

Harel, chef de bataillon, commandant d } armes, au conseiller d'État Real y chargé de l'instruction et delà suite de toutes les affaires relatives à la tranquillité et à la sûreté intérieure de la République.

c Vincennes, 30 ventôse an XII de la République française.

« Citoyen conseiller, j'ai l'honneur de vous instruire que l'individu arrivé le 29 du présent au château de Vincennes, à cinq heures et demie du soir, a été dans le courant de la même nuit jugé par une comission militaire et fusilé à trois heures du matin et enleré dans la place que j'ai l'honneur de commander.

c J'ai l'honneur de vous saluer avec le plus profond respect.

« Harel. »

Cette missive ne brillait pas par l'orthographe ; mais , elle n'était pas compromettante, et elle épargnait à la mémoire de Yindividu dont il y était question l'outrage d'être nommé.

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