P. HULIN
C'était la copie du carnet sur lequel l'infortuné prince avait consigné ses impressions de chaque jour.
Enfin ces papiers étaient encore accompagnés d'un petit paquet à l'adresse de la princesse Charlotte.
Real le considéra curieusement, l'ouvrit, et après avoir pris connaissance de son contenu, il en donna le reçu suivant :
« Le conseiller d'État, # etc.
« A reçu du général de brigade Hulin, commandant
les grenadiers à [pied [de la garde, un petit paquet
contenant des cheveux, un anneau d'or et une lettre ;
ce petit paquet portait là suscription suivante : « Pour
« être remis à Madame la princesse de Rohan, de là
« part du ci-devant duc d'Enghien. y>
€ Real. »
A peine le cavalier qui emportait ce reçu avait-il quitté la demeure du citoyen conseiller, qu'un exprès envoyé de Vincennes y apportait la lettre suivante :
Harel, chef de bataillon, commandant d } armes, au conseiller d'État Real y chargé de l'instruction et delà suite de toutes les affaires relatives à la tranquillité et à la sûreté intérieure de la République.
c Vincennes, 30 ventôse an XII de la République française.
« Citoyen conseiller, j'ai l'honneur de vous instruire que l'individu arrivé le 29 du présent au château de Vincennes, à cinq heures et demie du soir, a été dans le courant de la même nuit jugé par une comission militaire et fusilé à trois heures du matin et enleré dans la place que j'ai l'honneur de commander.
c J'ai l'honneur de vous saluer avec le plus profond respect.
« Harel. »
Cette missive ne brillait pas par l'orthographe ; mais , elle n'était pas compromettante, et elle épargnait à la mémoire de Yindividu dont il y était question l'outrage d'être nommé.