‹ Le crime de 1804Chapitre 9 sur 16 · J. MU RAT · texte numérisé non relu

J. MU RAT

C'était le ministre de la guerre qui avait été chargé de faire avertir chacun d'eux, afin qu'il eût à se rendre à son poste.

Le citoyen Dautancourt ne fut désigné pour remplir les fonctions de rapporteur qu'au dernier moment ; le premier consul avait d'abord jeté les yeux sur le colonel Auguste Colbert, du 10 e régiment de chasseurs à cheval; mais le planton chargé de lui remettre en mains propres sa lettre de convocation ne l'ayant pas rencontré, et n'ayant pu parvenir à savoir où il le trouverait, Murât fit choix du citoyen Dautancourt à sa place.

Il était sept heures du soir, lorsque le général Hulin arriva chez le gouverneur de Paris. Celui-ci lui ordonna de se rendre immédiatement à Vincennes.

— Vous présidez une commission qui doit s'y assembler ; il est important que vous y arriviez le premier.

— Mais, pour cela, il me faut un ordre de votre main, général.

— Cet ordre vous sera envoyé avec l'arrêté du gouvernement, aussitôt votre arrivée à Vincennes. Partez promptement. A peine serez-vous rendu à votre poste que ces pièces vous parviendront.

Hulin n'en demanda pas davantage ; peu lui importait ce qu'il aurait à faire à Vincennes. On lui disait qu'il devait aller présider une commission ; il ne jugeait même pas à propos de s'enquérir pourquoi cette commission siégeait!

Savary se rendit de chez Murât à la caserne de sa légion et se disposa à aller, à la tête de ses hommes, rejoindre la brigade d'infanterie que les ordres du ministre de la guerre avaient dû réunir de l'autre côté du boulevard Saint-Antoine.

Mais, arrivé à la barrière, force lui fut de s'arrêter.

Le factionnaire de garde lui barra le passage.

— On ne passe pas, dit-il.

En vain Savary exhiba de sa qualité et des ordres qu'il avait reçus.

Le chef du poste, appelé, lui donna connaissance de l'ordre du jour en vigueur et qui était ainsi conçu :

f Place de Paris, gouvernement de Paris.

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