Voir supra, « la Magie amoureuse », ch. V. p. 86 sq
découvertes sous l’amphitéâtre lui-mêmet. Cette tablette figurait un cirque, avec les carceres, écuries d’où sortaient les chars au commencement de chaque course, et contenant une imprécation dont les derniers mots étaient ceuxci : «Je t’évoque, démon qui reposes ici, je te livre ces chevaux pour que tu les retiennes, pour qu’ils s’embarrassent dans les rênes et ne puissent plus remuer. » Les noms deschevaux visés par l’incantation étaient également gravés sur la tablette et entourés de lettres cabalistiques. D’autres tablettes, trouvées dans différents sépulcres ou dans des tombes à incinération représentent des cochers revêtus de leur tunique et armés de leur fouet. Le
Ainsi la tablette n° 244, dans Audollent?, tablette « reper-la convolutla in quodam sepulcro officialium imperatorum » dans la Provincia Proconsularis d'Afrique, contient, au milieu, ces mots :
Homo rudis protome flagellum sinistra tenentes
…. Octo carceres circi$.
Section III.
Moyens divers.
Sans prétendre à une énumération complète, nous allons, dans cette section, indiquer les principales matières ou objets dont usaient les socières dans leurs sacrifices et préparations magiques.
1. Audollent, op. cit., p. 333 : d’autres tablettes : 246 à 254 proviennent de l’amphithéâtre, elles ont été trouvées par : Delattre (C. R. Acad. Inscr., 1897, p. 318). — Au sujet de ces tablettes, Audollent donne l'explication suivante : « Scimus immissas potissimum fuisse devotorias lamminas ad corpora morluorum qui non necessaria morte sed vi interierant », c’est-à-dire que l’on glissait de préférence les tablettes dans les tombeaux de ceux qui avaient péri de mort violente (cf. supra, ch. IT, les morts malfaisants).
2 Op. CL, p.232. :
3. Audollent, op. cit., p. 332, explique : « Ad agitaiores circenses pertinere defixionem demonstrant, in a figura hominis cum flagello et carceres circi ». :
LE MOYEN MAGIQUE lili
S 1. — Animaux et Ingrédients Magiques.
En dehors de ce qui a été dit au paragraphe « Nécromancie », les sorcières employaient tout ce qui avait touché de près à un cadavre!. Les cheveux d’un vivant sur lequel elles voulaient agir, leur étaient également d’un grand secours?.
Certains animaux jouent, dans la Magie,tun rôle important. Quelques-uns sont, par eux-mêmes, funestes, comme le corbeau®, les chiens farouchest, les loups5. Mais ils servent aussi aux sacrifices. Les oiseaux de nuit, chouettes et hiboux, oiseaux de malheur en rapport avec les morts et les funérailles, semblent avoir été les plus considérésf. Celui qui les immolait pendant la nuit pouvait, comme Apulée, être accusé de crime de Magie?.
Parmi les autres animaux on peut citer : la corneille8, le
1. Horace, Epod., V, 17-18. Canidie fait brûler dans un feu magique des branches de figuier sauvage, ravies aux tombeaux :
« Jubet sepulcris caprificos erutas Jubet cupressus funebres. »
Properce, III, VI, 30 : les bandes de laine arrachées d’un lit funtbre * « Cinctaque funesto lanea vitta toro ».
Id., IV, v, 11 : « Qu’Acanthis ait mêlé dans une fosse des herbes des tome beaux, et soudain un torrent ravagerait tout dans la campagne. »
2. Apulée, Met., III, p. 131. « Pamphile s'était amourachée d’un jeune Béotien; elle chargeait sa servante Fotis d’aller chez le barbier et de s’emparer des cheveux que feraient tomber les ciseaux ».
3. Prop., II, XXVIII, 38, » Nigraque funestum concinit omen anis ».
4. Tibulle, I, 11, 54 : « Sola feros Hecatae perdomuisse canes ».
5. Prop., IV, V, 14. On sait que les jeunes chiens immolés dans les carretours en l’honneur d'Hécate étaient considérés comme impurs (cf. Jobbé- Duval, op. cit., p. 184-185).