‹ Le Crime de Magie et le Droit RomainChapitre 118 sur 227 · Dion Cassius XCVI · texte numérisé non relu

Dion Cassius XCVI

8. Tite-Live, XXII, 57 (536218) : On rend deux Vestales coupables, responsables. Puis, d’après les livres du destin de Rome, on célèbra quelques sacrifices extraordinaires, dans lesquels un Grec et une Grecque, un Gaulois et une Gauloise furent enterrés vifs au marché aux bœufs.

9. Tite-Live, XXIII, 2 (536/218). Pacuvius Calavius avait mis le Sénat dans sa dépendance et dans celle du peuple. Il ne devait son pouvoir qu'à de coupables pratiques omnibus malis artibus.

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après le sénatus-consulte de 539 et celui des Bacchanales, que nous verrons en détail dans la 2€ partie, Caton prescrivait à ses fermiers deneconsulter «ni haruspice, ni augure, ni devin, ni astrologuet ».

vire siècle. —- Pline? nous parle d’un certain sénatusconsulte qui fut rendu en l’an 657 de Rome, sous le consulat de Cn. Cornelius Lentulus et de P. Licinius Crassus, portant interdiction d’immoler un homme, ce qui prouve, dit-il, que, jusqu’à cette époque, on faisait d’horribles sacrifices.

Marius menait partout avec lui une femme de Syrie, nommée Marthe, qui passait pour avoir l’esprit prophétique. Durant la dictature de Sylla, les devins toscans furent consultést et les Chaldéens, paraît-il, l’instruisirent de sa mortÿ. Plus grave est le sacrifice magique que Catilina offrit à l’occasion de sa conjuration : « Il forcça, nous rapporte Dion Cassiusf6, les plus distingués et les plus influents de ses complices à se lier par d’horribles serments. Après avoir immolé un jeune esclave, il jura sur ses entrailles et confirma son serment en les prenant dans ses mains : ensuite les conjurés en firent autant. » D’après le même auteur’, Crassus aurait été victime d’un meurtre magique. Car les tribuns du peuple l’accablèrent d’imprécations avant qu'il partit en expédition contre les Parthes. « Bientôt après, il périt fortuitement ou par l'effet des imprécations. » Le même fait se produisit pour le départ de Pompéef. « La plupart des citoyens se croyaient trahis et proféraient des imprécations » et César arrivant à Rome « fait entendre des reproches et imprécations contre ceux qui désiraient la guerre civile. »

Malgré l'affirmation de Plinel®, les sacrifices humains offerts, soit en l’honneur des dieux étrangers, soit à titre

1. Caton : De Re Rustico, 1, 5, Devoirs de l’intendant : «Haruspicem, augurem, hariolum,'chaldeum, ne quem consuluisse velil. » Pline AH ENS ITAEAS

Plutarque, Marius XVIII (consulats de Marius : 650-654.) . Plutarque, Sylla, X (Dictature de Sylla : (572-82).

Id., XLVI.

Dion Cassius, L. XX XVII, 30, an 690. L. Cesar et C. Figulus, consuls. . Dion Cassius L. XXXIX, 39 (697/57). . Dion Cassius, L. XLI, 9 (697/57).

Id., L. XLI, 15 (697/57)..

10, Pline, H. N., XXX, 1, 1.

de piaculum aux dieux de l'Etat, semblent n'avoir pas encore disparu. Ainsi, en détruisant le temple de Bellone, on trouva des vases remplis de chair humaine!. L’année du triomphe de César, en Afrique — en 46 — à la suite d’une mutinerie, deux hommes furent égorgés au Champde-Mars, par les pontifes et les flamines de Mars « en manière de sacrifice. » Sous le triumvirat d’Octave, Antoine et Lépide, trois faits, s’ils sont vrais, sont bien encore du domaine de la Magie.

a) On menace ceux qui négligeraient de célébrer le jour natal de César, de les « dévouer » à Jupiter et à César lui-même.

b) Octave s’étant emparé de la ville de Pérouse, fit mettre à mort la plupart des sénateurs et des chevaliers. Suivant la tradition, leur mort ne fut pas une mort ordinaire :,menés à l'autel consacré au premier César, trois cents chevaliers et des sénateurs y furent offerts en sacrificef.

c) Enfin, Sextus, après l’échec de César en Sicile, vint à se croire réellement fils de Neptune, aussi fit-il jeter dans le détroit des chevaux, et même, au rapport de certains auteurs, des hommes vivantsÿ.

1® siècle après J.-C. — Cette période est intéressante parce que les princes se montrent aussi soucieux de prohiber et de poursuivre la magie et l’astrologie que de s’en réserver un usage personnel, public ou clandestin.

A la naissance d’Octave, le savant P. Nigidius Figulus lui avait prédit sa destinée en se basant sur l’observation des astres. Dans sa retraite d’Apollonie, le devin Théagène, qu'il était allé consulter dans son observatoire, accompagné d’Agrippa, renouvela ces prédictions’. Loin de chercher à dissimuler ces révélations, Auguste publia son horoscope par voie d’affiche® et fit frapper une médaille d’argent qui portait l'empreinte du Capricorne sous lequel il

Dion Cassius XLII, 26 (706 48).

. Id., XLIII, 24 (708/46).

LId'IXEVII;*19(712/42).

. Id. XLVIII, 14 (71341).

Id, XELVIII, 49 (716/38.) :

. Dion Cassius XLV, 1. Suét., Auguste, XCIV.

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