‹ Le Crime de Magie et le Droit RomainChapitre 144 sur 227 · LA REPRESSION : DE LA LOI DES XII TABLES · texte numérisé non relu

LA REPRESSION : DE LA LOI DES XII TABLES

CEE

Section I. — La Répression, de la loi des XII Tables au sénatus-consulte des Bacchanales,

Très peu de temps après la rédaction “de la *Loi des XII Tables, (327 /427) on a la preuve manifeste de l’introduction de cérémonies magiques!. On eut beaucoup à souffrir de la sécheresse. Tandis que cette épidémie dévorait le corps, des idées superstitieuses, empruntées la plupart aux étrangers, infectèrent les esprits. Tous ceux qui spéculèrent sur la crédulité humaine introduisirent, au nom du ciel, dans les maisons, de nouvelles cérémonies religieuses; jusqu’à ce qu’enfin, les principaux citoyens rougirent pour l'Etat, de voir, dans toutes les rues et dans toutes les maisons, employer, pour apaiser le courroux des dieux, des pratiques étrangères et jusqu'alors inconnues. La répression suivit : Les édiles furent chargés de veiller à ce qu’on n’adorât que les dieux de Rome et qu’on ne leur rendît d’autre culte que le culte national.

Il faut ensuite en venir au vit siècle de Rome, pendant la deuxième guerre punique, pour trouver un fait digne d’être mentionné. C’est encore Tite-Live qui nous l’indique?. Hannibal était en Italie, et s'était emparé de Tarente. Les alternatives de succès et de revers d’une guerre qui se prolongeait troublaient les esprits des Romains (539 /215) La Ville était « infectée de superstition et de cérémonies étrangères », pour lesquelles on voyait dé-

1. Tite-Live, IV, 30 : « novos ritus sacrificandi vaticinando inferentibus

in domos, quibus quaesiui sunt capli superslilione animi ». 2. Tite-Live, XXV, 1 « Sacrificuli et vales ceperant hominum menles ».

laisser le culte officiel. Les ministres de tes cérémonies « misérables sacrificateurs, et devins inconnus », fanatisaient les esprits. « Déjà ce n’était plus en secret et dans l'intérieur des maisons que l’ancien culte était aboli, mais «en public même, au forum, au Capitole, on voyait une troupe de femmes qui n’offraient plus aux dieux les sacrifices et les prières des anciens Romains. » Alors les bons citoyens se plaignirent au Sénat. Des reproches furent adressés aux édiles et aux triumvirs capitaux. Mais lorsqu'ils voulurent écarter du forum la multitude aveuglée et disperser l'appareil du nouveau culte, peu s’en fallut qu'ils ne fussent maltraités. Le Sénat chargea donc M. Atilius, préteur urbain, de délivrer le peuple de ces vaines superstitions. Atilius fit lire dans l’assemblée le sénatusconsulte! (S. C. de 539) et une ordonnance « qui enjoignait à quiconque aurait chez lui des livres de divination, de prières ou de rites écrits de sacrifices, de lui remettre ces ouvrages et ces lettres avant les calendes d’avril : défense était faite à tous de sacrifier, en aucun lieu public ou sacré, avec des cérémonies nouvelles ou étrangères?»

540/214. Parmi les livres de divination trouvés par M. Atilius, on cite les vers du devin Marcius. Ces vers contenaient deux prédictions : l’une justifiée par l’événement, annonçait le désastre de Cannes; la seconde donna lieu à un sénatus-consulte et à deux décrets qui instituèrent les jeux Apollinairess.

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