‹ Le Crime de Magie et le Droit RomainChapitre 145 sur 227 · Jd. C’est le sénatus-consulte de · texte numérisé non relu

Jd. C’est le sénatus-consulte de

2. Id. « Ut, quicumque libros vaticinos precationesve, aut artem sacrificandi

conscriptam haberet, eos libros omnes litterasque ad se, ante calendas apriles, deferrei : neu quis, in publico sacrove loco, novo aut externo ritu sacrificaret. » 3. Tite-Live, XXV, 12. - Les prophéties de Marcius, Carmina Marciana, ont été restituées en vers : saturniens, d’après le texte de Tite-Live par Havet : De Saiurnio latinorum versu, Paris, 1880, p..415 (cité par- Bouché-Leclercq, op. cit., t. IV, ch. II). En voici quelques passages :

Première prophétié : Désastre de Cannes :

« Amnem, Trojugena, juge Cannam, ne te alienigenae Cogant manus in campo Diomedis conserere Sed neque credes tu mihi, donec compleris sangui Campum...»

Deuxième prophétie : Institution des jeux Apollinaires : « Hostem, Romani, si ex agro pellere vultis, Vomicam quae gentium venit (ea) longe, Apollini vovendos censeo ludos.

Hoc si recte Re gaudebitis semper Fiet qua res melior. »

En réalité, on ne sait à quelle époque vécut ce prophète. Peut-être est-il simplement un produit artificiel créé sous l'influence de l'hellénisme avec

Section II. — Le sénatus-consulte des Bacchanales.

$ 1. — Exposé.

Dans l'intervalle entre la deuxième et la troisième guerre Punique, l’année qui suivit la pacification de la Ligurie par le consul C. Flaminius ( 565/ 189 ) c’est-à-dire en ( 566/ 188 ), une conjuration intestine détourna les consuls Sp. Postumius et Q. Marcius Philippus des soins de la guerre. Il s’agit de cette association criminelle, connue sous le nom de Bacchanales, parce qu’elle se réunissait sous le voile de la fête religieuse nocturne, en l’honneur de Bacchus, célébrée selon le rite grec... en réalité foyer de débauches, de meurtres commis dans le mystère, et dont beaucoup étaient vraisemblablement accompagnés de cérémonies magiques; comme aussi association complotant contre la sûreté de l'Etat. Voici, d’après Tite-Live!, quelles furent les principales manifestations de cette ténébreuse affaire : Celui qui, le premier, organisa ces réunions secrètes et nocturnes, n’était autre qu’un grec de basse condition, une espèce de «devin ». Les initiés furent d’abord en petit nombre, ensuite on admit indistinctement les hommes et les femmes. A la faveur des ténèbres de la nuit et de l’excitation causée par les festins qui suivaient les exercices religieux, on s’abandonnait sans réserve à tous les excès de la débauche, « chacun trouvant sous sa main les voluptés qui flattaient le plus son penchant?. »

Point d’horreurs, point d'’infamies qui n’y fussent commises ; et les hommes en commettaient plus encore entre

des souvenirs empruntés aux vieux cultes de Picus et de Faunus, car son nom n’est autre que l’épithète donnée à l’oiseau de Mars : le pivert, dont la légende avait fait le dieu Picus (apud, Bouché-Leclercq, loc. cit.)

1. Tite-Live, XXXIX, 8 à 19. Cumont : Les religions orientales dans le paganisme romain, p. 198 appendice : «les Mystères de Bacchus à Rome ». Malgré la défiance qu'éveilie le récit romanesque de Tite-Live, en dépit du scepticisme qu’on peut éprouver pour des accusations d’immoralité qui ont toujours été colportées contre les conventicules occultes, et bien qu’un intérêt politique poussât le Sénat à supprimer des associations secrètes largement répandues, les Bacchanales offraient certainement de quoi justifier l'interdiction dont elles furent frappées. Les banquets, largement arrosés de vin, dégénéraient facilement en orgie, et, dans un culte phallique, le mélange des sexes à des réunions nocturnes, favorisait tous les dévergondages.

?. Tite-Live, XXXIX, 8,

eux qu'avec les femmes! … Si quelques-uns répugnaïent à souffrir ces abominations, ils étaient immolés comme victimes2. Il est vrai qu'ils s’appuyaient toujours sur la religion, car : ne trouver de crime à rien était, dans l'opinion des initiés, le plus haut degré de la perfection religieuse. |

Les hommes, comme en délire, prophétisaient avec des contorsions fanatiques; les femmes, en Bacchantes, les cheuveux épars, couraient au Tibre avec des torches ardentes, les plongeaient dans l’eau et ( comme ces torches renfermaient un mélange de soufre natif et de chaux vive } les en retiraient tout allumées.… Ce délire frénétique n’absorbait point les initiés au point qu'ils oubliassent leurs intérêts. De la même sentine sortaient de faux témoignages, des actes et des testaments supposés, des délations calomnieuses, même des empoisonnements et des meurtres tellement secrets que quelquefois on ne retrouvait pas même les corps des victimes pour leur donner la sépulture. Les cris des malheureux auxquels on ravissait l’honneur ou la vie étaient étouffés par les hurlements et le bruit des tambours et des cymbales. D’autres étaient enlevés par une machine qui les précipitait dans de profonds souterrains, puis on disait qu’ils avaient été enlevés par les dieuxÿ.

Ces mystères infâmes, qui avaient pénétré de l'Etrurie à Rome, restèrent quelque temps ignorésf.

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