‹ Le Crime de Magie et le Droit RomainChapitre 154 sur 227 · Supra, p · texte numérisé non relu

Supra, p

“appelle amalorium. C’est la boisson qui rend amoureux, le - philtre par excellence. C’est à propos de ces différents poisons que Marcien rappelle l'esprit de la Ici : « Sed ea solum notatur in lege quod hominis necandi causa habet». La loine punit donc, à l’origine, les auteurs de philtres, que si cette boisson a entraîné la mort! D’après le texte de Paul, il y a progression. [ls sont punis, bien que n’ayant pas agi par dol, parce que cela est un mauvais exemple, même si ces breuvages étaient inoffensifs. C’est un rigoureux châtiment, celui qui « condamne les humiliores aux mines, et relègue les honestiores dans une île après confiscation d’une partie de leurs biens ». Mais n'était-il pas nécessaire de refréner les funestes effets de la passion en empêchant la multiplication des philtres qui, sous prétexte de rendre amoureux, procuraient en fait la maladie, la folie, la mort? Et ce souci est bien révélé dans le sénatus-consulte précédemment cité?, où le seul fait de vendre « sans intention mauvaise » des produits dangereux est puni en vertu de cette même loi. [Il faut remarquer que l’énumération des différents poisons comprend surtout ceux qui entraient dans la composition des philtres d’amour. Le texte insiste : cet id, quod lustramenti causa. cantharidas », la cantharide,

qui excite la volupté.

Section III. -- La loi Cornelia et le meuitre par sorcellerie

et Magie.

IT. La loi Cornelia et le meurtre par sorcellerie et Magie.

Il est beaucoup plus contestable d'admettre que la loi de sicariis et veneficiis ait réprimé le délit de Magie. D’après Mommsen*, ce n’est que peu à peu, d’abord, sous la République par voie d’interprétation*, puis en vertu du sénatus-consulte des premières années du règne de Tibère’, que le délit de Magie a été dégagé du veneficium. « Cette

1. C'est-à-dire qué la loi Cornelia ne s’occupail que des poisons et non des philtres amoureux tels quels, puisque,en eux-mêmes, ils ne contiennent ni le dol, ni l'intention de tuer (cf. Hirschfeld, op. cit., p. 18),c’est ce que prouve

. bien le texte de Paul « eisi dolo non faciant ».

Page 1