Tbid., loc. cit
de simulacres. Ce paragraphe ainsi que les paragraphes 3 et 4, édictent les peines encourues par la non-observation de la loi :
CS Si quelqu'un vénère des statues faites de la » main des hommes et destinées à périr, en leur offrant de » l’enceus et, exemple ridicule, craignant aussitôt ce que » lui-même a fabriqué, qu’il entoure les arbres de bande- » lettes, ou élève ‘des autels au moyen de gazon déterré » et tente d’honorer de vaines images, bien que le prix de » l’offrande soit très peu élevé, c'est cependant là une » injure pour la vraie religion. » Aussi le coupable sera-t-il dépouillé de sa maison ou de la propriété mobilière dans laquelle il sera établi qu'il a pratiqué la superstition des païens, et cela s’applique, d’une manière générale, à tous les lieux où il a été prouvé qu’on a vu fumer l’encens!.
S3.— Ce paragraphe énonce que « si quelqu'un a tenté » d'offrir ce genre de sacrifice dans les temples ou les » chapelles publiques, ou dans les maisons et les champs » d'autrui, s’il s’y est établi à l’insu du maître, il sera » contraint de verser 25 livres d’or à titre d'amende. Et » celui qui aura fermé les yeux sur ce crime aura un châti- » ment égal au sacrificateur?.
Enfin, au paragraphe 4, ordre est donné, d’une part aux juges et aux défenseurs des cités, de l’autre aux membres de la curie de chaque ville « de veiller à ce que » les preuves découvertes’ par les premiers soient, sur-le- » champ, déférées au tribunal, et que les choses qui ont » été dénoncées parles autres soient punies. Mais s'ils croient » qu'il faille couvrir le crime par faveur ou le dissimuler » par négligence, ils seront soumis à la poursuite judiciaire. » Quant à ceux qui ont été avertis, s'ils ont différé le » châtiment par dissimulation, ils seront condamnés à une
1. $ ? « Si quis vero mortali opere facta et aevum passura simulacra inposilo ture venerabitur (uc ridiculo exemplo meluens subito quae ipse simulaverit), vel redimita vittis arbore vel erecta effossis ara cespitibus,vanas imagines, humiliore licet muneris praemio, tamen plaena religionis injuria honorare lemptaverit, is utpote violatae religionis reus ea domo seu possesssione mullabitur, in qua eum gentilicia constiterit superstitione fjamulatum. Namque omnia loca, quae turis constiterit vapore fumasse, si tamen ea in jure.fuisse turificantium probabuntur, fisco nostro adsocianda censemus. »
2. $ 3. « Sin vero in templis fanisve publicis aut in aedibus agrisve ulienis tale quisquam sacrificandi genus exercere temptaverit, si ignoranlte domino usurpata constiterit, viginti quinque libras auri multae nomine cogetur inferre, coniventem vero huic sceleri, par ac sacrificantem poena retinebit. à
» amende de 30 livres d’or, et leur bureau sera assujetti » à une semblable peinet ».
Si Théodose s’est attaché à réprimer tout ce qui, même dans les plus innocentes coutumes de la religion païenne, pouvait avoir quelque attache avec la Magie, on peut constater, avec M. Maurice? que, « sous ce règne, le droit pénal concernant la Magie s’adoucit notablement.» Jusquelà, on l’a vu, la Magie tombait sous le coup d’une législation d'exception, On lui appliquait toujours la pénalité de la loi des XII Tables, que Constantin avait conservée pour les crimes de ia catégorie du meurtre : l’homicide, l’adultère, le rapt, la Magie, la sorcellerie, le crime de lèsemajesté, c’est-à-dire la mort précédée de la torture, pour tous, et la peine du feu spéciale aux magiciens eux-mêmes.
L'Eglise avait toujours cherché à adoucir ce régime de terreur, en punissant le meurtre magique de peines spirituelles, particulièrement graves, il est vrai, mais dont elle atténua rapidement la rigueur. Le Concile d’Elvire, en 306, prive de la communion, même à l’heure de la mort, ceux qui se seraient rendus coupables du meurtre magique. Mais le Concile d’Ancyre, tenu en 314, n’impose plus qu’une pénitence de cinq ans à ceux qui prédisaient l'avenir, ou qui recevaient dans leurs maisons des gens qui leur révélaient des remèdes magiques ou les secrets de la purification. Cette influence prévalut surtout à partir des constitutions de 391. La peine de mort, la torture, le feu, furent abolies. Les pénalités nouvelles se borneront à l'amende, la confiscation des biens, la déportation.
Ve siècle (post. J. C.). — Une constitution d’Honorius, successeur de Théodose, constitution du 1er février 409, inaugure ce régime de faveur. En effet, cette loi ne vise pas seulement, comme le faisaient les dernières en date du règne de Théodose, telle ou telle pratique du culte païen soupçonné de Magie, mais bien les Magiciens euxmêmes. La suppression des ouvrages contenant leurs erreurs, et, pour les Mathématiciens eux-mêmes, l'expulsion
1. 8 4, « Quod quidem ita per judices ac defensores et curiales singularum urbium volumus custodiri, ut ilico per hos comperta in judicium deferantur, per illos delata plectantur. Si quid aulem ii tegendum gralia aul incuria praetermittendum esse crediderint, commotioni judiciariae subjacebunt; illi vero moniti si vindictam dissimulatione distulerint, trigznta librarum auri dispendia multabuniur, officiis quoque eorum damns parili subjugandi:. »