‹ Le Crime de Magie et le Droit RomainChapitre 205 sur 227 · Jean d’Ephèse, Hist. ecclés., III · texte numérisé non relu

Jean d’Ephèse, Hist. ecclés., III

sachant bien qu’il n'avait ni endroit ni refuge où il put s'échapper, tira son couteau, s’en frappa le cœur, et, s'étant fait aussi une autre blessure à l’abdomen, tomba mort. Il y avait là, toutefois un vieillard podagre et trop faible pour fuir, et une veille femme, que l’on trouva en entrant, avec le cadavre de Rufinus étendu sur le sol, et. entourés par les préparatifs du sacrifice. On se saisit d’eux et, sous menace de mort immédiate, on les obligea de livrer les noms de tous ceux qui avaient pris part à ces sacrifices nocturnes. Parmi les complices se trouvait le gouverneur et procurateur Anatole.

Or, celui-ci s'était échappé en habits de voyage et s'était rendu chez l’évêque, sous prétexte de lui demander une explication touchant un passage de la Bible. Satisfaction lui fut donnée, mais, juste comme ilquittait l’évêque, il fut arrêté. Comme il paraissait étonné, on lui dit « qu’il avait été cette même nuit avec Rufinus et les autres et qu'il avait offert un sacrifice à Zeus. » Il fut donc envoyé à Antioche, avec les autres prisonniers.

À Antioche, Anatole et son secrétaire, nommé Théodose, furent arrêtés et soumis à la question : tout d’abord, ils recoururent au mensonge, mais finalement, le secrétaire ayant été torturé et sévèrement flagellé, déciara sa volonté de tout confesser et, à ce qu’on dit, ils déposèrent :

« Qu'à la fois, Grégoire, le patriarche d’'Antioche et Euloquis, qui élait postérieurement patriarche d’ Alexandrie, étaient présents avec eux au sacrifice d’un jeune garçon, qui avait eu lieu de nuit à Daphné; el à peine, dirent-ils, avaient-ils achevé le sacrifice, que la cité lout entière se mit à trembler et fut secouée par un séisme. »

Aussitôt cette confession connue, toute la population fut remplie d’horreur et d’étonnement, la cathédrale fermée, Grégoire contraint de rester dans son palais, et le service religieux interrompu. Le roi fut averti. Mais finalement, pour l'honneur de la chrétienté et afin que le clergé ne puisse être exposé au mépris et au blasphème, on étouffa l’affaire?.

Quant à Anatole, ayant placé dans sa maison urie image du Seigneur, dans l'espoir de faire supposer faussement au

1, Tbid.. loc. ci.

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