‹ Le Crime de Magie et le Droit RomainChapitre 216 sur 227 · Sulp. Sévère, Chron., L, 158, B · texte numérisé non relu

Sulp. Sévère, Chron., L, 158, B

riote qui accompagne la lettre de Maxime au pape Sirice ,

« Nempe parlicula adhuc aliquid novi sceleris ‘ Treviris prodilum indical, praeler ea quae jam Burdigalae detecta prabalaque fuerantt ». Il n’en eût pas fallu autant. Un seul des griefs relevés aurait suffi pour envoyer à la mort Priscillien et ses amis : réunions secrètes et nocturnes;

‘étude, même désintéressée, de la Magie, pratique des

maléfices, ces chefs d’accusation avaient fait leurs preuves, ainsi que nous l’avons vu, dès le commencement de l’empire. Selon l'avis de Mgr Duchesne?, Le crime de

maléfice était seul capital. «Pour le reste, dit-l, 1l faut

considérer que les doctrines excessives deviennent facilement obscenae et les femmes furpes, quand la malveïillance s’en mêle; le nudus orare, pouvait être une forme d’ascèse. Rien de tout cela, d’ailleurs, ne regardait le juge séculier ».

Donc, Evodius déclara Priscillien coupable, et le plaça sous garde pendant que le rapport serait présenté au Prince. La procédure fut transmise au palais: l’empereur décida que Priscillien et ses disciples devaient être pumis de mort?. Ainsi nous le déclare Sévère : « Evodio nocentem pronunliavil, redegilque in cuslodiam, donec ad principum referrel Gestlis ad palatium delalis, censuit imperator Priscillianum sociosque ejus capilis damnari oporteret.» Ithace voyant qu'il se rendait odieux aux évêques s’il conservail le rôle d’accusateur, se désista de la poursuite. Maxime désigna alors pour soutenir f’accusation un certain Patricius, avocat du fisc.

Priscillien fut donc condamné à la peine de mort pour « Crime de Magieÿ » et, avec lui, Felicissimus et Arménius, clercs qui avaient suivi sa doctrine. Latronianus, poète distingué, et Euchrotia, amie de Priscillien et veuve du rhéteur Delphidius de Bordeaux, périrent aussi par le glaives. Patrologia, t. XIII, p. 592, IV in fine.

Mgr Duchesne, op. cit., p. 536, note 2.

Dom Leclercq, op. cil., p. 181.

Sévère, Chron., L, 158, B.

Si la cause secrète de la condamnation fut le crime d’hérésie (et c'est le premier supplice pour cause d’hérésie), le motif argué fut le crime de Magie. 11 est. à peine douteux que Priscillien, qui avait, dit-il, essayé toutes les doctrines, ne se soit occupé de Magie. Ce qui est certain, d’après le témoisnage de Sulpice Sévère, c'est qu'Evodius, dans son enquête, obtint de lui un aveu Sur ce point. Mais cel aveu avait peut-être été arraché par la torture; Dom Leclercq, op. cit. p. 183.

6. Dom Leclercq, op. cit., p. 181-82. Hefele, H. des Conciles, »p.cit., IL, 1, p.67. Prosper d'Aquitaine, Patrcl., t. 51, p. 586-736.

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