‹ Le Crime de Magie et le Droit RomainChapitre 217 sur 227 · OT À · texte numérisé non relu

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2 E HÉRÉSIE DU PRISGILLIANISME 2h

constantius, qui avait déjà été condamné par les évêques, ft déporté dans l’une des îles Seilly.

Poe phase : Second Concile de Trèves. (386). Diverses ado ho prononcées contre les autres complices!, furent suivies de protestations nombreuses et éclatantes. . Tous les chrétiens étaient indignés de ce qu’un évêque avait .fait verser le sang. Cependant, à Trèves, se tenait. un second concile des évêques de Gaule, qui approuvait. la conduite d’Ithace, que plusieurs blâmaient?, et poussait l’empereur Maxime à prendre, contre les Priscillianistes, de nouvelles mesures. Celui-ci décide alors d'envoyer en Espagne des tribuns armés de pleins pouvoirs, avec mission d’yrechercherles principaux Priscillianistes, et d y prononcer à leur gré des sentences de mort ou de confiscation. À cette nouvelle, Saint Martin revient à Trêves, pour. intercéder en faveur de quelques anciens serviteurs de Gratien, .condamnés à mort, et pour demander à l’empereur de retirer aux fonctionnaires leur mission en Espagne. Ce n’était pas chose facile. Saint Martin doit employer l'adresse la plus subtile pour entrer à Trèves, et une fois là, pour obtenir une entrevue de l’empereur, qui refuse d'écouter ses conseils et le chasse. Averti en pleine nuit, que Maxime a donné l’ordre aux tribuns de partir pour l'Espagne, Saint-Martin court au palais et promet de communieravec les partisans d’Ithace si l’empereur retire l’ordre fatal. Grâce au courage de ce généreux évêque, les Espagnols sont sauvés5. Mais, sans lui, la condamnation de Priscillien eût pu n'être que le signal d’atfreux massacres.

1. Arasinus et le diacre Aurélius furent condamnés à mort. Tiberianus. à la confiscation de ses biens et à la déportation aux îles Scilly. Quant à Tertuilus.Potamius et Johannes, gens de condition fort basse, et qui s'étaient dénoncés, eux et leurs complices, avant toute question, on les relégua ‘temporairement en Gaule. D.H. Leclercq, p. 182. Plus tard Ithace fut chaseé de l’épiscopat. Ydace s'était spontanément démis. 2. Un évêque, Théognis, osa même l’excommunier, Mgr Duchesne, op. cit; p.538.

snidielele ODA LEE 6 7; 4. Hefele, id., loc. cit. | FA Leclercq, op. cil., p. 186 à 188. Saint Martin parut au synode au ‘moment o* l'assemblée & ’oceupait de l'élection de Félix à l'évêché de Trèves. mais refusa de signer le procès-verbal constatant officiellement sa présence Cet romme épris de perfection idéale, qui venait d’être jeté dans la mêlée d’intrigues misérables, quitta Trèves en proie à la plus profonde angoisse. A dater de cette époque, il n’assista plu: 4 aucun concile. D. Leclervq, op. cit, p. 188.

Néanmoins, ils continuaient d’Âtre en danger et l’objet de poursuites isolées. En 386, à Bordeaux, la Priscillianiste Urbica, fut lapidée par la foule: « Burdegalaequaedam Priscilliani discipula nomine Urbica, ob impielalis pertinaciam per sedilionem vulgi lapidibus exlincla es. » tandis que le clergé orthodoxe, qui avait adopté envers eux une attitude .hostile, persistait à refuser la communion aux partisans d’Ithace. Aïnsi firent le pape Sirice, malgré les explications que lui avait fournies Maxime en lui transmettant toutes les pièces du procès?, et Saint Ambroise. Lorsque celui-ci, en 387, vint à Trèves comme ambassadeur de Valentinien II, il se présenta à la cour de Maxime, non à l’église de Félix. Rencontrant Hygin, vieillard, que l’on menait en exil sans égard pour son âge, il s’efforça vainement d'obtenir quelque adoucissement à son sort, et qu’on lui fournît au moins des vêtements et la nourriture nécessaire4. Tant que dura Maxime, c’est-à-dire jusqu’à l’été de 388, les Priscillianistes furent pourchassés et les ascètes suspectés. Mais quand Valentinien II eût été restauré (388), Ithace fut interné à Naples, ainsi qu'Ydace d'Emeritaÿ. D'ailleurs, fait justement remarquer Mgr Duchesne, la politique joua son rôle dans cette affaire, et si les Priscillianistes avaient payé cher la protection de Gratien, les Ithaciens, à leur tour, eurent à souffrir de la bienveillance que leur avait accordée Maxime. En 389, le rhéteur Pacatus Drepaniusf, député des Gaules auprès de Théodose, prononça devant le prince et le Sénat de Kome, un panégyrique, où l’éxécution des Prisc'llianistes, et surtout d’'Euchrotis, figure parmi les crimes de l’usurpateur. Euckrotia surtout, n’était, à ses yeux, coupable que « d’excès de religion, de trop de zèle dans le culte qu’elle rendait à la divinité « nimia religio el diligentius culla divinitas », c'était un crime d’ascétisme”. Si pourtant, on peut dire avec dom H. Leclercq que

. Prosper d'Aquitaine, @p. cit. p. 586 : + f‘iuviu* Honorius Theodosii A aqust fil. nobiliss. puer, et Evodius Cos. » ?. Lettre de Maxime au pape Sirice, loc. cit. 3. Mgr Duchesne, op. cit., p. 538.

4°" Id., p.939:

D. [d.. p: 540. Dans Prosper d'Aquitaine, loc. ci. : + Timasius et Promous :, c'est-à-dire er: 389 : « {ihacius et Ursacius episcopi, ob necem Priscit-

liani, cujus accusatores fuerant. Ecclesiae communione privantur. * 6. Pacatus, Panex. 29, apud Mer Duchesne, op. cit.. p. 54i.

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