‹ Le Crime de Magie et le Droit RomainChapitre 24 sur 227 · Id., p. 89 à · texte numérisé non relu

Id., p. 89 à

5. « Cependant, Auguste, on le sait, s’efforçca de revivifier cette religion moribonde, moins par dévotion que par politique », Cumont, Relig. Orient., p. 34.

Observation des pratiques appropriées, « se défiait des abandons de l’âme et des élans de la dévotion!. » Au contraire, les religions orientales — nous explique M. Cumont? — « séduisent l'individu d’abord, par l'attrait troublant de leurs mystères où, tour à tour, l’on provoque l'effroi et l’on éveille l'espérance; elles l’éblouissent par la pompe de leurs fêtes et l'éclat de leurs processions; elles le charment par leurs chants langoureux et leur musique enivrante; mais surtout, elles enseignent les moyens d’atteindre l’extase, comme chez les Galles de la grande Mère. Dans le mysticisme, on glisse facilement du sublime à la dépravation. »

Parmi les religions orientales d’abord adoptées par Rome, il faut citer la Mailer Magna, de Pessinonte, accueillie en l’année 550 /204 avant J.-C38. Plus tard pendant la guerre contre Mithridate, la Bellone de Comana en Cappadoce fut amenée officiellement, et on lui rendit un culte fanatique à la mode de l’Orient4, confié à des prêtres et à des prêtresses de la Cappadoce appelés : fanatici de aede Bellone Pulvinensis ou Bellonarii. « Aux fêtes de la déesse, ils allaient, par la ville, couverts de vêtements noirs, et dans le temple, armés d’une hache double, ils se faisaient des blessures aux bras et aux reins, versant ainsi leur sang en guise d’offrande aux dieux et prophétisant au milieu d’un bruit sauvage de timbales et de trompettes5 ». D’autres cultes, comme celui d’Isis, qui pénétra à Rome après la deuxième guerre punique, furent maintes fois proscrits par le Sénat ou les empereurs avant de s’y implanter définitivementf. En effet, les femmes prenaient part à ce culte et les fêtes nocturnes de la déesse n'étant bien souvent qu’un prétexte à la débauche donnaient lieu à de continuels scandales?.

Cumont, op. cit., p. 25 sq.

Id. loc. cit.

Pour les détails sur cette déesse, voir ch. IV, Cybéle. Marquardt, op. cit., p. 93-94.

Marquardt, loc. cit.

Ce culte se répandit à Rome après la deuxième guerre Punique et fut prohibé par le Sénat, puis il s’établit au Capitole même et fut proscrit à nouveau en 696/58, puis en 701/53. En l'an 21 avant J.-C., les temples d’Isis furent rejetés hors de la ville par une ordonnance d'Agrippa.. Sous Tibère, l’on dut infliger aux prêtres des peines sévères et détruire leurs temples (Tac. Ann, II, 85). Mais ces mesures furent sans effet. Pour plus de détails : Marquardt, op. cit., p. 94 à 100.

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