‹ Le Crime de Magie et le Droit RomainChapitre 26 sur 227 · Pilutarque, Pomp · texte numérisé non relu

Pilutarque, Pomp

4. À Ostie, en particulier, se trouvent, avec un Mithraeum bâti sous Antonin le Pieux, un grand nombre d'anciens monuments du culte de Mithras, Marquardt, op. cit., p. 104, note 2.

5. Parmi les empereurs ayant favorisé le culte de Mithra : Antonin le Pieux, Commode (Lamp. Conn., 9). L'empereur Julien (notes 3 et 5, p. 104, apud Marquardt, op. cit.). Le culte de Mithra fut aboli en 377 par le préfet de la ville, Gracchus. Mais on trouve des inscriptions mithriatiques qui sont postérieures, il y en a jusqu’en 391. Marquardt, op. cit., p. 104, note 6.

6. Zoroastre est le fondateur de la religion commune à tous les Iraniens, Mèdes et Perses, son existence est légendaire. On croit qu'après de terribles épreuves, il reçut des mains d'Ahouramazdä, les 21 Nash de l'Avesta, livre de la loi, après quoi il convertit le peuple et mourut d’une façon aussi miraculeuse qu’il était né.

d’après la conception ancienne, Mithra occupait une situation très élevée et était joint à Ahura-Mazdâ dans une même invocation!. Plus tard, il fait partie des dieux ou génies immortels bienfaisants, les Amesha-Spentas et, en Perse, 1l devient le dieu du soleil. C’est en cette qualité qu'il fut adoré en Occident? où il fut, principalement à Rome, toujours intimement associé à la Magna Maier? identifiée à Anaïtis.

De l'Iran où il était né, le Mithriacisme était passé à Babylone. Puis, il se propagea en Mésopotamie et en Asie Mineure, dans Îles royaumes du Pont, d'Arménie, de Cappadoce, et de là en Grèce et à Romet.

Cette religion avait passé par de nombreuses transformations et on a beaucoup discuté pour savoir quelles étaient les altérations subies par le Mithriacisme avant sa fixation à Rome, et s'il était ou non dérivé du culte primitif de l'Iran. En effet, à cause de la différence supposée des mystères mithriatiques et de l’ancienne religion des Perses, on a admis que ces croyances s'étaient altérées dans le monde romain. « La pure doctrine des adorateurs du feu pouvait difficilement se concilier avec les orgies Célébrées en l'honneur de l’amant de Cybèles. » Or, à cause de la rédaction — supposée postérieure — de l’Avestaf, les doctrines mithriatiques peuvent être en désaccord

Cumont, Textes et Monuments, I, p. 228.

Marquardt, op. cit., p. 106.

Cumont, Textes et Monuments, chap. 1% : Les livres [raniens, page 5. C’est de l’est de l’Asie Mineure, où il était depuis longtemps pratiqué, que le mithriacisme est arrivé aux Romains. Sans doute, il s'était développé dans cette région pendant la période de décomposition religieuse, qui suivit la mort d'Alexandre (cf., Cumont, op. cit., ch. 1%, p. 7).

5. Cumont, op. cit., p. 234 ; pour les renseignements sur Cybèle, voir infra, ch. IV, p. 62 à 65.

6. Les premiers textes de l’Avesta, qui datent du temps des Sassanides, c’est-à-dire environ vers l’an 226 avant J.-C., et firent du Mazdeisme la religion officielle, ne sont qu’une partie de l’Avesta primitif, tel qu’il existait au moment de la conquête d'Alexandre. Cependant, dès l’origine, deux copies authentiques avaient été exécutées sous le roi Vishtaspa, dont l’une fut brûlée par Alexandre, l’autre volée par les Grecs et traduite en leur langue. Puis, l’un des Arsacides, Volgosèse Ie, fit rechercher les écrits et les témoignages oraux. La collection fut développée sous le Sassanide Ardashir Babagan, par le grand prêtre Tansar, puis arrêtée sous Sapor Ier et recommencée comme le code religieux de l’Empire, au temps du second Sapor (4° siècle, post j.-C.). L'Avesta, désigne donc les textes sacrés de la religion en langue parente du sanscrit et du vieux perse, devenue langue morte. Mais on traduisit le livre sacré dans la langue du temps, le pehlvi; on eut ainsi Avesta et Zend, ou Zend-Avesta, signifiant texte sacré et explication autorisée et sacrée qu’on prétendait émaner de la même source (c[.; Darmester,le Zend Avesta, Introduction, II.

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avec lui sans s’écarter du mazdéisme primitif. « Les croyances des anciens mages peuvent s'être conservées plus fidèlement dans les enseignements traditionnels des mystères que dans l'ouvrage qui passait pour en être l'expression la plus exactel. » D'autant qu’il n’est pas certain que le zoroastrisme avestique ait été pratiqué par tous les habitants de l’Iran?. D'autre part, il est certain qu’à Babylone, deux religions quelque peu différentes, ont coexisté. A côté des mages et des prêtres indigènes représentant les traditions du Mazdéisme primitif, les Chaldéens développaient une théologie savante et raffinée. Aussi les légendes des deux religions sé sont-elles rapprochées, leurs divinités identifiées, et l’astrolâtrie sémitique, résultat de longues observations scientifiques, vint-elle se superposer aux mythes naturalistes des Iraniens5. De plus, après l’effrondement de l’empire Perse, il se produisit un rapprochement entre les théologies d'Orient et la philosophie de la Grèce. Malgré ces influences, il faut faire cas de l’esprit conservateur des mages de Cappadoce, qui ne se démentit jamais, même après le triomphe du christianisme.

Ainsi, en ce qui concerne le Mithriacisme pratiqué à Rome on ne peut déterminer avec précision dans quelle contrée, ni à quel moment 1l avait reçu cette forme définitive, mais tous les rites originaux qui le caractérisent remontent certainement à ses origines asiatiques. Ces rites. dont beaucoup sont cruels et choquants faisaient donc partie de l’antique tradition où ils existaient à côté d’une théologie subtile et d’une morale élevées.

Le culte de Mithra se célébrait dans une caverne antrum, spelaeum, parce que l’on regardait le dieu comme né d’un rocher; par là, au dire des anciens eux-mêmes, on représentait le monde où l’âme humaine doit descendre pour en sortir purifiée après de nombreuses épreuves5. De là, l’obliga-

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