Cumont, op. cit., t. 1. p
Le taurobolium ou criobolium! se rattachait en partie au culte de Mater Magna?, en partie à celui de Mithrasë. L'usage s’en répandit dans tout l'empire depuis les Antoninst. Voici comment, d’après Marquard5, se passait la cérémonie : celui qu'il s’agissait de consacrer, orné d’une mitre, portant une couronne d’or, vêtu du cinclus Gabinus était descendu dans une fosse que l’on recouvrait d’un plan-
cher à claire-voie. On amenait là un taureau à cornes dorées, tout couvert de guirlandes, on lui plongeait le couteau dans la poitrine; le sang coulant par les trous arrosait l’homme qui se tenait dans la fossef. On retirait alors le corps de l’animal, et l’initié sortait, le visage et les vêtements ensanglantés. Les assistants saluaient en lui un homme nouveau, purifié et réconcilié avec Dieu. Le taurobole était à la fois un sacrifice et un sacrement. C'est un sacrifice rédempteur (on se rachetait pour vingt ans), et cela est devenu ainsi surtout depuis l'introduction du rite de la fosse, que ne pratiquaient pas autrefois les
1. Le criobole ou sacrifice du bélier, et le taurobole ou sacrifice du taureau. Le choix de ces animaux, comme victimes, dans certains sacrifices, n’était pas inconnu à Rome : Aux jeux Tarentins et séculaires, qui furent introduits par les livres Sybillins en 505 /249, on sacrifiait des béliers et des taureaux noirs à Dis Pater et à Proserpine (Graillot, Le culte de Gybèle, p. 157 et Dict. Dar. et Sagliô : Saeculares Ludi, p. 988.)