‹ Le Crime de Magie et le Droit RomainChapitre 44 sur 227 · La divination nécromantique · texte numérisé non relu

La divination nécromantique

Enfin la Divination nécromantique ne se distingue plus, pour ainsi dire, du procédé magique correspondant, qui constitue la Magie par excellence, dans le sens du moins qu'on lui donne habituellement. N'est-ce pas, en effet, dans cette évocation nocturne des morts rappelés du fond des tombeaux, que la Magie revêt à la fois son caractère de sombre mystère et de sacrilège, mais grandiose curiosité, puisqu'elle aspire à pénétrer l’au-delà ? Or, la nécromancie n’est possible qu'avec le concours de la Magie, et c’est là l’unique raison pour laquelle Varron la disait importée de la Perse?. =

Elle existait en Grèce dès les temps homériques puisque l'Odyssée en fait mention, mais acquit, à Rome, une grande importance. Les pratiques nécromantiques de l’augure Appius et de Vatinius, contemporains de Cicéront, prouvent qu’on attachait à ces pratiques une idée de certitude. « Celui qui cherche la vérité s’adresse courageusement aux oracles de la dure mort5. » Plus qu'aucun autre peuple, les Romains ont eu le culte des morts, et ce culte était fondé surtout sur une crainte superstitieuse, la crainte « que les

n'étaient pas seulement des forces cosmiques, mais aussi des divinités. Or, les religions orientales enseignaient des procédés puissants et mystérieux pour apaiser ces divinités nouvelles et conjurer le sort. »

1. Auguste publia son horoscope par voie d'affiche. Suét. Aug., XCIV. Tibère fit périr un grand nombre de citoyens après avoir eu connaissance de leur horoscope; Dion Cassius, LVIT, 19. ;

2. Bouché-Leclercq, 0p.cit., p. 337, Varion, ap. Saint Aug., 0p. cit. VII, 35.

3. La nécromancie était aussi employée très anciennement en Campanie {consulter les ouvrages cités dans Marquardt, p. 126, note 5 et ci-dessus : les sacrifices achérontiques en Etrurie).

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