‹ Le Crime de Magie et le Droit RomainChapitre 47 sur 227 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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Pendant les nuits des lemuria, les mauvais esprits pénétraient dans les maisons. Le paterfamilias devait les écarter au moyen de rites proprement magiques : il parcourait sa demeure en frappant sur un instrument d’airain, en jetant des fèves noires eb répétant neuf fois une formule d’incantation!.

Pour empêcher les méfaits des larvae on cherchait à apaiser leur reine Hécate? en lui offrant des sacrifices. Ces sacrifices avaient lieu le dernier jour du mois, dans les compit&, carrefours, lieux préférés des mauvais esprits. Ils se célébraient la nuit, et revêtaient une forme mystérieuse. On lui offrait de jeunes chiens, animaux impurs, que le Flamen Dialis ne pouvait ni regarder, ni toucher, ni nommer. Et, comme dans les lemuria, c’est en détournant la tête que l’on jetait à Hécate et à ses larves, les restes du sacrifice. Bien entendu, on l’invoquait au moyen de formules d’incantation.

Enfin les compitalia, célébrées dans les carrefours en l'honneur des lares compitales, sont des fêtes de la religion romaine ayant également un lien étroit avec la Magie nécromantique. Trois caractères les rattachent à celle-ci : D'abord, les lares compitales, quoique bienfaisants, sont des morts, et comme tels, des puissances invisibles et redoutées, des esprits de la nuit. Puis leur culte a précisément pour objet de rassurer les voyageurs exposés aux attaques d’'Hécate et des larvae, aussi c’est encore dans les carrefours qu’on leur élève des temples et qu’à lieu leur fête, fête

1. Nous verrons au chap. VI : Moyen magique, p. 115, sq. l'emploi fréquent de l’airain et l'influence du nombre 9 dans les cérémonies magiques. Ovide, Fasies, v. 429-445, décrit la cérémonie des lemuria … « Trois fois il purifie ses mains dans l’eau d’une fontaine, il se tourne et prend dans sa bouche des fèves noires; il les jette ensuite derrière lui en disant : «Je jette ces fèves, et avec elles je rachète et moi et les miens ». Il prononce neuf fois ces paroles, sans regarder en arrière. On pense que l'Ombre ramasse les fèves, et suit ses pas sans être aperçue. Il plonge encore ses mains dans l’eau, et frappe l’airain de Temesa et conjure l'Ombre de quitter sa demeure. Après avoir dit neuf fois « Mânes paternels, sortez ! » il regarde derrière lui, et croit avoir accompli régulièrement la cérémonie. »

2. C'était un sacrifice de « purification », destiné à écarter des habitations Hécate et sa suite. Pour les ouvrages à consulter sur Hécate, voir Jobkbé- Duval, op. cit., p. 184.

3. Les compita étaient les carrefours, croisement de deux ou trois chemins.

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