Jobbé-Duval, op. cit, p
puisque les morts étaient, chez ce peuple, les puissances les plus redoutables.
Il convient enfin de ne pas oublier que les larvae disposaient d’une force magique indépendante. Au moins en tant que leur reine Hécate ne le leur interdit pas, elles persécutent les vivants de leur propre initiativet.
Telles étaient, dans leurs grands traits, les relations de la Magie avec la Religion et la Divination, à Rome.
1. Cf. Jobbé-Duval, op. cit., p. 219. — Nous ne ferons qu'énumérer les principaux méfaits des larves, pour lesquels il faut consulter le livre de Jobbé- Duval, ch. VII, Dangers que les larvae ou lemures font courir aux vivants. Les principaux sont : les apparitions terrifiantes, les maladies collectives : peste et autres épidémies, les maladies individuelles notamment la folie. Les fous, croyait-on, étaient possédés par des puissances invisibles. On les appelait larvaiti, cerriti ou furiosi. Les larvaii étaient possédés par les larves, les cerreti étaient en proie à la vengeance de Cérès : « Cerriti et Larvati, male sani et aut Cereris ira aut larvarum incursatione animo vexati. » (Nonius Marcellus, Compendiosa docirina, XIV, 20, cité par Jobbé-Duval, p. 118). Il y avait aussi les /{ymphati, en proie aux divinités des sources lymphae. Ces termes, réservés au langage poétique, étaient importants au point de vue de l'exorcisme larvalis purgatio car il fallait distinguer entre les différents démons pour pouvoir les chasser. Le mot /uriôsus s'applique à tous les possédés, et est, de préférence employé dans la langue juridique. « Si furiosus escit, ast ei cusios nec escit, adgnatum gentiliumque in co pecuniaque ejus potestas esto ». Loi des XII Tables, Tab. V, 7. Girard, Textes, 14, etc. — Les morts malfaisants pouvaient encore communiquer l’épilepsie, morbus sacer ou morbus comitialis, dont la victime se nomme lunaticus, la chorée ou danse de Saint-Guy, l'hystérie, l'apoplexie, c’est-à-dire toutes les variétés de maladies nerveuses. On leur attribuait aussi la stérilité des femmes et le fait de donner à leur victime la forme d’une bête féroce, ou lycanthropie. (rôle important des « loups-garous » dans les croyances populaires. Voir Jobbé-Duval, op. cit., p. 164, et les notes).