‹ Le Crime de Magie et le Droit RomainChapitre 79 sur 227 · Cicéron, Brutus · texte numérisé non relu

Cicéron, Brutus

4, Ainsi que le montrent les vers suivants de Virgile : Egl., VIII, 86 :

« … ut magicis sanos averlere Sacris

Experiar sensus : nihil hic nisi carmina desunt. » Lucain, la Pharsale, VI, 558 : « Mens, hausli nulla sanie polluta veneni Excantala perit » sans que le noir venin ait souillé la lèvre de l’homme, sa raison périt à la voix de l’enchanteresse.

5. Pline, 4. N. XXVIII, xxvir, 1. « De tous les animaux, l'hyène est celui duquei les mages racontent le plus de merveilles, allant jusqu’à lui attribuer

Massonneau,. 6

82 LE CRIME DE MAGIE El: LE DROIT ROMAIN

On attribuait la folie de Caligula à un breuvage magique. « On croit, dit Suétone, que Césonia lui donna un philtre qui n’eut d'autre effet que de le rendre furieux! et, d’après Dion Cassius, la démence d’Antonin Caracalla était due à la Magie. « Les enchantements des ennemis, dit-il, rendirent Antonin fou et furieux. »

En dehors de ces exemples fameux, les poètes, notamment Horace, font de nombreuses allusions à ce danger provoqué surtout, semble-t-il, par les chants magiques des Sabins et des Marses :

Oui, les enchantements sabins pénètrent le cœur et le déchirent; oui, les chants funèbres des Marses brisent et bouleversent la raisonÿ.

Juvénali, parlant des femmes qui consultent les astronomes ou les vieillards chargés de purifier les lieux publics frappés de la foudre : « L’un, dit-il, leur vend des recettes magiques, l’autre des philtres de Thessalie, destinés à troubler la tête d’un époux, à le livrer aux outrages de la pantoufle : de là ces atteintes de folie, de là, cette confusion de ton esprit et ce profond oubli de tes actions les plus récentesÿ. »

même la connaissance des arts magiques et la vertu d'attirer à soi les hom + mes auxquels elle fait perdre l’esprit : « vimque qua alliciat ad se homines mente alienatos. »

Id., XXX, xxiv, ? : Les Mages assurent que les individus en délire repren nent la raison si on les asperge avec du sang de taupe, et que ceux qui sont tourmentés par les dieux nocturnes et par les faunes sont délivrés de leurs visions, s’ils se frottent matin et soir avec la langue, les yeux, le fielet les intestins d’un dragon : « eos vero quia nocturnis diis Faunisque agitentur ».

1. Suét., Caius Caligula, L:«Creditur potionatus a Caesonia uxore amatorio quidem medicamento, sed quod in furorem verterit ». Juvenal, VI,615: Avuneulus ille Neronis cui totam tremuli frontem Caesonis pulli infundit ».

2. Dion Cassius, LXXVII 15. Pour trouver quelque soulagement à son état, Antonin évoqua les âmes de son père et de Commode et ne reçut qu'une réponse qui le remplit de terreur : « Approche de la justice que les dieux réclament de toi pour Sévère ».

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