Properce, liv. III: Eleg., VI
« Non me moribus illa, sed herbis improba vicit : Staminea rhombi ducitur ille rota, »
s’écrie Hypsipyle, car c’est par la vertu des enchantements que Médée a séduit Jason son épouxt.
Et cependant, c'était là le moyen couramment employé par les amants malheureux pour attirer à soi l’objet. de leurs désirs.
« Il ne s’agit pas de mettre fin à mon amour, dit Glaucus à la magicienne Circé, mais que Scylla reçoive sa part du feu qui me dévore’. »
Car les charmes magiques étaient réputés triompher des cœurs les plus froids.
« À la voix de l’Hémonide, l’amour descend dans les cœurs insensibles, sans l’ordre des destins, et d’austères vieillards brûlent d’une flamme coupable. Cette vertu n'appartient pas seulement aux breuvages funestes, ou bien à l’épaisse caruncule ravie sur le front de la jeune cavale que doit aussitôt aimer sa mère, la voix de l’enchanteresse suffit... ou bien le fil magique : « Deux époux que ne peuvent enchaîner ni l’union sacrée du lit nuptial, ni lés charmes puissants de la beauté, sont attirés l’un vers l’autre sous le réseau qui s'échappe du magique dévidoir. »
Ces mêmes charmes, il est vrai, peuvent être invoqués dans un but tout à fait contraire, et procurer l’apaisement (Ainsi, la nourrice de Myrrha lui propose de calmer sa passion incestueuse au moyen des incantations et des plantes5); ou même frapper de frigidité :
« Est-ce la vertu magique d’un poison thessalien qui engourdit aujourd’hui mes membres? Est-ce un enchantement, une herbe vénéneuse, qui me réduit à un si triste état? » .. gémit un amoureux, se sentant inégal dans les