‹ Le Crime de Magie et le Droit RomainChapitre 86 sur 227 · Op. cit., supra, p. 163. me · texte numérisé non relu

Op. cit., supra, p. 163. me

3. On trouve les renseignements concernant cette tablette dans Audollent, Defirionum tabellae, tablette n° 270, p. 370-71; Goetschy (Bulletin Archéologique, 1905, p. 156) : « Cette tablette fait partie des quatorze plaques de plomb, trouvées dans des tombes à incinération… une seule est de l'espèce des exécrations amoureuses; les autres ont trait à des chevaux de course. — « Les tombes sont du re* siècle, mais on ne peut rapporter ces imprécations qu’à la fin du n° ou au rie siècle ».— Audollent donne le texte en latin, le texte original était grec. D’après Wuensch, Seih., p. 84, le texte appartient à la magie égyptienne, mais à la magie égyptienne des basses époques, mêlée d'éléments chaldéens, juifs et grecs.

fleuve l'emporte. Car je suis le grand décan de Dieu, du grand Dieu. »

Sur une autre tablette, trouvée en Gaule, on voit une femme jalouse invoquer, contre sa rivale, les dieux infer-

naux! en ces termes : « Je t’invoque, toi qui as pouvoir sur les instruments de torture infernaux, et je te recommande

Julia Faustilla, fille de Marius; emmène-la au plus vite avec toi, et range-la au nombre des morts. »

Et, pour être plus précis, il arrive souvent que l’on dévoue en détail, la personne ainsi exécrée, comme le montre la tablette suivante, trouvée dans le Latium? : Rufa(s) Pulica manus de(n)tes oc(u)los brac(h)ia vent{[r]e (m) mamil(l)a(s) pectus os(s)u(m) m{e] rilas vent[rJem .… Crus os pedes fronte (m) un|gue}s difglitos vent [r] e(m) um(bi)licu(m) cun (n)u{(m) (vulva (m) il (i) a (e) Rufas Pulica(e) de (fi [clo in (h)as tabel(l)as .« Je dévoue aux démons Rufa : je dévoue ses mains, ses ‘dents, ses yeux, ses bras, son ventre, ses mamelles, sa poitrine, ses os, son ventre, ses jambes, sa bouche, ses pieds : son front, ses ongles, ses doigts, son ventre, son nombril... toutes les parties du corps de Rufa, je les dévoue sur ces tablettes.»

Section IV. — Le meurtre magique.

Le meurtre magique peut revêtir deux formes principales :

A. Meurtre symbolique.

a) par defixio;

b) par « envoûtement ».

1. Citée par Cagnat, op cit.; Audollent, op. cil., tablette n° 228, page 300; tablette de la (Provincia Proconsularis); Schmitt : C. I. L., VIII, 12. 505: Delattre, Bulletin Epigraphique de la Gaule, IN, 1882, p. 181; Cagnat, Cours, p. 344; … « prope sepuicreta officialium reperta ».… « Te rogo qui infernales parties tenes, commendo tibi Julia Faustilla, Marii filia, ut eam celerius abducas et ibi in numerum tu a ]b]ias. »

2. Citée par Cagnat, op. cit., p. 164; Audollent, Tablette n° 135 «tablettes du Latium. » … « Quae infra eduntur tabellae tres media parte plicatae, inter semiusia morluorum ossa repertae fuerunt in ollis duabus sepulcri prope Nomentum (Mentana) effossi in fundo qui dicitur Imaginella. » — De ces tablettes, celle de Rufa constitue la fableïte B.

B. Meurtre direct causé :

a) par empoisonnement (philtres) b) par immolation : la nécromancie.

S1. — Meurtre symbolique.

A) Meurire magique par defixio.

Nous verrons ci-après que la formule magique : maledictio, devolio, ou incantalio joue un rôle capital dans les maléfices, mais, généralement ces derniers comportent un sacrifice!.

Il n’en est pas de même dans le meurtre par defixio. La defixio se distingue de la simple malédiction en ce qu’elle est écritez.

Elle consistait à lier magiquementÿ la victime et à contraindre une puissance « invisible, numen, à la frapper. Pour cela, le magicien inscrivait le nom de la victime sur une lamelle de plomb, {abella defixionis en l’enveloppant de formules magiques. Il déclarait qu'il liait, qu’il enchainait, celui dont le nom était écrit sur la tablette. Puis, la tablette était roulée ou repliée, et perforée d’un ou plusieurs clous. On la plaçait alors dans un des lieux soumis à la puissance des di inferi : tombeaux des morts prématurés (aori) endroits ou gisaient des insepulli, de préférence des noyés : fleuves, rivages de la mer, etc.f.

1. On appelait maleficia, sacra letifica, impia, nocturna, les rites magiques, au moyen desquels les sorciers et les sorcières appelaient la mort sur quelqu'un, cf. Jobbé-Duval, op. cit., p. 95 : « Qui sacra impia nocturnave.. etc.; Paul, Sent., NV, 23; 15:

2. « Les devotiones écrites sont les plus efficaces. Elles empruntent à la lettre sa permanence et son mystère : Huvelin, Les tablettes magiques et le Droit romain, 54, p. 20.

3. Rien que le résultat soit le même, il y a une différence entre cette liaison magique et l’envoûtement proprement dit. Il pouvait en effet, arriver qu'il y eut defixio sans envoûtement (voir Jobbé-Duval, op. cit., p. 95).

4. Dans le texte de Paul, Sent., V, xx, 15, déjà cité : « ut quem obcantarent, deligerent, obligarent ». Il existait, en latin, un certain nombre de termes consacrés : Je confie (mando); je recommande (commendo); je livre (irado), mon ennemi aux numina ». Mais aussi « obligo, perobligo, deligo », dérivés du terme technique Courant obligare employé dans les conjurations magiques. Voir : Huvelin, op. cit., p. 30 et suiv.

5. « De cette habitude de clouer les tablettes magiques (clavum figere; tabulas defigere) est venu le nom de defixiones : Huvelin, op. cit. p. 22.

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