‹ Le Crime de Magie et le Droit RomainChapitre 87 sur 227 · Jobbé-Duval, op. cit. p. 58; Huvelin, op. cit., p · texte numérisé non relu

Jobbé-Duval, op. cit. p. 58; Huvelin, op. cit., p

Alors, la victime de la defixio devenait sans forces, et comme livrée à la merci des puissances invisibles qui pouvaient la torturer à leur gré.

L’exemple historique le plus fameux du meurtre magique par defixio est celui de Germanicus! : entre autres maléfices, on avait trouvé autour du palais « des formules d’enchantement et d’imprécations, des lames de plomb sur lesquelles était gravé le nom de Germanicus ».

Le fait d’avoir rédigé une fabella defirionis fut bien souvent, sous l’Empire, l’accusation principale qui conduisit à la mort ceux que l’on soupçonnait du crime de Magie.

Ainsi, dans le procès de Libon, sous Tibère, on cita des tablettes sur lesquelles il avait ajoutéde sa main, aux noms des Césars et des sénateurs, des notes menaçantes ou mystérieuses?. Dans celui de Claudia Pulchra, on mit en avant « les maléfices et enchantements contre le princes », sans préciser toutefois de quelle nature étaient ces maléfices. Il est logique de penser aux defixiones, puisque, ailleurs, on parle ouvertement de « sacrifices magiques{ »

Il ne semble pas que le crime accompli par simple defixio, non accompagné de sacrifice, ait été spécialement réprimé par la loi.

Cependant le texte de Paul, déjà cité, punit ceux qui ont accompli ou fait accomplir ces sacrifices « afin de jeter un charme sur quelqu'un, de l’envoûter, de le lier magiquementsf.

D'autre part, la constitution du 9 septembre 3647, défend, sous peine de mort, d’invoquer le démon au moyen d’incantations : nefarias preces. Elle s'applique donc certainement aussi aux {abellae defixionum. Plus tard, en

1. Voir 2e partie, ch. IV, Tac., Ann., 11, 69 : « reperiebantur solo ac parietibus… carmina et devotiones et nomen Germanici plumbeis tabulis

insculptum.…. »; Dion Cassius, LVII, 18; et Pison, son meurtrier, fut condamné du fait que Germanicus « devotionibus et veneno peremisse », Tac., Ann., IT, 13;

2. Tac., Ann., 11, 30 « uni tamen libello, manu Libonis, nominibus Caesarum aut senatorum additas atroces vel occultas notas accusator arguebat. »

3. Tac., Ann., IV, 52 « venejicia in principem et devotiones ».

4. Tac., Ann., VI, 29, magorum sacra (Procès de Scaurus); id., XVI, 8, diros sacrorum ritus (Procès de Silanus et Lepida); id., XVI, 31, procès de Soranus et de Lepida. Lepida est accusée de magicis sacris; elle répond 2 « Nullos impios deos,nullas devotiones nec aliud infelicibus precibus invocavi ».

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