‹ Le Crime de Magie et le Droit RomainChapitre 95 sur 227 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

D'après Stoicesco!l, des lois président à l’emploi des moyens divers, que l’on peut ramener à deux principales :

19 La loi d'imitation : tout semblable appelle le semblable. C’est la Magie homéopathique ou imitative, qui se base sur la connaissance des philtres et des charmes.

2° La loi de « substitution » de la partie au tout, d’après laquelle les choses qui ont été une fois en contact continuent à agir l’une sur l’autre. C’est la magie contagieuse, dont l’application la plus répandue est l’envoûtement.

Section I. -— L’« Incantatio ».

L'incantatio est la base essentielle, la source de toute opération magique, dont les pratiques matérielles ne sont que des adjuvants.

À Rome, où règne le formalisme, l'intention, la prière intérieure, sont inefficaces, et l’invocation directe adressée aux dieux ou aux démons est d’une importance capitale dans tout sacrifice : On met, dans cette prière, une certaine recherche; on flatte les dieux en leur rappelant leurs titres, leur pouvoir. Les vers cadencés, les chants rythmés, où le refrain insiste sur le résultat généralement obtenu et que l’on désire renouveler, sont préférés aux simples paroles employées couramment. C’est pourquoi la formule à laquelle les Romains attribuaient plus particulièrement une vertu active, car son rythme se prêtait au chant comme à la récitation, se nommait : carment!.

1. Huvelin, Injuria, $ 11, p. 405, note 4 : Carmen nous dit que les Carmènes {du sanscrit casman : texte sacré, invocation), étaient des fées qui prédisaient l'avenir. Le carmen, d’ailleurs, ne s’appliquait pas seulement à une incantation magique, mais aussi : 2° à une prédiction ou un proverbe; 3° à une formule liturgique, 4° à un texte de loi,

Voici quelques exemples du vers chanté canius.

La sorcière de Tibulle compose des chants magiques qui servent à abuser le mari dupé!. se -

. « Les chants magiques attirent la moisson dt VOISIN ; ils arrêtent dans sa marche le serpent irrité; ils essayent même d’arracher la Lune de son char, et en viendraient à bout sans le retentissement de l’airain sous la main qui le frappe?. »

Orphée, dit-on, arrêtait, par la puissance magique de ses accords, les fleuves dans leur course, le vent dans son vol rapide, et prêtait aux chênes mêmes une oreille pour Pécouters.

D’autres parlent du carmen.

Ainsi Ovidet «: Les vers arrachent aux serpents leur dard empoisonné; ils font remonter les eaux vers leur source. Les vers ont fait tomber des portes; ils ont forcé la serrure si bien clouée qu’elle fût sur un chêne épais.

Malgré la vertu des herbes que lui a données Médée, Jason ne triompherait point si ellé ne l’aidait de son chant magique.

Au-dessous des occentationes ou mala carmina se placent les paroles de mauvais augure qui peuvent être

- prononcées contre une personne déterminée.

‘Section II. - Mala verba ou maledictaf.

.- On peut les diviser en deux groupes : Le premier comprend, d’une part les imprécations et les blasphèmes; de l’autre les simples paroles de sinistre présage. Le second a

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