SCÈNE II
ALGEE-MAHAL, CHARLES.
MaHaAL' (profondément inclinél—Entre, seigneur.…. Sois le bienvenu... ce qui est ici est à toi.
CHARLES.—Le palais est réduit en cendres.
les murailles sont effondrées.. les serviteurs, dispersés.. J'ai pu m’enfuir blessé, harassé de fatigue.. Votre maison est un asile sûr... et je viens.
MaxaL.—Seigneur, je suis ébloui de recevoir de vous une telle marque d'estime. Le fils de mon maître n’a rien à redouter sous mon toit !
CHARLES.—Vous êtes un serviteur honnête et dévoué, Algee.. Vous êtes un homme loyal, je me fie à vous. Je suis en sûreté, maintenant.
MaAHAL (va fermer la porte, puis revient sur Charles, le regarde avec rage, avec un éclat de voix, levant un poignard).—EÆEnfin !
CHARLES (efrayé).—-Qu'est-ce ? (Pélissant.) Que veux-tu donc? (& cri d'effroi.) Malheureux ! (77 court à la fenêtre.) À moi! Au secours |
MaHaL.—Crie, appelle. Ilne t'entendront pas.
CHARLES (se laissant tomber sur un siège).—Je suis perdu. (U# temps.) Je suis perdu !...
MaHAL (froidement).—Je ne vous cherchais pas. Vous êtes venu... Quelle fatalité vous
aveugle, vous autres, gens d'Europe, que vous ne sachiez jamais discerner qui vous aime et qui vous hait? En mon pouvoir, le fils d'André Robert | (77 avance la main Dour le saisir. Charles recule se redresse dans une pose Pleine de ferté et de courage.) ;
CHARLES (avec un mépris écrasaut).—Tu es bien hardi, esclave !.. (77 fait un geste.) Est-ce mes joyaux que ta rapacité convoite ? (27 arrache sa chaîne, sa montre, etc, et les jette à terre.) Ra masse |
ManaL ( froidement).—Cet or !…. cet or, que des malheureux vont arracher aux entrailles de la térre, a coûté la vie, qui sait, à plus d’une créature humaine !... Je déteste ces joyaux autant que je méprise l'enfant vaniteux qui s’en pare au prix de notre misère |... (27 repousse du Pied Les bijoux.)
CHARLES (| frémissant) —Vous violez l'hospitalité, vous êtes un traître... Vous insultez, vous
Mmenacez un enfant blessé, faible et sans armes, vous êtes un lâche !.. À Lana. | Jroidement).—Je le sais bien !.… Je suis
Ce qu'il y a de plus vil et de plus immonde.… mais je me venge ! Esclave, avez-vous dit ? Je l'ai été dix ans. Dix ans! Je suis libre ! libre !.… et sl je ne le suis qu’un jour, ah ! ce seul jour me paiera € tant de souffrances endurées...
HARLES, —Tu veux donc me tuer ?
.MaHar. (Aaussant les épaules). —Pas encore !.… L'heure de la veng
eance n’est,pas venue. elle SOnnera bientôt as
— HARLES (bondit en arrièr
VOIX altérée), — Au
AHAL (37
es larmes m
€ veux que t
€, fuit en criant d'une SECOUTS.., À moi...
se jette sur lui).—Crie !… pleure !.…
€ Sont plus précieuses que ton or!
U souffres.…. (77 7, bâillonne.)
CHARLES.— Au secours !
MaHaAL.— Ah ! tu es condamné... Rien ne peut te sauver. Personne qui puisse arrêter le couteau levé sur ta poitrine. (Z7 résiste, se débat, lutte; il entraîne vers le caveau.) Oui, tu mourras... mais cette nuit seulement, à l’heure du sacrifice. Ce caveau est profond, et ces murs refermés sur toi étoufferont tes sanglots. (77 Zenferme dans le caveau.— Un temps.— Il revient à la fenêtre.) L'œuvre de destruction s’accomplit. Assez longtemps ils nous ont opprimés, ces orgueilleux chrétiens d’Occident, qui viennent chez nous s'enrichir de nos dépouilles, et mettre au cou de nos enfants le carcan de fer des esclaves !