SCÈNE IV
ROBERT, seul.
ROBERT (rés agité. I] va et vient, parlant d'une voix entrecoupée).—Cet homme a dit vrai... Mon fils est en sûreté... Il n’oserait pas mentir. Je suis le maître !... (Avec ironie.) - Le maître ?.. Ces gerbes d’'étincelles qui jaillissent, c'est ma fortune qui flambe!... Palais, factorerie, comptoirs !... Un tas de cendres, où l'or s’est fondu en scories.. Mes plantations à jamais détruites. Mes esclaves dispersés. Plus rien !.. Rien... La fortune, qu'importe, je la recommencerai ; mais mon fils! (Avec un élan de désespoir.) Ah! les êtres comme nous. les forts !.. ceux qui dominent le monde ne devraient jamais avoir d'enfant !.… L'enfant ! c'est un otage qu'on donne à la destinée... Soyez un de ces forts dont rien ne peut surmonter la volonté surhumaine... Ayez l'énergie, l’orgueil... la suprême indifférence du conquérant. il suffira, pour dompter l’indomptable, d'une voix faible d'enfant. Ah! ce Champlaurent !… Je devais bien prévoir que le hasard nous remettrait en présence. J'aurais dû disparaître, fuir. laisser
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entre lui et moi le gouffre de l'inconnu... Ce prêtre, avec son visage austère, son regard profond, son sourire pâle et glacé. ce prêtre! Enfermé dans sa foi, n’aimant personne, lui, parce qu’il aime tout le monde !... Véritablement fort, celui-là... qui m'apparaît fatal, dominateur.. irrésistible. J'en ai peur ! Il vient, et je tremble ; il parle, et sa voix évoque l'ombre livide de son père. Il entre, et avec lui pénètrent dans ma maison la ruine et le malheur ! (4 Mahal qui rentre.) Eh bien ?
MaHaL.—Maître, vous pouvez sans crainte traverser la plaine, et vous aurez un compagnon, ce prêtre missionnaire, arrivé depuis peu, se dirige, haletant, vers mon humble maison.
ROBERT (/rès troublé).—TJe ne veux pas faire route avec cet homme! Retiens-le ici, empêche-le de me rejoindre au fort. Adieu !.. Adieu !... (77 sort précipitamment par le fond.)