‹ Le crime et la folie [electronic resource]Chapitre 9 sur 44 · Le juge Doe dans l'aflaire Pike · texte numérisé non relu

Le juge Doe dans l'aflaire Pike

LA LOI ET LA FOLIE 403 serait annulé; non parce que cette indication serait inexacte, mais simplement parce que la question de savoir si ces manifestations ont véritablement cette valeur, est un point de fait que le jury doit décider d'après les témoignages i. »

Les autres nations ne sont pas liées par un critérium de responsabilité si étroit et si mal fondé. Elles n'ont eu garde de vouloir définir rigoureusement les conditions de la responsabilité. Le Gode pénal français dit : « Il n'y a ni crime ni délit si le prévenu était en état de démence au temps de l'action. » Les statuts révisés de l'État de New-York déclarent que « aucun acte accompli par un individu en état d'insanité ne peut être puni comme un crime ou un délit. » Ces dispositions générales de la loi qui laisse sagement à décider de chaque cas, suivant les circonstances, peuvent fort bien être interprétées comme ayant pour but, si même elles ne l'ont en effet, d'excuser l'individu qui, partiellement fou., commet un crime sans liaison saisissable avec sa folie; qui, en fait et autant qu'on en peut juger, agit de la même manière et exactement d'après les mêmes motifs qu'un homme sensé. Car un fou n'est pas exempt des mauvaises passions ordinaires à la nature humaine; il peut agir par jalousie, par cupidité ou par vengeance. Est-il juste alors, lorsque, à en juger par ce que l'on voit, la passion à laquelle il obéit est indépendante du trouble de ses idées et de ses sentiments, et s'il a agi dans un but criminel, qu'il échappe au châtiment? Voilà réellement l'importante question qui continuera à embarrasser la justice, si l'on cesse de poser un critérium défini de responsabilité légale. Si l'on admet, en effet, qu'un fou échappe à la peine après avoir commis un crime avec toutes les apparences du discernement, la difficulté de décider si la maladie a influé ou

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