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LE CRIME ET LA DÉGÉNÉRESCENCE

Si le criminel n'est pas un fou, n'est-il pas du moins un dégénéré, un faible d'esprit? On sait que quelques médecins distingués, notamment M. le D' Morel (de Rouen), ont étudié les dégénérescences produites par l alcoolîsmeT Topium, les substances alimentaires altérées, les intoxications paludéennes, etc., et leur transmission des parenté aux* enfants, qui héritent ainsi de prédispositions morbides, sinon toujours identiques, du moins similaires. Ces prédispositions morbides conduisant tantôt à une maladie nerveuse, tantôt à une maladie mentale, tantôt à des actes criminels, on en a conclu que le crime était aussi, comme la folie, un cas de dégénérescence. Les dégénérés présentant des signes spéciaux de Tordre physique et de Tordre intellectuel et moral qui se retrouvent chez quelques criminels, on a fait rentrer le crime dans la classe des dégénérescences. Cette théorie est celle de M. le D' Maudsley, de M. le D' Bruce Thompson, de M. le D' David Nicholson, de MM. les D" Ch. Féré, Topinard et Motet qui couiprenriënt la crimînaiité dans la classe des dégénérescences. « Les impotents, les aliénés, criminels ou décadents de tout ordre, dCîT^ïil Slrô considères comme des déchets de Tada]pt'atîc)n,""(les invalides de la civilisation. Ils ne méritent ni haine ni colère (1). » M. le D' Moreau, de Tours, avait déjà dit que le génie est une névrose ; M. le D' Maudsley à son tour écrit que le crime est aussi une névrose, une infirmité, une maladie ou une dégénérescence. « La classe criminelle constitue une variété dégénérée ou morbide de Tespèce humaine, marquée par des caractères particuliers d'infériorité physique et mentale (2). «Pour M. leD' Motet, le criminel est aussi un infirme, un dégénéré (3).

(1) D"^ Féré, Dégénérescence et cnminalité, p. 103.

(2) D' Maudsley, le Crime et la Folie, p. 28.

(3) D' Motet, Annales médico-psychologiques, 1888, p. 16,

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