‹ Le crime et le suicide passionnelsChapitre 9 sur 34 · Acte IV, scène v · texte numérisé non relu

Acte IV, scène v

Je ne partage pas son avis, le besoin de vengeance chez une femme jalouse, orgueilleuse, méchanle. peut être assez violent et assez aveugle pour lui inspirer l'idée d'assurer sa vengeance par sa propre mort et de dire :

« Il est doux de périr après ses ennemis. »

Il faut, en outre se rappeler que Cléopàtre n'est pas seulement une femme vindicative, jalouse, orgueilleuse et ambitieuse, mais une mère asiatique, qui a fait élever ses enfants loin d'elle, et qu'elle ne les rappelle auprès d'elle que pour servir son ambition et sa colère.

Sans doute les femmes qui, pour se venger, ne reculent pas devant le meurtre de leurs enfants, sont des mères dénaturées, des furies. Mais si toutes les femmes ne sont pas des furies, il y en a parmi elles ; la soif de la vengeance allant jusqu'à la férocité est dans la nature féminine, ou plutôt dans certaines de ces natures. Médéc. Camille, Cléopàtre, reine de Syrie, Hermione, Roxanc sont des furies; elles le reconnaissent elles-mêmes, elles se donnent ce nom :

« Tu ne revois en moi qu'une amante offensée, « Qui comme une Furie attachée à tes pas « Te veut incessamment reprocher son trépas,

dit Camille dans Horace (acte IV, scène v). Roxane s'adressant à Bajazet lui dit aussi :

« Ne désespère pas une amante en furie... « Dans ton periide sang je puis tout expier.

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