‹ Le crime: étude socialeChapitre 24 sur 49 · DU REMORDS DBS CRIMINELS · texte numérisé non relu

DU REMORDS DBS CRIMINELS

moral ne peut comprimer à ce point la nature et ses penchants, lui faire trouver du plaisir dans un supplice infamant, la faire souffrir de tout ce qui lui épargne ou lui retarde un châtiment de plus. Mais de ce que d'autres sentiments se mêlent à celui du remords et en altèrent la pureté idéale, est-ce une raison pour le nier? Nous n'irons pas à Textrémité opposée. Nous ne dirons pas que le manque de remords est la règle pour tous ceux qui agissent mal. Nous ne dirons pas non plus que le remords est un simple sentiment de regret * . Le coupable qui se . repent accepte sa douleur même, il y voit un commencement de réparation ; il se dit que, si les circonstances dans lesquelles il a succombé se représentaient, il s'efforcerait d'être plus fort ; mais il désire qu'elles ne se représentent pas, car il se défie de sa faiblesse, et le repentir, pour être sincère, n'a pas besoin d'être orgueilleux. Le coupable, enfin, qui se repent, ne refuse pas la satisfaction de la réparation qu'on lui impose ; il la trouve juste et il souhaite sincèrement de pouvoir la donner. Voilà qui ajoute beaucoup au simple regret et le complète. Mais voilà aussi qui nous explique qu'il puisse y avoir un vrai remords et un vrai repentir chez les criminels, sans que ces derniers soient transformés subitement en hommes supérieurs à ceux qui les condamnent et à ceux qui les étudient,

1 Voyez Lévt-Bruhl, Vidée de la retponsabilité^ Paris, Hachette, p. 84, 89.

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