‹ (Le) criminel-type dans quelques formes graves de la criminalitéChapitre 3 sur 8 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Le vol simple

Le vol est le crime le plus commun et le plus difficile à corriger. L'esprit qui domine dans la vie actuelle est Tutilitarisme, et sa forme la plus forte est la tendance commerciale ou Tamour de la possession . La large extension de ce sentiment l'expose naturellement à des violations plus fréquentes, et c'est là peut-être une des principales raisons qui font du vol le crime le plus commun. Mais, contrairement à la plupart des infractions à la loi, le vol s'acquiert généralement très graduellement et pour cette raison c'est la forme la plus développée et la plus persistante du crime. Un voleur est presque toujours incorrigible, car il est continuellement exposé à la tentation, excepté en prison, et même dans ce dernier milieu, il conservera cette habitude.

Le voleur est presque constamment menteur, parce que c'est la méthode de défense la plus aisée et la plus pratique. Il est généralement généreux par nature, surtout

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avec Targeat des autres, et cette raison le rend toujours populaire dans le monde des prostituées. L'idée générale que le vol consiste à prendre ce qui ne nous appartient pas en donne une bonne définition.

Voici des observations de cas de vol habituel ou simple :

Observation I

Histoire de C..., d'après les rapports de la maison

de correction.

Entré le 25 juillet 1788, pour un vol simple (petit larceny); âge 11 ans; yeux marrons; vêtements en bon état.

Habite avec ses parents ; n'a jamais été dans un hospice; a été conduit au tribunal desimpie ipolice (police court) par ***.

Poids 34 kilogrammes, taille 1",371 ; cheveux châtains.

Education : lecture de deuxième classe ; deux ou trois arrestations antérieures pour vol et vagabondage; n'a jamais été dans un orphelinat mais dans une école de réforme; était il y a trois mois dans un asile catholique et employé à l'atelier de tricotage dans la première division.

Parents : Père irlandais catholique, adonné à la bois-

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son, travaillant dans lesdocks; B. ne sait pas si quelqu'un de sa famille a jamais été arrêté; ni beau-père, ni bellemère ; la famille se compose de deux fils et deux filles.

En juin 1889, taille 1482 millimètres, circonférence thoracique 723 millimètres.

En avril 1890 a été confié aux soins de sa mère. Le 21 juin 1890, a été réinterné par le tribunal de police pour un petit vol. Poids 41 kilogrammes, taille 1485 millimètres; vêtements en bon état.

Plaintes faites sur son compte le 14 mai 1888. — Dimanche dernier dans la matinée, a quitté son rang en sortant de la chapelle : n'a pas été en prison (avoue^ cas réservé).

21 mai. — A couru dans le préau avec deux autres , prisonniers, en criant et faisant tout le bruit possible ;

n'a pas voulu venir quand on l'appelait, a refusé d'aller à la parade; a continué à courir jusqu'à ce que je l'aie attrapé et enfermé (dimanche, avoue).

22 mai (Rapport du veilleur). — A fait du désordre dans le préau, a lancé des pierres à coups de pied contre les fenêtres du magasin pendant qu'il était à la parade (puni de cinq coups d'étrivières et d'une semaine de cachot, avoue).

23 mai. — Est entré avec d'autres garçons dans l'atelier de tricotage; les machines ont été dérangées, quelques objets ont disparu (cinq à dix coups d'étrivières, huit semaines de détention supplémentaire) .

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31 mai. — A jeté son châssis de fenêtre par la porte; a parlé souvent et occasionné du désordre (cinq coups d'étriviôresy une semaine de cachot, avoue).

4 juillet. — A fait du désordre dans le dortoir où il croyait qu'il n'y avait pas de surveillance (une semaine de détention supplémentaire).

15 juillet. — A fait du bruit et du désordre après qu'on a eu sifflé pour la parade; s'est précipité dans un endroit où il n'y avait pas de place pour lui, et quand on lui a dit d'aller ailleurs ne l'a fait qu'après qu'cfn a eu insisté, et a été alors très insolent; s'est aussi battu avec un autre enfant (avoue).

16 juillet. — Fait presque tous les jours du désordre dans la salle à toilette et la salle de classe (cinq coups d'étrivières).

21 juillet. — A quitté son dortoir pour aller dans un autre; fait ordinairement du désordre; impossible de le faire rester dans son dortoir (avoue).

26 juillet. — A parlé au réfectoire malgré des observations répétées (une semaine de cachot) .

5 août. — A parlé au réfectoire; le reconnaît et dit que c'était pour demander de l'eau à un autre garçon (averti défaire attention une autre fois).

28 août. — A saisi le plat de hachis et a refusé d'en

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laissé prendre aux autres enfants; n'a pas voulu se tenir droit (une semaine de cachot).

6 septembre. — A fait du désordre à la parade; a lutté corps à corps sur un banc du préau.

17 septembre. — A volé avec un autre enfant pendant qu'ils étaient à la parade.

18 septembre. — A donné des coups de pied à un de ses camarades (a fait des excuses et a été réprimandé).

\9 septembre. — A jeté son chapeau dans le dortoir et s'est couché dessus (réprimande).

Même jour. — A parlé à table et a pris des airs insolents.

21 septembre. — A juré dans le préau, pendant qu'il était dans l'escouade.

4 octobre. — A fait du désordre dans la salle, a jeté, de l'eau sur un autre garçon.

10 octobre. — A fait du désordre dans la salle (réprimande).

15 octobre. — Désordre et insolence grossière (réprimande).

17 octobre. - A été trouvé hors de son dortoir (enfermé) .

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31 octobre. — A jeté son savon dans le lavabo; prétend que ce n'est pas vrai.

5 novembre. — A fait des remarques et des gestes pendant que les filles traversaient la cour (une semaine de cachot).

15 novembre. — A parlé au souper (une semaine de cachot).

22 novembre- — A parlé de la parade dans la salle de toilette (une semaine de cachot).

25 novembre. — Insolence grossière et insubordination; a demandé un billet pour l'hôpital d'une manière impolie; est devenu très insolent quand on lui a dit d'attendre et de voir M. R. (puni des étrivières et d'une semaine de cachot).

15 décembre. — A parlé dans la salle d'école, après qu'on l'a eu averti (ie ne pas le faire (une semaine de cachot).

18 décembre. — N'a pas obéi au sifflet; crie et fait du bruit, fait constamment du désordre (puni des étrivières et d'une semaine de cachot).

20 décembre. — A uriné par la fenêtre à six heures et demie du matin; l'a déjà fait une fois auparavant, n'a pas fait ses besoins au cabinet (une semaine de cachot).

29 décembre. — Se met au lit avec ses habits et ses

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bas, ce qui lui avait été défendu; le reconnatt (une semaine de cachot).

Interrogé par l'auteur, il dit qu'il était resté ainsi habillé parce qu'il avait froid.

9 janvier 1889. — Parlé de la parade dans la salle à toilette, le reconnaît (deux semaines de cachot).

\b janvier. — A volé à l'enfant S. une paire de pantalons du costume n** 2 (quatre semaines de cachot).

\& janvier. — A été au lit avec ses habits, le reconnaît (deux semaines de cachot).

22 janvier. — Inattentionné à la parade (réprimande).

23 janvier. — Injures dans la salle de classe (huit semaines de cachot).

29 janvier. — A déchiré des couvertures dans le dortoir.

V^ février. — Injures dans la salle de classe (une semaine de cachot).

12 février. — Dit des grossièretés à un autre enfant dans les water-closets (réprimande).

16 février. — A volé des livres dans la salle de cours de M. R. (puni avec les étrivières).

30 mars. — A jeté du pain à la table de la salle à manger, le reconnaît (puni avec les étrivières).

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12 avril. — Fait du désordre dans les water-closets.

16 avril. — Fait des sottises avec un autre enfant (cas réservé).

22 avril. — Ne nettoie pas proprement.

28 ef 29 avril. — On a trouvé dans sa poche du tabac et quatre clefs, dont Tune s*adapte à la serrure de la chambre d'un employé où Ton a pénétré plusieurs fois et dérobé des objets (puni des étrivières).

2 mai. — N'était pas aux ordres dans les parades, et extrêmement insolent envers le commandant de la compagnie.

22 mai. — A quitté son travail sans permission et est venu dans le réfectoire de Thôpital (réprimande).

31 mai. — Fait du désordre dans les rangs quand les pensionnaires se rendent au dortoir, sort de sa pldce et devient insolent quand ou lui en fait Tobservation (cas réservé) .

17 jui?i. — N'a pas nettoyé proprement, le reconnaît (cas réservé).

2Djnin. — Désordre dans la parade en allant à Técole s'est amusé avec une balle (deux semaines de cachot).

26 Jtii?i. — A volé de l'argent et des aliments aux peintres de l'atelier (puni aux étrivières).

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27 juin. — A été dans un dortoir pour voler et surpris sous un lit, je lui ai dit de sortir, ce qu'il n'a pas voulu faire; le reconnaît, excepté l'intention de voler (trois semaines de cachot)..

5 octobre. — S'est suspendu dans la cour du réfectoire en cherchant à voler ; l'a fait une seconde fois après que je l'ai eu chassé, s'est enfui dans les bâtiments du Sud pour s'échapper, quand il a été découvert une seconde fois (cas réservé).

22 octobre. — Désordre à l'école (cas réservé).

24 octobre. — Il a été dans la salle de bain sans permission, le reconnaît (cas réservé).

23 janvier 1890. — A été dans un autre dortoir, le reconnaît (cas réservé).

30 janvier. — S'est mis au lit avec ses caleçons; déposé à terre, s'est montré très insolent et très injurieux ; a positivement refusé de faire ce qui lui était ordonné, le reconnaît (enfermé pendant une semaine).

28 février. — A fait beaucoup de désordre dans son dortoir, sifflait avec ses doigts.

29 août. — A parlé à table, a fait du désordre et des insolences.

2 septembre, -r- Très désordre, parlé à table.

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26 septembre. — A refusé d'aller chez le directeur qui le demandait; a j'ité une chaise au gardien en l'appelant s.... menteur.

27 septembre. — A été surpris au moment où il enlevait du mastic à des fenêtres récemment vitrées.

12 janvier 1891. — Insolent envers un gardien; lui a dit de fermer la porte et de s'en aller.

Il s'est évadé en escaladant la muraille et a été repris ; il a échappé à ceux qui le gardaient dans le dépôt, mais a été capturé une seconde fois. Placé en prison il réussit encore à se sauver; on le chercha dans tous les coins jusqu'à ce qu'un autre pensionnaire l'eût découvert tard dans la soirée au sommet d'un arbre. Après de nouvelles tentatives journalières d'évasion, il fut enfin transféré dans le pénitencier.

Témoignages du personnel de l'établissement

Le surveillant de la cour. — B... est un bon sujet; il s'entend très bien avec moi, je lui ai laissé porter un dimanche une de mes écharpes pour le récompenser. Il inspire assez souvent confiance aux enfants; il n'a volé que peu d'objets ; il ne semble pas aimer à s'éloigner de moi.

Le surveillant de la salle. — 11 entre parfois dans

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une chambre et vole sans qu'on s'en aperçoive; rarement je l'ai surpris dans ces occasions ; c'est un bon sujet pour le travail; quand il est mal disposé il a besoin d'aller ça et là, il quitte son travail, erre de côté et d'autre. Je l'ai eu sous ma surveillance pendant six ou huit mois; d'abord il me désobéissait, mais ensuite, en agissant un peu sur lui, je l'ai vu devenir meilleur, il aime à se battre. Je ne l'ai jamais vu crier; il apprend rapidement. Je l'ai surpris une fois volant des fèves.

Un instituteur. — Je l'ai eu comme élève une ou deux semaines; il était très paresseux, essayait de quitter son travail le plus qu'il pouvait, parlait beaucoup à ses camarades dans la classe, mais pas trop par derrière. Il a été une fois prendre des crayons en mine de plomb dans mon pupitre.

Un 2^ instituteur. — C'est un petit coquin, un enfant vicieux, qui ne me donne pas beaucoup plus d'ennui que ses autres camarades dans la classe. Une fois il se tourna de mon côté, refusant de cesser de parler et murmurant entre ses dents; je l'ai pris d'une main parle collet et quand je l'ai mis dehors, il m'a donné des coups de pied.

Un autre employé. — Tout le temps que je l'ai eu sous mes ordres, il ne m'a donné aucun ennui et ne m'a rien volé.

Un 3* instituteur. — Il a écrit à un de ses camarades une note sur moi et l'a signée du nom d'un élève que

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j'aimais beaucoup. Il essaye de voler quelque chose presque chaque jour. Je trouve toujours dans ses poches quelque chose qu'il m'a dérobé.

Un 4' instituteur. — Il a très souvent lassé ma patience, il est brillant et original, très entêté et volontaire, porté à prendre tout ce qui est à sa portée. Il n'a jamais fouillé dans mon pupitre, mais volé des objets à ses camarades et fait des mensonges à ce sujet; désagréable, menteur, maussade, on ne sait comment le traiter; batailleur, tout à fait indiscipliné, c'est un des plus mauvais élèves que j'aie eus. Jamais il n'a frappé un de ses camarades, par moment il est calme, jamai&je ne Tai vu crier. Je l'ai vu quelquefois très colère, sa face se congestionne alors. C'est un bon écolier. Il a quitté ma classe trois ou quatre semaines et depuis son retour sa conduite a été meilleure pendant les trois jours où je l'ai eu de nouveau comme élève; il ne parle pas beaucoup. En résumé, c'est un sujet brillant en apparence, mais entêté et audacieux.

Le veilleur. — En général, sa conduite est presque toujours mauvaise; il sort de son dortoir, jette des objets autour de la cour et pousse des cris; il est impudent et insolent, mais je ne soupçonne pas qu'il ait de mauvaises habitudes. Il se conduit grossièrement avec ses compagnons et les vole, ce qu'il reconnaît. Quand on le punit, je l'ai vu crier, il a alors un regard très sombre, mais jamais je ne l'ai vu crier dans d'autres circonstances. Je l'ai vu frapper de la main d'autres garçons; il est assez rare que ces sujets se frappent entre eux. Il n'est pas

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lâche^ quelques garçons ont peur de lui, mais lui n'a peur d'aucun d'eux, quelle que soit sa taille. Je Tai eu sous ma direction environ un an et demi^ il se mettait souvent au lit avec ses vêtements, parce que parfois il lui fallait attendre une demi-heure avant d'aller au cabinet d'aisance. Ses effets de nuit étaient plus nombreux que ceux de ses camarades, ce qui pouvait tenir à ce qu'il leur en avait dérobé. Il semble qu'il exerce une certaine surveillance sur ses camarades qui ne le détestent pas. Il se met en colère, ce qui les amuse, mais alors il les bat. Il a été une lois dans les appartements des employés, a ouvert avec son couteau un sac, y a pris quelques objets, mais a laissé une partie du contenu.

Le professeur de décoration et de peinture. — Jamais je lui ai vu rien prendre; quand on l'accusait, il l'a avoué, après un moment de silence: ses actions étaient délibérées et il ne voulait rien dire alors. On lui attribuait tous les vols qui se commettaient: il détestait que n'importe qui le questionnât. Quand je lui en parlais, il se récriait, probablement parce qu'il no voulait pas quitter mon atelier. Je l'ai eu sous ma direction environ huit mois; il peut faire un bon ouvrier, est très soigneux dans le mélange des couleurs, a du goût; il est lucide dans ses réponses, quand il connaît une chose, ne parle pas beaucoup, croît connaître tout ce qui existe en fait de méchanceté et de malignité; il a fait des progrès dans son travail. Au moment où il sait une chose, il lui arrive de la faire. Il ne m'a jamais rien dérobé, bien que cela lui fût aisé et n'a jamais essayé de se sauver.

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Vinstructeur militaire. — B... est un bon soldat par sa nature, mais un mauvais soldat par son indifférence; il n'a de Tenthousiasme pour rien. Je Fai puni deux ou trois fois. Il a plus de nerf et de courage que n'importe quel garçon que j'aie vu, bien que les punitions n'aient aucune action sur lui ; il les reçoit avec indifférence. La dernière fois seulement où je lui donnai sept coups, il me dit : « Oh ! Monsieur, laissez-moi partir et je ne recommencerai pas. » Au premier et au second coup, il avait nié sa faute, mais il Tavoua au 5* ou au 6*. Après cela, il me promit de ne pas voler, tint sa promesse pendant tout un mois et fut retiré de la compagnie de discipline. Il a une volonté indomptable et de l'enthousiasme si vous pouvez le toucher au point sensible. Je n'ai jamais eu de désagrément spécial avec lui; il n'a jamais été insolent à mon égard. Je l'ai vu recevoir des coups de fouet pour sauver, un autre enfant; il ne rapporte jamais sur ses camarades. C'est un garçon qui se sacrifierait pour vous faire plaisir.

L'aumônier : u II n'est pas religieux par nature ; le sens moral semble être mort chez lui. Il se conduit bien à la chapelle, donne régulièrement son nom pour la confession qui est volontaire. U a été dans la classe de préparation à la première communion, se privant ainsi deux jours par semaine de son temps de récréation pendant trois ou quatre mois, pour préparer ses leçons de catéchisme. Pendant qu'il était avec moi il se conduisait très bien ; mais volait quand il était loin ; il n'est pas très parleur même quand il est enfermé. Il se mettait à crier quand je rappelais mon petit ami et quand je faisais la réparti-

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tion des élèves. Il faisait de son mieux, étudiait son catéchisme avec zèle et demandait à un autre garçon de Taider quand il ne pouvait pas bien lire. C'a été un grand désappointement pour lui de ne pas réussir ; sa sincérité ne pouvait pas être soupçonnée en cela. »

Ix Directeur : « Je l'ai fouetté quatre ou cinq fois ; généralement il commence par nier ce qu'on lui reproche. Je ne punis jamais un pensionnaire à moins qu'il n'avoue, lui donnant quelques jours pour y réfléchir. Il me demandait de le fouetter au lieu de le mettre au cachot ; après un jour ou deux de réflexion, il avoue généralement ce qu'on lui reproche. Pendant qu'on le fouette, il a Tair très méchant, et crie constamment, probablement de colère, parce qu'après il reste triste et maussade . Je l'ai fait punir avec des étrivières, ce qui n'est pas l'usage. Quand il pénétra dans la chambre de l'employé, il le nia pendant six jours, criait, se disputait et était comme fou ; quand il est dans ce dernier état, il secoue la tôte d'une manière menaçante. Je Tai attrapé au moment où il courait de côté et d'autre, l'ai appelé au bureau et quand j'ai été le chercher, ai trouvé sur lui du bronze appartenant à M. D... ; comme j'appelais ce dernier pour constater le fait, B... dit : a J'espère bien que vous ne supposez pas que j'ai pris le bronze, » il se tenait debout et criait comme si on l'accusait à tort. Une nuit, il resta dehors sans en donner le motif. Lorsqu'un homme manque, cela peut faire tenir sur pied les gardiens toute la nuit; il vola quelque chose cette nuit, et dit qu'il n'avait voulu s'évader, ce qui était probablement vrai. »

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ENTREVUE DE l' AUTEUR AVEC B.

B... n'est pas causeur; il faut Tentralner graduellement dans la conversation. Voici ce qu'il nous dit :

<i J'ai 15 ans. A Tâgede cinq ans environ, quand j'allais à l'école des sœurs, j'ai volé du réglisse, et six semaines après j'étais arrêté par la police. J'ai une fois volé une course à Cleveland aller et retour, simplement pour mon plaisir ; ce jour-là j'ai fait une promenade sur l'eau et ai donné 15 centimes pour mon passage.

« J'ai été dans les écoles publiques; on avait l'habitude de me fouetter dans l'école catholique parce que je parlais, mon père l'a fait parce que je rentrais tard. Ce dernier n'est pas buveur, ma mère ne me maltraite pas.

« Suivant les plaintes des veilleurs de cet établissement, je regardais de côté et d'autre ; c'est vrai, mais je ne sais pas pourquoi je le fais. J'aime notre école et notre atelier de peinture. Je vole parce que quand je vois une choseyje sens que fax besoin de la prendre. Je prendrais plus facilement dix dollars ici qu'au dehors. Je me suis mis au lit avec mes vêtements, parce que j'avais froid. Je chique le tabac, je l'aime (il dit cela en criant et en sanglotant) ; on m'a fouetté ici, je le mérite, mais cela ne m'est pas profitable parce que le directeur ne me fouette pas assez fort. Mon père me faisait plus de mal en me fouettant avec une étrivière. On ne peut pas me faire faire, en me fouettant, une chose que je ne veux pas faire, et ainsi on a beau me fouetter, cela ne me fait

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aucun bien. Je veux me conduire ici le mieux que je pourrai, (nouveaux cris).

« J'ai un frère plus âgé que moi ; il n'a jamais été arrêté ; il est meilleur que moi, parce qu'il n'a pas envie de faire de mauvaises choses. Je suis entré dans la chambre d'un employé pour avoir du tabac pour chiquer, et ai pris un cigare; je n'avais pas d'autre but.

« Quand je sortirai d'ici je veux aller travailler. Je ne me rappelle pas avoir fait des plaisanteries aux filles et j'ai bonne mémoire. Chez mes parents j'avais l'habitude de rentrer à 9 ou 10 heures du soir et de sortir à 6 ou 7 heures du matin. Je restais dans notre hangar et ne rentrais pas dans la maison de crainte d'être fouetté. Trois fois seulement {c'est très doiitetix)/]^ suis resté dehors de crainte d'être fouetté. Je n'ai jamais rien volé autre chose que des confitures {également suspect). Ici je fais à peu près autant de mouvement que dehors. Quand j'étais à Claveland, je dormais dans les voitures pendant l'été. Personne ne m'a jamais frappé bien fort. Je ressens souvent le bien, certainement ! »

bxàmbn physique (par le médecin de l'institution)

Fonctions végétatives normales ; circulation bonne, respiration 16 par minute, digestion parfaite: pas d'anomalies .

Largeur du thorax de 27 1/2 à 30 pouces; largeur de la taille 25 pouces 1/2, largeur de la cuisse 16 pouces 1/2, du mollet 11 pouces 1/2; poids 89 livres.

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BJCAMBN ANTHROPOLOGIQUE

Nationalité irlandaise (de père et de mère); comme occupation, travaillé dans une fabrique de pots en métal. Coloration des yeux marron, coloration des cheveux noire.

Oreilles très projetées en avant ; tête asymétrique, le côté droit est beaucoup plus développé que le gauche à la région pariétale ; ses camarades Tont remarqué, il a de la peine à trouver des chapeaux. Sa taille est élancée.

Mesures crâniologiques en millimètres : Largeur de la tête 152, longueur de la glabelle à la protubérance occipitale 173, longueur maxima de la tête 173, largeur au-dessus des tragus 142, largeur entre les arcades zygomatiques 128 ; largeur entre les angles externes des orbites 110. Distance entre les angles externes des yeux 94 ; distance entre les angles internes des yeux 34. Largeur aux protubérances malaires 98, largeur des angles mandibulaires 95. Distance du menton à la racine des cheveux 145, largeur du menton à la racine du nez 99, largeur du menton à la base du nez 61, largeur du menton à la bouche 43, largeur du menton au tragus 113. Largeur du tragus à la racine du nez 101. Longueur de Toreille 64. Longueur du nez 46, hauteur du nez 38, élévation du nez 13, largeur du nez 23, largeur de la bouche 42. Epaisseur des lèvres 17. Circonférence horizontale de la tête 533, circonférence verticale de la tête 330, circonférence sagittale de la tête 304.

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CONCLUSION

B... reconnaît ordinairement tout ce qu'il a fait après qu'il a été fouetté ou qu'on lui en a parlé, et il plaide les circonstances atténuantes. Par moment il est vif et indécent. Quoiqu'il ne parle pas beaucoup, il se laisse aller à jurer et à dire des insolences quand il est excité et manifeste parfois de Torgueil de sa connaissance du mal. Il est sincère dans son désir d'être religieux, mais sa passion pour le vol est encore plus forte. Il éprouve des désirs pour les objets qu'il ne peut pas avoir et les dérobe dans ces conditions, surtout aux personnes qu'il n'aime pas. Il a des aptitudes, des facultés et de la ténacité, mais sa passion pour le vol en détermine la direction. Les influences héréditaires semblent être la base de cette passion pour le vol, cependant le milieu qui l'a entouré dès son enfance suffit pour l'expliquer dans une large part. Le fait qu'il a été dans ces derniers temps envoyé au pénitencier pour insubordination semblerait indiquer qu'il y a peu d'espoir qu'il se réforme. Il semble être un cas de ce qu'on peut appeler approximativement un pur voleur. On ne devrait jamais le lancer dans la société jusqu'à ce qu'on ait une certitude raisonnable qu'il ne volera pas ; car, à mesure qu'il grandira, son courage et sa ténacité pourront en faire un malfaiteur ou un voleur très dangereux. Il est possible mais peu probable que son impulsion au vol puisse être extirpée.

Au point de vue physique il est égal, sinon supérieur à la moyenne des jeunes garçons, et ne présente comme anomalie qu'une absence de symétrie à la partie postérieure du crâne.

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Observation II

Histoire db C... d'après les rapports de l'Institution

Le 5 septembre 1885, C. . ., âgé de 20 ans, a été reçu dans un établissement de réforme. Son crime était un grand vol au second degré (grand larceny in the second degreé).

Dans ses antécédents, ni folie» ni épilepsie, ni vie de dissipation. Il a reçu une bonne éducation dans une école publique et a fréquenté un établissement d'enseignement supérieur. Sa famille est dans une très bonne position; son père est un courtier en meubles ayant une fortune estimée à 80.000 dollars environ.

C... n'avait pas de papier sur lui; en juin 1886 on a découvert qu'il avait fait auparavant un séjour dans une autre institution ; il nia, mais le directeur de rétablissement en question reconnut sa photographie bien qu'il eût pris un autre nom. Dans ces conditions, C... reconnut qu'il avait menti, mais continua à nier qu'il eût pris un faux nom. Ce sujet prétendait qu'il avait toujours vécu dans sa famille jusqu'à son mariage qui avait eu lieu un an auparavant. Il disait qu'à l'école il n'avait appris que jusqu'aux fractions; comme profession, il se donnait pour typographe gagnant 12 dollars par semaine chez X et O, déclaration qui fut reconnue fausse. Quand à la religion, il avait subi les influences de son milieu, et

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faisait partie d'une église dont un de ses cousins et sa femme étaient membres.

Sa condition physique était excellente, ainsi que sa capacité mentale. Il semble ne pas avoir de susceptibilité morale, mais n'est pas incorrigible; peu de sensibilité. Il prétend qu'il est innocent et rétracte ce qu'il a avoué au tribunal. Il s'attend à avoir de la fortune par héritage, et n'a pas idée du besoin. Il a été sténographe.

Notes sur la conduite

10 octobre 1885. — A dérangé les livres de la bibliothèque et a répondu par des insultes quand on lui en a fait l'observation.

Même jour. — A pris le rapport fait contre lui par le bibliothécaire, dans le pupitre de M. N... et l'a déchiré.

Même jour. — A négligé trois fois différentes de se rendre à l'appel.

11 octobre. — N'était pas à la porte au moment de l'appel, même faute les deux jours suivants.

13 octobre. — Parle dans l'atelier.

Même jour. — Parle continuellement à l'école.

14 octobre. — A parlé à *** dans l'atelier.

19 octobre. — A parlé dans les rangs.

29 octobre. — N'a pas nettoyé et n'a pas retourné sa tasse.

60 FORMES GEAVBS DB LA. CEIMINALITB

Même jour. — A pris à l'atelier des outils qu'il a portés dans sa chambre.

19 novembre. — A donné des dessins à •••.

3 décembre. — N*a pas mis sa tasse dans le rayon qui lai est destiné.

13 décembre. — N'était pas à sa place dans les rangs.

14 décembre. — A jeté de sa chambre du papier sur la galerie.

16 décembre. — A refusé d'abord de donner à examiner ses cahiers.

17 décembre. — A sali les murs.

2 janvier 1886. — A parlé sans permission dans Tatelier de brossage.

4 janvier. — N'a pas mis son seau à sa place.

1 1 janvier. — N'a pas mis son seau à sa place. • 17 janvier. — A mis du pain dans son seau.

^janvier. — A nettoyé sans soin les chevalets. 11 février. — A appelé *** dans l'atelier.

17 février. — A peint les cases sans soin.

3 mars. — A mal balayé le sol carrelé.

11 mars. — N'éiait pas à la porte pour l'appel. 22 avril. — N'a pas mis sa servietie sur son rayon. 1 juin. — A mal travaillé.

CRIMINBLS-TYPES 61

10 ;wm. — A été des cabinets d'aisance à table et s'est assis sans permission.

22 juin. — A parlé à

29 )ui7i. — N'était pas à sa place dans les rangs.

4 août. — N'est pas attentif dans les rangs.

Même jour. — A mis un soulier sur une mauvaise forme.

6 août. — A mal travaillé.

12 aoiU. — A parlé à *** en sortant du réfectoire. 1" septembre. — A ri dans les rangs.

13 septembre. — A parlé à *** dans les rangs en traversant la cour.

15 septembre. — A continuellement ri et fait des folies dans les rangs.

6 octobre. — A laissé sans la fermer une porte de cellule dans laquelle était un homme.

14 octobre. — A envoyé une note sur le travail à *** au lieu de l'adresser au chef d'atelier.

15 octobre. — Etant sur la galerie, il parle à des hommes qui sont dans les pièces.

21 octobre. — Communique par des signes, rit à des hommes qui sont dans l'atelier.

7 novembre. — A négligé ce qu'il avait à faire pour aller écrire une lettre dans sa chambre où il est resté 25 minutes.

62 FORMBS QBAVB8 DB LA CBIMINALirÂ

26 novembre. — On a trouvé du pain dans son seau (cachot) .

2 décembre. — Sa serviette n'est pas dans sa case (quand C... était prisonnier sur parole, il faisait appela la famille d'un des pensionnaires, et en racontant une fausse histoire sur ces garçons se faisait donner un dollar dont il se servait pour aller jouer dans l'école de réforme).

3 Janvier 1887. — A parlé en revenant de la salle. 2 février. — A menacé de dénoncer *** (cachot).

4 mars . — N'était pas à son rang en sortant. 24 mars. — N'a pas mis son seau à sa place.

26 m^rs. — A parlé dans l'atelier.

29 mars. — A essayé d'empêcher des ouvriers défaire leur ouvrage en ne prêtant pas l'aide qu'on lui demandait.

4 avril. — A parlé dans l'atelier.

13 avril. — A parlé dans l'atelier.

27 avril. — A donné à un autre homme des coups dans les côtes par pure méchanceté.

29 avril. — A menti au directeur à propos d'un rapport de l'intérieur.

24 août. — A parlé au chef d'atelier sans permission.

2 septembre. — A laissé une bonne brosse dans le dépôt des résidus pour descendre au calorifère.

26 septembre. — A parlé dans le rang en allant à la cour des seaux.

LE CBIMINBL-TTPB 63

9 octobre, — Mâche aujourd'hui constamment et avec insolence quelque chose pendant le service.

2G novembre. — A demandé une permission et s'en est servi pour écrire une correspondance inconvenante.

21 janvier 1888. — Correspond avec un prisonnier libéré qui sij^^ne comme étant son frère.

22 janvier, — A emprunté une revue, a raturé le nom de celui auquel elle appartient pour y mettre le sien, afin de donner le change.

29 février. — Bon rapport.

31 mars. — Bon rapport.

6 avril. — A négligé de rendre compte de ses absences.

18 avril. — A été du magasin des fournitures à la salle du vernissage dans l'atelier du brossage.

IC mai. — A parlé sans permission au f rotteur.

26 mai. — A hésité à donner ce qu'il faisait quand on le lui a demandé.

28 mai. — A parlé au chef d'atelier sans permission.

2&juin. — A envoyé à *** une note sur du papier réglé.

1 7 juillet. — A parlé sans permission au chef d'atelier.

20 juillet. — A parlé sans permission au chef d'atelier.

21 juillet. — A troublé la marche en rang en comptant à faux ; a ri et plaisanté dans le rang.

V' août. — A parlé au chef d'atelier.

61 FORMES GRAYBS DB LA CRIMlNÂLlTli

20 août. A troublé le réfectoire en causant tout fort à table.

22 septembre. — N'a pas fait convenablement son rapport.

10 octobre. — N'a pas mis ses pantalons dans leur rayon .

2Q octobre. — A laissé brûler la lumière pour aller

#*• voir .

29 décembre. — Négligence de devoir; a fait signe à la musique de cesser de jouer avant que les compagnies fussent dans la salle et a fait marcher ses hommes en tête ce qui a forcé les autres capitaines de s'arrêter.

\) janvier 1889. — N'a pas mis ses balais dans leur case.

\2 janvier. — A troublé la salle en parlant fort dans sa chambre.

\Q janvier. — A fait la même chose.

20 janvier. — A pris un livre sans la permission et à l'insu du bibliothécaire.

24 mai. — S'est servi du papier des waters-closets pour écrire au directeur.

12 juin. — A écrit à l'instituteur une note personnelle contraire à la règle.

Même jour. — S'est servi de mauvais papier pour écrire une note.

7 juillet. — S'est levé avant le signal.

7 aoùl. — A parlé à *** dans l'atelier.

CRIMIKELS-TTPBS 65

15 août. — A parlé sans permission.

En septembre. — Bons rapports.

18 octobre. — A parlé à *** sans permission pendant le travail

12 octobre. — A exécuté un faux commandement à rexercice.

4 novembre. — A pris dans un atelier où il ne travaillait pas une paire de souliers de première marque nouvellement faits et les a portés sans permission.

18 novembre. — N'a pas nettoyé le parquet,

31 décembre. — Est descendu dans la troisième classe. Janvier 1890. — Y reste.

8 février. — Est tout à fait hors de l'alignement.

19 février. — Porte son chapeau sur le côté.

26 février. — Parle à 28 février. — Baille dans Tatelier.

31 m^rs. — Très bon rapport.

^ avril. — Inattentif à l'exercice; lent dans les manœuvres.

15 avril. — A un morceau de savon d'ivoire végétal dans sa case.

30 mai. — Inattention à l'école.

4 juin. — Inattention à l'exercice, lent dans les

66 FORMES OEAVES DB LA CEIlflNALITÉ

manœurres. Le directeur ne Ta pas touetié parce que ce serait une punition et non une réforme.

31 juillet. — Pas de rapport.

31 a^ût. — Pas de rapport.

1*' septembre. — A été promu au premier grade supérieur.

24 septembre. — Libéré à Texpiration de la fin de sa peine.

^ juin 1891. — Rien de nouveau sur C...; ses rapports ont été parfaits depuis juillet jusqu'à la date de sa sortie. On a su indirectement que depuis sa sortie il a paru dans les rues de la ville et parait gagner sa vie par son intelligence.

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