CLINIQUE
En se plaçant sur le plan de la clinique, la présence d’un petit nombre d’oxyures est habituellement bien tolérée par l’organisme et passe inapercue. Ce n'est alors que la découverte de vers dans les selles qui fait porter le diagnostic. Cependant par suite de l’auto-infestation, surtout chez l'enfant, la parasitose est dans la règle toujours considérable et entraîne des manifestations cliniques polymorphes et variées qu’on ne peut que passer successivement en revue sans décrire un tableau unique d’oxyurose.
La manifestation clinique la plus fréquente et la plus caractéristique est le prurit anal. Symptôme le plus constant, il peut cependant parfois manquer. D'intensité variable, c’est une démangeaison qui peut être insupportable, très douloureuse, obligeant à des grattages violents, intempestifs, sans aucun ménagement, le prurit augmentant avec les lésions de grattage consécutives aux frottements continuels que le malade ne peut s'empêcher de pratiquer au niveau de l'anus. Ces crises prurigineuses durent parfois plusieurs heures, puis le prurit diminue peu à peu et
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finit par disparaître. Les accès présentent une périodicité remarquable, souvent en rapport avec les périodes lunaires, variable chez les divers individus, mais identique chez le même sujet. Le plus souvent c’est le soir, au moment de se coucher, que survient le .prurit. On a cherché à modifier son horaire en changeant l'heure des repas ou des selles, ou attribuant son apparition à la chaleur du lit en variant l'heure du coucher : ces essais ont échoué. D'ailleurs, ces accès prurigineux peuvent survenir à n'importe quelle heure de la journée. Si la périodicité remarquable du prurit ne peut encore être attribuée à aucune cause définie, tous les auteurs sont unanimes sur Son mécanisme : ce sont les vers eux-mêmes qui, par leurs mouvements incessants et par les morsures qu'ils font subir à la muqueuse, en sont les facteurs déterminants. La muqueuse rouge, tuméfiée, congéstionnée, excoriée par le grattage, présentant un piqueté hémorragique dû aux morsures des vers en est la preuve. Elle est en outre recouverte d’un mucus épais et parfois sanguinolent qui renferme des oxyures et de nombreux œufs.
Ces lésions peuvent ne pas être strictement localisées à la muqueuse anale. On peut les observer au cours d’un examen rectoscopique sur la muqueuse rectale. Il en résulte alors un véritable catarrhe du gros intestin qui se traduira par des selles molles, parfois diarrhéiques, contenant des mucosités, quelquefois des stries sanglantes et où un examen coprologique mettra en évidence des oxyures et leurs œufs.