‹ Le cristal violet dans le traitement de l’oxyuroseChapitre 13 sur 20 · E— | UE · texte numérisé non relu

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Troubles intestinaux. — Ils revêtent le type de coliques passagères mal localisées, s’accompagnant d’évacuations catarrhales où on peut trouver des oxyures en très grande quantité. Ces colites et ces entéro-colites sont suivies d’anorexie et d’appétit capricieux, d’amaigrissement ou de fièvre, tous signes qu’on ne peut attribuer à leur véritable cause, si l’on ne pense pas à pratiquer un examen coprologique minutieux.

La présence d’un grand nombre de vers dans le rectum peut être à l’origine d’une rectite se manifestant comme un syndrome dysentériforme survenant par crise et ne cessant qu'avec l’expulsion des parasites.

Appendicite à oxyures. — Depuis longtemps on a déjà à plusieurs reprises attiré l’attention sur les relations qui existaient entre l’oxyure et l’appendice. Brumpt et Rheinhardt considèrent \ces relations comme établies, d’autres auteurs les contestent. Schwartz et Straub, de Rotterdam, procédant à l’examen de 36 appendices enlevés chirurgicalement, trouvent 22 fois des lésions certainement dues aux oxyures et, pour ces auteurs, on ne peut considérer les oxyures comme des vers inoffensifs de l’appendice.

. Les troubles nerveux de l’oxyurose sont nombreux et très variables.

— Le prurit nasal est l’un des plus fréquents. On ne peut le faire cesser que si l’on agit sur le para-

ou

site. Il paraît être d’origine toxique, car il n’a rigoureusement rien à voir avec la présence d’oxyures

localement.

— L'incontinence d’urines nocturne se rencontre

également souvent.

— Les grincements de dents sont chez l'enfant d'une constance remarquable.

— Les terreurs nocturnes semblent, à côté d’un nervosisme héréditaire, favorisées volontiers par la

parasitose.

— Les troubles psychiques se manifestent surtout à l’âge scolaire : ce sont des modifications du caractère, des défauts d'attention, de la dissipation.

— Certains enfants parasités ont présenté des convulsions, des mouvements choréiques, des tremblements et des vertiges.

— On a parlé de crises épileptiformes chez ces malades. Robert Deschiens, en 1935, a eu l’occasion, chez un chimpanzé infesté, de voir des crises d’épilepsie survenir périodiquement, ces périodes correspondant à la migration des femelles d’oxyures vers l'anus.

L’oxyure est plus rarement à l’origine de certains troubles génitaux : chez les garçons, fréquents sont les élancements douloureux irradiant de la base de la verge à l'extrémité du sland. Ils provoquent des érections suivies de pertes séminales, ne se calmant que

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par le tiraillement répété du prépuce, entraînant chez ces enfants la pratique de la masturbation ; chez la fille, on observe cliniquement des phénomènes inflammatoires de la vulve et du vagin, réalisant la vulvovaginite des petites filles. Le prurit vulvaire peut être considérable et là encore être la cause d’onanisme et de différents troubles réflexes tels que l’aménorrhée et la dysménorrhée,

Enfin, des manifestations cutanées peuvént se rencontrer chez les malades fortement parasités. Le prurit, par les grattages intempestifs qu’il occasionne au niveau du périnée, du scrotum, du sillon génitocrural, est la cause déterminante d’inflammation et de lésions d’eczéma intertrigineux. L’épiderme est humide et macéré. On peut y voir des femelles d’oxyures, et si on racle la surface de cés lésions avec une spatule, on trouve souvent au microscope des œufs en grande quantité.

A côté de ces lésions d’origine traumatique, on rencontre assez souvent des éruptions diverses, de type urticarien le plus souvent.

Enfin, il faut savoir que les oxyures peuvent émigrer et se rencontrer dans divers organes où ils sont la plupart du temps méconnus. On a signalé leur présence dans l’estomac, l’œsophage, la bouche, les fosses nasales et même la vessie. Ces localisations extra-

intestinales sont d’ailleurs exceptionnelles.

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En ne tenant compte que de l’oxyurose intestinale,

cilest important de distinguer deux cas qui diffèrent

du double point de vue clinique et thérapeutique :

— Dans le premier cas, le malade parasité accuse des troubles divers, au premier rang desquels se place le prurit anal depuis des mois et parfois des années, et expulse à chacune de ses selles un ou plusieurs Vers : c'est l’oxyurose chronique ou permanente.

— Dans le second cas, au contraire, la gêne fonc-

tionnelle et l’expulsion des vers ne surviennent que

périodiquement mais régulièrement tous les mois, ne durent que quelques jours et correspondent souvent au changement de lune : c’est loxyurose intermit-

tentes: 2 an de

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Les différentes thérapeutiques

avant le violet de Gentiane

Les multiples thérapeutiques qui ont été préconisées contre l’oxyurose se montrent, il faut bien le dire, particulièrement décevantes. Dans tous les cas, on retrouve toujours les mêmes inconvénients majeurs. |

Et d’abord, le résultat obtenu est le plus généralement incomplet et transitoire. Evidemment les malades sont améliorés, mais cette amélioration n’est le plus souvent qu'éphémère, correspondant aux périodes de calme qui existent habituellement entre deux pontes successives et pendant lesquelles les oxyures disparaissent plus ou moins complètement des selles, en même temps que s’amendent le prurit . anal et les phénomènes généraux.

Mais qu’il persiste quelques parasites dans les parties hautes du grêle et surtout au niveau de sa terminaison, ou qu’une nouvelle contamination se produise, et tous les symptômes vont réapparaître à l’occasion d’une nouvelle ponte.

Et on ne peut prévenir cette récidive avec les médicaments habituels. Pourtant ils sont multiples. D’ail-

"age

leurs, la multiplicité même des produits utilisés pour combattre le parasite est une preuve de leur effica-

cité douteuse.

Le semen-contra ou la santonine qui en dérive sont les deux médicaments le plus volontiers employés en pratique contre l’oxyurose ; on leur associe habituellement du calomel. Les résultats sont variables, maïs l'inconvénient de la santonine est d’être quelquefois mal tolérée. On peut observer cliniquement des coliques, des vomissements, des vertiges, des syncopes, des convulsions, dé la céphalée, quelquefois un syn-

drome méningitique, de la xanthopsie.

Le thymol, très préconisé par certains auteurs, impose des conditions d’alimentation et de boisson dont la méconnaissance peut avoir de graves consé-

quences.

Le carbonate de bismuth, préconisé par Loeper, est inoffensif, mais son application doit être longue et patiente. Sa disparition actuelle du marché supprime un des produits qui agissaient le mieux sur le ver.

— Le. butolan, qui passe en Allemagne pour un oxyuricide souverain, a l’avantage d’être absolument inoffensif aux doses thérapeutiques.

Les pyréthrines, très toxiques pour les animaux à sang froid, ne le sont rigoureusement pas pour les homéothermes. Elles seraient un parasiticide polyvalent absolument inoffensif même chez le très jeune enfant. Mais les échecs sont fréquents, que Fon explique par la neutralisation du produit par le

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mucus intestinal abondamment secrété par les entéritiques.

L’essence de chénopodium a été utilisée en Amérique surtout. Son action, surtout remarquable sur l’ascaris et l’ankylostome, est faible sur l’oxyure. De plus, c’est un médicament toxique ; un produit impur peut donner des empoisonnements mortels. À doses élevées on observe des vertiges et des nausées, quelquefois des troubles de la vue et surtout de la surdité avec vertiges labyrinthiques.

On a employé encore d’autres médicaments, tels que le benzo-méta-crésol ou crésentyl, le stovarsol, Le calomel, la naphtaline, l’essence de thérébentine, le chloroforme, la mousse de Corse, les graines de courge, le soufre pulvérisé.

Enfin, nous citerons la petite action que paraît avoir l'acide cholalique.

Les soins locaux à l’aide de pommades les plus diverses, de lavements sulfureux... sont utiles pour lutter contre les troubles fonctionnels pénibles, maïs sont naturellement impuissants pour atteindre les parasites dans leur localisation haute.

Cette résistance si particulière dés oxyures à la thérapeutique n’est pas cependant le seul écueil rencontré. On retrouve dans ces traitements si divers les inconvénients généraux de tous les vermifuges basés sur l’action toxique du médicament, car cette toxicité devient facilement nuisible au malade lui-même.

Connaissant parfaitement les accidents généraux

susceptibles de survenir, on peut le plus souvent aisé-

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ment les éviter, bien que chez l’enfant ils sont quelquefois difficiles à prévoir.

Mais par contre on observe fréquemment l’action fâcheuse de ces substances sur le tube digestif et le foie. Il faut en effet insister sur le fait que les sujets parasités sont souvent des déficients digestifs ou hépatiques, ont toujours un intestin et un foie fragiles, et même sont parfois des insuffisants hépatiques ou des entéropathes véritables.

On conçoit aisément alors combien les substances irritantes ingérées peuvent être nuisibles, d’autant que leur efficacité imparfaite oblige à les employer longtemps ou tout au moins à les répéter. Le résultat sera l’aggravation des troubles préexistants sans débarrasser le malade de ses parasites. É

Ces constatations avaient amené M. Villaret et R. Cachera, en 1930, à préconiser les modifications du terrain dont la déficience serait la cause de la pullulation des parasites et ils conseillaient pour cela l’ingestion d’extraits gastriques, entéro-pancréatiques, hépatiques et biliaires. Mais si ces auteurs obtenaient souvent une amélioration du côté intestinal ou hépatique, la plupart du temps l’oxyurose persistait et le but n’était pas atteint.

Un nouveau médicament

Le violet de Gentiane

Devant les déceptions toujours renouvelées des différentes thérapeutiques auxquelles loxyurose se montrait toujours rebelle, Wright et Brady préconisèrent l’utilisation d’un dérivé du triphényl-méthane:

le violet de gentiane.

Dans un article du « J. A, M. A. » de mars 1940, ces

auteurs livrent le résultat de leurs expériences.

Un bon médicament contre les oxyures doit remplir certaines conditions. Il doit pouvoir être donné à doses répétées pendant un certain temps, donc ne pas être toxique. Il doit être suffisamment efficace, d’un prix raisonnable et enfin de nature à être aisément administré et utilisé avec un minimum de gêne dans les familles nombreuses où beaucoup de mem-

bres sont atteints.

Aucune des méthodes classiques ne satisfaisant ces conditions, Wright et Brady sont amenés à penser au violet de gentiane, un des rares antiparasitaires qui peut être donné sans danger plusieurs jours de

suite pendant longtemps.

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Avant eux, Young et Hill semblent avoir été les premiers à utiliser le violet de gentiane pour le traitement des septicémies et des infections locales, à la dose de 5 à 7 mgr. par kilo par voie intraveineuse.

Plus tard, Faust et Yao l’emploient par voies buccale et intraveineuse contre le clonorchis sinensis et le considèrent comme spécifique des Douves, tandis que Langen, en 1928, le faisait, spécifique des Strongles.

Expérimentant sur 224 malades, Wright et Brady donnent par jour, avant chacun des trois repas, deux pilules enrobées de 32 mgr. chacune de violet de gentiane pendant huit jours ; font arrêter le traitement une semaine et represcrivent une deuxième cure de huit jours.

Pour les enfants, ces auteurs font prendre 10 mgr. par année d’âge apparent et non réel.

Les résultats qu’ils obtiennent leur font conclure que le médicament est d’une efficacité nettement supérieure à celle des autres anthelminthiques et surtout d’un maniement beaucoup plus simple.

Leurs statistiques portent 80 à 90 % de résultats favorables.

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