PORTRAITS DES AVOCATS
On a dû remarquer à l’ouverture de la cause Guibord, la différence d’âge, de talent et d’opinions des savants avocats chargés de la plaider.
Une cause si émouvante, si pleine de questions brûlantes devait naturellement jeter ces hommes dans une mêlée ardente, dans une lutte acharnée. Des passions longtemps contenues, des haines et des rancunes avec peine comprimées avaient trouvé le champ de bataille qu’elles cherchaient. L’inhumation de Guibord.
a été le prétexte et l’occasion plutôt que la cause de cette lutte ; il y avait au-dessus de cette dépouille mortelle autour de laquelle on s’acharnait, un principe, un drapeau. Les com-
AFFAIRE GUIBORD
battants étaient, d’un côté, l’autorité religieuse revendiquant son indépendance en matières religieuses et le droit d’infliger les peines canoniques à ceux qui lui désobéissent ; de l’autre, une société d’hommes instruits qui prétendaient avoir le droit de s’insurger contre ces peines, d’en faire décréter la « nullité » et 1’ « injustice » par les tribunaux civils.
C’est M. Laflamme qui ouvrit le feu.