‹ Le cuirassier blancChapitre 10 sur 11 · NOBLE DAME SAV1LIA · texte numérisé non relu

NOBLE DAME SAV1LIA

Une femme, pourtant, avait pitié du comte ; c'était la camériste de Savilia. Ses yeux, plus d'une fois, avaient avoué au prisonnier combien elle trouvait atroce le jeu de sa maîtresse. Un jour, il put l'entretenir ; et comme elle était vieille et cupide, ce fut des paroles d'argent qu'il employa.

Elle se mit en rapport avec les parents de Giudice : on lui promit une forte somme. Mais le château était imprenable par coup de force ; plusieurs attaques pour reprendre le comte avaient échoué. Aussi la camériste s'empara des clefs d'un passage souterrain; et un soir de fête, qu'elle avait enivré les soldats, les partisans d'Istria se ruèrent dans la place. Savilia, à la tète des siens, se défendit en perdue ; mais le comte Giudice délivré apparut au fond de la salie. Aussitôt elle sentit passer la mort et ne résista plus. Tous ses parents furent massacrés sous ses yeux ; cette boucherie éclaboussa de sang sa robe, et il coulait sous ses pieds comme du vin rouge répandu.

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