NOBLE DAME SAVILIA H
prières ; et elle murmurait, agenouillée, les répons et les Amen. Mais son esprit n'y était point, car des chauves-souris, attirées par la lumière, voltigeaient autour de sa coiffe, qu'elles frôlaient, comme des âmes en peine.
Des torches rouges soudain parurent, tout en bas de la montagne ; elles disparaissaient à l'angle des rochers, puis flamboyaient à nouveau ; elles éclairaient un lent cortège. C'étaient les gens du château ; en tête, l'oncle et les frères du comte ; derrière, treize parents et cousins de la comtesse. Ils portaient un homme. Et Savilia, descendue en hâte au pont-levis, reconnut son mari, tué par surprise, dans une rencontre avec les soldats de Giudice. Le sang coulait de sa poitrine ; une écume mouillait ses lèvres. De très beau qu'il était, avec de grands yeux doux, il apparaissait effroyable, le regard vitreux, retroussant ses dents blanches, comme un loup mort !
Le désespoir de la comtesse fut extrême, ainsi qu'il se devait. Elle s'arracha, avec des pleurs et de grands cris, ses beaux cheveux. Elle resta