PROPRIETES CHIMIQUES DU CUIVRE
Les combinaisons cuivreuses sont peu stables et se transforment facilement en combinaisons cuivriques. On ne connaît que l'oxyde, Cu'^O, le chlorure, Cu^Cl, le bromure, Cu^Br, Tiodure, Cu^I, et le sulfure, Cu^S.
Les sels cuivriques sont, au contraire, très nombreux. Us ont une belle couleur verte ou bleue, et présentent les caractères suivants :
L*bydrogène sulfuré et le sulfhydrate d'ammoniaque donnent, avec les sels cuivriques, un précipité noir de sulfure cuivrique, facilement soluble dans l'acide azotique chaud; la potasse, la soude et les carbonates alcalins donnent un précipité bleu, insoluble dans un eicès de réactif, et se transformant par l'ébuUition en oxyde noir anhydre ; l'ammoniaque donne un précipité bleu, qui se redissout dans un excès de réactif en don • nant une belle coloration bleue.
Le ferrocyanure de potassium précipite les sels de cuivre en brun marron; cette réaction est très sensible et permet de déceler des traces de cuivre. Au chalumeau, les composés du cuivre colorent la flamme en vert ou en vert bleuâtre.
Chauffés seuls, ou mieux encore avec du carbonate de soude, ils sont réduits, mais le cuivre est difficile à fondre. Lorsqu'on les fond avec du borax, ils donnent au feu de réduction des perles verdâtres à chaud, opaques et rouges à froid. Les perles formées au feu d'oxydation sont vertes à chaud et bleues à froid.
L'industrie fait une grande consommation des sels
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cuivre. Le sulfate de cuivre, en particulier, fait l'objet d'un commerce important ; on l'applique en grand pour combattre les maladies de la vigne, pour chauler le blé, pour produire le noir, le violet et le lilas dans la teinture, pour bronzer et cuivrer le fer, et pour exécuter les reproductions galvanoplastiques.
La consommation totale de sulfate en France, dépasse 60.000 tonnes par an. On le fabrique surtout en lessi* vant les résidus de grillage de minerais pyriteux, ou en traitant par l'acide sulfurique des déchets de cuivre. L'affinage des matières d'or et d'argent en produit également de grandes quantités.
Comme autres sels de cuivre, nous citerons :
Le vert de Brunswick (oxychlorure CuCPf 'SCuO 4- iWO) employé en peinture, qu'on prépare en humectant des feuilles de cuivre avec une solution de chlorhydrate d'ammoniaque, et en les abandonnant au contact de l'air ; elles se couvrent lentement d'une croûte verte d'oxychlorure ;
L'i vert de Mitis ou vert de Paul Véronêse (arséniate, CuAsO^, CuOH)^ qu'on emploie dans la peinture à l'huile;
Le vert de Scheele (arsénite, CuAsG^) qu'on obtient en faisant agir de l'arsénite de potasse sur le sulfate de cuivre, et le vert de Schweinfurth, qu'on prépare en ajoutant à Tarsénite, récemment précipité, une certaine proportion d'acide acétique.
La cendre bleue (carbonate bibasique, 2Co^Cut
CuCPlP), couleur bleue obtenue par le broyage du carbonate naturel ou azurite ;
La cendre bletœ artificielle, préparée en Angleterre par des procédés artificiels, tenus secrets, et très employée autrefois pour la fabrication des papiers peints, avant que l'outremer artificiel ne fût descendu k bas prix.
Les couleurs de cuivre arsenicales sont très vénéneuses. Leur emploi est dangereux ; le maniement des étoffes coloriées avec ces substances, l'habitation dans des appartements ornés de papiers teints avec des couleurs arsenicales, ont donné lieu à de nombreux accidents. Non seulement les poussières arsenicales sont absorbées par les voies respiratoires, mais encore, sous Tinfluence de l'humidité et des matières organiques, elles peuvent donner naissance à un dégagement d'hydrogène arsénié, dont l'action sur l'organisme est des plus funestes.
Lorsqu'on veut faire une analyse rigoureusement exacte des cuivres du commerce ou de leurs alliages, on dose le métal à l'état de sulfure. Cette méthode est assez longue et ne peut s'appliquer dans les mines et usines, où il est nécessaire de faire le dosage journalier des différents produits cuivreux. On emploie dans ce cas les méthodes de dosages électroly tiques, qui offrent une précision largement suffisante pour les usages pratiques.
Dosage électrolytique du cuivre. — La méthode de dosage électrolytique qu'on emploie généralement en France est due à M. Riche ^ Elle consiste à soumettre à l'électrolyse la dissolution obtenue en traitant le corps à analyser par Tacide azotique.
On peut doser ainsi dans le même liquide Targent, le plomb et le cuivre.
On attaque à chaud 1 gramme de métal dans une petite fiole à fond plat par de Tacide azotique, étendu de deux fois son poids d'eau. On décante le liquide dans un ballon de 100 centimètres cubes, on lave à plusieurs reprises la fiole avec de Teau et on complète exactement le volume du ballon, après ravoir refroidi à 15 degrés avec de Teau. On prélève ensuite avec une pipette graduée, 30 à 40 centimètres cubes du liquide, qu'on soumet à rélectrolyse. L'appareil dont on se sert pour l'électrolyse se compose d'un creuset de platine de la dimension usuellement employée dans les laboratoires, et d'une lame de platine. Cette lame est disposée en tronc de cône, ouvert aux deux extrémités, et reproduit sensiblement la forme du creuset dans lequel elle doit être suspendue (fig. 24); elle est mise en communication avec le pôle négatif et le creuset avec le pôle positif d'une pile Bunsen. Le cône porte deux ou trois ouvertures longitudinales de petite dimension, grâce auxquelles le liquide reste
* A. Riche et Géli», VArt de Vmayeur^ Pari», J.-B. Baillièro et fili.