‹ Le cuivreChapitre 157 sur 175 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Tréûlcrie. — Usine de M. Lazare Weiller, à Angoulémc. Conductibilité du cuivre et de ses alliages.

Le cuivre est doué d'une haute conductibilité électrique, aussi est-il universellement employé pour le transport de l'électricité. On l'utilise sous forme de fils ou d'assemblage de fils, soit nus, soit protégés par une enveloppe isolante. Grâce au développement croissant des canalisations électriques, la tréfllerie, qui est l'art de fabriquer les fils, consomme actuellement une grande partie du cuivre produit dans le monde.

L'invention de la tréfilerie est très ancienne; elle était connue des Egyptiens, et des découvertes récentes permettent d'affirmer qu'on en faisait usage dix-sept cents ans avant Jésus-Christ; on peut voir, au musée de Eensington à Londres, des fils fabriqués à Ninive huit

Weiss, Le Cuivre. 1^

cents ans avant notre ère. A Herculanum et k Pompèi, on a même trouvé des têtes en métal avec chevelures en fils. Mais pendant toute l'antiquité, la fabrication des flls était du domaine de la bijouterie et non de l'industrie.

Pendant le moyen âge, aucun progrès ne se révèle daosla tréSlerie,etcen'est que vers la flndu zv* siècle, qu'oD trouve, notamment dans les annales de Nuremberg et d'Augsbourg, des allusions à la fabrication des fils obtenus en forgeant le métal dans le district de Senne. La première tréfilerie fut créée à Nuremberg par Rudolf, et il semble que cette industrie naissante, qui ne s'appliquait qu'à l'or, k l'argent et au cuivre, avait déjà acquis un certain degré de perfectionnement. Vers la même époque, des ateliers s'installaient en France et en Angleterre.

En France, ce fut Richard d'Archal, qui, vers le début duxvi' siècle, eut la plus grande réputation detréfileur. Il jouissait d'un privilège, et de nos jours certains fils portent encore son nom (fils d'Archal). En Angleterre, l'étirage & la main était pratiqué en i558, au moment où la reine Elisabeth monta sur le trône ; ce fut elle qui fit venir d'Allemage des ouvriers, qui inventèrent l'étirage ù la machine. Ces ouvriers, nommés Schultz et Caleb Dell, furent en Angleterre les créateurs de cette industrie, qui reçut une grande impulsion en 1630, après que Charles T'eut interdit l'importation des âls ■^^angers ; elle ne cessa de prospérer depuis.

Le plus ancien vulgarisateur de la tréâlerie en France fut un industriel nommé Mouchel, dont les descendants ont de père en fils exercé la même profession. La maison Mouchel, aujourd'hui dirigée par M. J.-O. Mouchel, jouit d'une grande réputation. Au début, les Mouchel n'avaient pas d'usines et faisaient fabriquer dans les campagnes. En 1768, Jean-Baptiste Mouchel acheta l'établissement de Boisthorel. A partir de ce moment, les affaires de la maison prirent une grande importance ; mais ce n'est que vers 1824, que Pierre Mouchel, au lieu de retréfller simplement les fils achetés en Normandie, en Allemagne et en Suède, installa des fonderies et des laminoirs pour fabriquer de toutes pièces le laiton, dont il avait besoin.

Actuellement, il existe en France de nombreuses tréfîleries. La plus importante est celle de M. Lazare Weiller, à Angoulème, qui fabrique tous les ans d'énormes quantités de fils de cuivre, de bronze et de laiton, destinés aux usages électriques et à la fabrication des toiles métalliques.

En Angleterre, c'est dans la région de Birmingham et dans le district de Warrington, que se trouvent les principales tréflleries, parmi lesquelles il faut citer la Phosphor Bronze Company, qui a donné une vive impulsion au tréfilage du cuivre et de ses alliages.

En Allemagne, le fondateur de l'industrie de la tréfllerie fut Felten, qui établit en 1750, près de Cologne, une usine considérable ^ que dirigent encore ses successeurs.

Usine de M. Weiller, a Anqoulême. — Les figures 90, 91 et 92 représentent les différentes phases de la fabrication des fils à Tusine de M. Lazare Weiller» à Ângoulême. Cette usine, créée de toutes pièces I il y a quelques années, peut être considérée comme le type des installations de ce genre. Elle comprend une fonderie (fig. 90), des laminoirs (fig. 91) et une tréfilerie (fig. 92).

Fonderie. — La figure 90 représente une partie d'un atelier de fonderie. On aperçoit au premier plan les lingotières en fonte dans lesquelles sont coulés le cuivre, le bronze et leurs alliages. Ces lingotières sont les unes horizontales, en forme d'auges, les autres verticales. Ces dernières sont formées de deux moitiés séparées par un plan vertical. On les rapproche Tune de l'autre et on en opère la jonction par des brides en fer, serrées à l'aide de coins. La lingotière, ainsi formée, se place verticalement sur un bloc, qui présente une cavité conique à l'endroit sur lequel vient reposer la lingotière. On obtient de cette façon des barres terminées à leur extrémité par une sorte dépeinte, ce qui facilite leur introduction dans les cannelures du laminoir. Il existe plusieurs sortes de moules correspondant à des poids différents. Le plus usuel est celui de 30 kilogrammes environ, qui permet une manutention facile de la barre.

La fusion se fait dans des creusets de plombagine qui peuvent contenir jusqu'à 100 kilogrammes. Ces creusets sont placés dans des fours ; ils reçoivent les matières à

Page 1