LE CULTE INTERIEUR
l'homme n'est pas seulement esprit ; il est à la fois corps et âme, esprit et matière, et ces deux substances, intimement unies, sont toutes deux l'œuvre du Créateur ; par conséquent l'homme tout entier dépend de Dieu et a Dieu pour principe suprême et pour fin dernière. Sans doute encore notre adoration doit s'accomplir dans le sanctuaire intime de l'âme ; le culte extérieur doit être vivifié par la véritable piété ; mais il n'en est pas moins vrai de dire que la religion de l'homme ne peut exister sans une forme extérieure, sans des actes visibles et palpables ; enfermée hermétiquement dans l'âme, elle s'éteindrait comme un foyer sans air. Tout ordre de sentiments doit avoir sa manifestation sensible ; de même que l'amitié, le respect et l'amour filial ont leur signe particulier, de même l'adoration qui est le plus profond sentiment de l'âme, a aussi le sien.
Partout où il y a une religion, on trouve des rites sacrés qui la manifestent, un sacerdoce médiateur entre l'homme et la divinité, enfin des temples où la créature vient rendre ses hommages à son Créateur. L'impiété a démontré bien clairement qu'elle ne connaissait pas la nature humaine, non plus que ses relations essentielles avec Dieu, lorsqu'elle s'est permis d'extravagantes déclamations contre les cérémonies religieuses, contre l'existence du sacerdoce, contre l'érection d'édifices destinés au culte. C'est de ce dernier sujet qu'un écrivain contemporain disait avec tant de raison : « Je connais les vieilles tirades sur