COSMIQUES
Si Ton possédait la sphère fameuse que Chiron, précepteur de Jason, avait, assure Clément d'Alexandrie, dessinée le premier à l'usage des Argonautes, on chercherait en vain au nombre des constellations indiquées par l'auteur les figures de Castor et de Pollux; car ils faisaient eux-mêmes partie de l'expédition et ne s'étaient pas encore illustrés par tous les exploits qui devaient plus tard les mettre au rang des dieux et des étoiles. On ne les trouverait pas davantage parmi les rares constellations qu'Homère donne pour guides à Ulysse, ni parmi celles, bien peu nombreuses encore, que mentionne Hésiode dans les Travaux et les jours.
C'est à une époque bien moins lointaine que les Dipscures Castor et Pollux apparurent pour la première fois au nombre des constellations figurées par les Grecs sur la route annuelle du soleil. Ce fut Eudoxe, disciple de Platon, qui le premier leur donna place dans le tableau très simple et d'ailleurs très inexact qu'il fit du ciel étoile. Depuis cette époque, la constellation zodiacale dans laquelle le soleil entre le 20 mai et dont il sort le 20 juin s'appela la constellation des Gémeaux. C'est la traduction exacte des mots Atèufxoi et Gemini dont se servent, pour l'indiquer, les Grecs et les Latins (1). Cette constellation, représentée sur toutes les sphères par un couple étroitement uni et placé entre le Tau-
(1) Aratus, <ï>ouv6|ieva, v. 147; « xpatC xat ol Ôtëvjxoi r,... etc., traduit par Cicéron (v. 331) :
Et Gemini clarum jactantes lucibus ignem.
Cf. Hygin., Astronom., lib. III, ad verbum Gemini.