‹ Le culte de Castor et Pollux en ItalieChapitre 32 sur 89 · QUI REPRÉSENTENT CASTOR ET POLLUX · texte numérisé non relu

QUI REPRÉSENTENT CASTOR ET POLLUX

Comme on pourrait d'abord s'étonner qu'à la suite d'une étude sur le culte italien de Castor et Pollux, nous ayons classé et décrit un certain nombre de monuments d'origine ou tout au moins d'inspiration grecque, il n'est pas superflu d'expliquer et de justifier en quelques mots la présence, dans notre catalogue, de ces objets figurés.

C'est surtout au chapitre premier de notre travail , c'est-à-dire à la biographie des Dioscures, que se rapporte la première série formée par les vases grecs. Ayant cru nécessaire, pour faire mieux comprendre les attributions divines de Castor et Pollux, d'esquisser d'abord les principaux traits de leur légende héroïque, nous ne pouvions le faire qu'à l'aide de représentations imaginées par les Grecs ou tout au moins inspirées d'eux, puisque la légende de ces dieux est elle-même d'origine exclusivement hellénique. C'est donc aux vases de l'Italie méridionale que nous devions demander les éléments de cette biographie héroïque des Dioscures. De là la nécessité de donner place aux vases en tête de notre catalogue.

Un autre motif encore nous a décidé. Retrouvant à plusieurs reprises, sur les monuments figurés des Romains, en particulier sur les sarcophages de l'époque impériale, des représentations analogues , parfois même identiques à celles dont sont décorés les vases (1), nous avons pensé qu'il ne serait peut-être pas sans

(i) Comparez, par exemple, les n* 19 et 20 avec les u°« 193, 194 et 195.

intérêt d'introduire dans notre catalogue les originaux grecs , avant de classer et de décrire les copies, ou tout au moins les imitations romaines. On verra bien de la sorte que l'art italien, en retraçant les exploits des Dioscures, a conservé aux deux héros leur légende hellénique , comme la religion romaine conservait aux deux dieux le culte qu'ils apportaient de Grèce.

Nous l'avons dit : Castor et Pollux n'ont rien de commun avec les vieilles divinités du Latium. Ce ne sont pas des dieux indigènes transformés et rajeunis par une fusion plus ou moins complète avec des dieux helléniques. Ils arrivent en Italie au milieu de ce que Preller appelle la seconde période de la religion romaine, c'est-à-dire au moment où l'esprit grec fait invasion dans les mœurs et les idées de Rome, au moment où les éléments primitifs des cultes italiques commencent à être absorbés par les .éléments nouveaux des cultes étrangers. Si donc, en remontant à l'origine du culte des Dioscures en Italie, on ne trouve et n'étudie que des attributions grecques, ne doit on pas aussi rechercher et signaler les plus anciennes représentations grecques qu'on rencontre de ces dieux en Italie? Si l'on passait en revue tous les monuments consacrés aux autres divinités romaines, à celles-là même dont le caractère est le plus indigène , on ne manquerait pas de signaler des temples et des statues qui furent l'œuvre d'artistes étrangers et la copie de modèles grecs (1). A plus forte raison doit-il en être de même pour les Dioscures ; nous signalons les représentations grecques comme nous avons signalé les attributions grecques que ces dieux ont dans la péninsule. Avant de raconter l'apparition de Castor et Pollux près de Rome , au lac Régille , nous avons cru devoir rappeler leur apparition grecque au fleuve Sagra, dans l'Italie méridionale. De même, nous pensons bien faire en énumérant les principaux vases grecs, qui représentent les Dioscures , avant de décrire les bas-reliefs de l'art purement romain, où nous les retrouvons encore.

(1) C'est un artiste étrusque qui construisit le temple du Capitol e, et un Etrusque encore, Turrianus, qui le décora d'une statue de Jupiter.

\. — Stamnus à peintures rouges.

Castor (KA2STQP) et Pollux (nOArAElfKEï) à cheval. Le premier est vêtu de la chlamyde , coiffé du pétase et armé de deux javelots. Le second, v£tu et armé de môme, porte au lieu du pétase une couronne de laurier.

De Witte. — Description d'une collection de vases peints (1837), n° 120. Id. f Collection Beugnot, n Q 45.

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