‹ Le culte de Castor et Pollux en ItalieChapitre 4 sur 89 · INTRODUCTION. III · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. III

n'ont jamais existé que dans les imaginations frappées des soldats d'Aulus Postumius ? Est-ce Tite-Live , qui ne mentionne même pas leur apparition au lac Régille , ou Valère Maxime qui ne la raconte que pour ajouter un chapitre à son histoire des miracles? Est-ce Martial enfin, qui ne veut voir dans Castor et Pollux que les portraits divins de deux jumeaux qu'il chante , et qui paieront peut-être d'un dîner son ingénieuse flatterie? Non. Ce n'est, en réalité, aucun de ces écrivains : la littérature et l'histoire ont complètement négligé ces dieux : les textes nous seront donc d'un faible secours.

Ce silence presque universel des auteurs étonne, lorsqu'on rapproche des textes si rares qui parlent des Dioscures les monuments si nombreux qui les rappellent ou les représentent. Partout , en Italie, on retrouve les temples de ces dieux , et à tout instant on les retrouve eux-mêmes dans les musées et dans les collections particulières , au milieu des places publiques sur des piédestaux , ou le long des voies romaines sur les parois des tombeaux antiques. Rien de plus fréquent ni de plus varié que les représentations figurées de Castor et de Pollux. Les exploits fabuleux que leur prêtaient les légendes héroïques de la Grèce , les pouvoirs divins que leur reconnaissait la piété romaine, inspirèrent les artistes de tous les temps, depuis ceux qui, cinq cents ans avant notre ère , peignaient des figures noires sur le fond rouge des vases italo-grecs, jusqu'à ceux qui , aux troisième et quatrième siècles après J.-C. , sculptaient encore des bas-reliefs sur les parois des sarcophages. Vases, miroirs, monnaies, pierres gravées, statues, bas-reliefs, lampes funéraires, peintures murales , etc., etc, tous ces monuments, si nombreux et si variés, sont autant de textes précieux qui font connaître dans tous ses détails la légende des Dioscures , et qui permettent d'étudier leur culte dans ses manifestations et ses modifications diverses. Notre premier soin devait donc être de recueillir ces monuments , de les classer et de les décrire. C'est ce que nous avons fait dans un catalogue aussi méthodique et aussi complet que possible , dont les musées d'Italie, les ouvrages descriptifs et les collections particulières (1) nous ont fourni les matériaux. C'est sur cet ensemble de monuments réunis et ordonnés que nous avons entrepris cette étude. Notre

(l) Nous sommes heureux de remercier ici M. Le Blant et M. le duc de Mouchy qui nous ont communiqué les monuments figurés inédits publiés à la fin du volume, monuments dont nous devons les excellents dessins à MM. 0. Roty , G. Profit et B. Sulpis.

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