‹ Le culte de Castor et Pollux en ItalieChapitre 6 sur 89 · INTRODUCTION. V · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. V

protecteurs des cavaliers , des soldats et des marins, conducteurs de chars dans l'arène, messagers de la victoire sur les champs de bataille , et guides des navires sur les flots ? Or, cette même réunion bizarre d'attributions si diverses se retrouvant chez les Aswins semble à elle seule une preuve décisive de Pétroite parenté qui rattache ces dieux aux Dioscures. Les Aswins pour les Aryas, comme Castor et Pollux pour les Grecs et les Romains , sont à la fois deux héros sur leurs chars, deux cavaliers, deux possesseurs et fournisseurs de chevaux , deux protecteurs toujours présents des soldats et des matelots en danger. Pendant la bataille, « lorsque d'innombrables guerriers , jaloux des biens que donne la victoire , se rassemblent dans la plaine , alors sur la voûte inclinée du ciel , on aperçoit le char de ces dieux qui s'approche du char qu'ils favorisent (1). » De même pendant la tempête, ils reçoivent dans leurs bras ou sur leur char le naufragé prêt à périr, et rendent la mer « plus douce que le miel. » Aussi , portent-ils les noms de secourables et de bienfaisants , et passent-ils en même temps pour protéger dans toutes les circonstances de la vie quiconque s'adresse à eux : ils soutiennent les faibles, rétablissent les mourants, ressuscitent même les morts (2). Ne sont-ce pas là les attributions et les titres de Castor et de Pollux que la Grèce et l'Italie adorent comme cavaliers intrépides, comme conducteurs de chars d'or (3) , comme protecteurs des guerriers et des navires , et qu'elles appellent sans cesse secourables, bienfaisants et sauveurs (4)? — Mais ce n'est pas tout. Si Castor et Pollux symbolisent aussi les deux crépuscules , le matin et le soir , partant la vie et la mort, c'est encore des Aswins qu'ils ont reçu ces attributions. Ces dieux, en effet , qui ne sont qu'un des innombrables couples imaginés par la religion védique pour expliquer le dualisme qu'offre partout la nature, sont les fils de la Nuit et de l'Aurore ; en cette qualité ils accompagnent le soleil, et personnifient le matin et le soir, la lumière et les ténèbres , par conséquent aussi la vie et la mort, puisque, pour les premiers penseurs, l'Orient , où le soleil se lève, était la source de la vie , et l'Occident, où il se couche, la sortie du monde, le pays de la mort. L'idée même de résurrection s'attachait à ces divinités. S'il est vrai qu'en se cou-

Ci) Rig-Vèda, trad. Langlois, t. I, p. 239. Cf. Maury, ouvrage cité, t. I, p. 211 en note.

(2) M. Muller , ouvrage cité, p. 246.

(3) Xpucàp(iatoi. (Pindare, Pyth.* V, 9. — Euripide, Helen., 1511.)

(4) Borjôooi , Swrijpeç , etc.

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