INTRODUCTION. VII
saient. C'est ainsi , que les Germains se trouvent , d'après le témoignage formel de Tacite et de Diodore de Sicile, adorer Castor et Pollux, qu'ils appellent les Alci (1). De la sorte , à l'extérieur les dieux romains se confondaient avec les divinités étrangères ; à l'intérieur les divinités étrangères étaient inscrites avec des noms de dieux romains sur le grand livre de l'état religieux. Ainsi s'expliquent les attributions nouvelles que prennent insensiblement les Dioscures, à mesure qu'on avance dans l'histoire romaine , et à mesure aussi que l'invasion des cultes étrangers oblige de tout interpréter au moyen du symbolisme et de l'allégorie. Certes, on eût bien étonné les vainqueurs du lac Régille en leur disant qu'un jour Castor et Pollux seraient considérés, représentés et adorés comme divinités funéraires.
C'est que bien des changements s'accomplissent durant cette longue période qu'il nous faut parcourir pour suivre les développements divers du culte des Dioscures. Bien des idées se répandent dans le monde depuis l'époque où Castor et Pollux ne sont que les messagers de la victoire jusqu'à celle où ils deviennent les messagers d'une vie nouvelle. Ce jour-là, le Christianisme naissant n'hésitera pas à les adopter, et à ensevelir ses morts dans des sarcophages sur les parois desquels Castor et Pollux figurent , non plus comme dieux païens , mais comme symboles poétiques de résurrection et d'immortalité.
(1) Tacite, De moribus german., XL1II. — Diodore de Sicile, IV, 56.
Juillet 1882.