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[la déesse qui] est issue de celui (du dieu) qui est issu de toi , chose grande ! ^).
De pareilles indications, à une telle date, sont à retenir: elles démontrent que les dogmes les plus subtils de la théologie étaient déjà constitua d'une manière complète et même commentés par les prêtres. Le rôle solaire des déesses matérialisé, pour ainsi dire, dans l'œil où s'incarne l'Horus renaissant, la puissance magique qu'elles, excercent pour le faire triompher de ses ennemis, c.-à-d. la séparation des ténèbres et de la lumière et l'établissement de l'ordre dans le monde, la distinction des x^ d'avec les vivants, qui laisse entrevoir ime conception assez nette de la vie future, voilà des traits d'une importance considérable et qui suffiraient à résumer en quelques mots les lignes principales de la religion de l'Egypte. La polyonymie des déesses ou plutôt de la déesse, le symbolisme avec ses formes spéciales, la magie divine, dont l'action cosmogonique est ex- ^clusivement favorable aux bonnes puissances, au développement des forces fécondantes, rien n'y manque vraiment ou presque rien, ni pour le fond ni pour la forme. Et nous voyons Neit jouer ici le principal rôle, comme réceptacle du soleil, dont elle est à la fois la mère et la fille, conformément à la croyance générale de l'Egypte: car nous reconnaîtrons à Sais des vues particulières et sensiblement différentes.
Ici se présente une question. Dans le tombeau d'Ei-i, û (| (|
(Saqqarah, IVe Dynastie), on a trouvé une stèle consacrée à la mémoire de ce personnage , et au moins autant à celle
de sa femme Nefer-t, T ^"^^^^ )•
1) Pierrety Coure de 4884. (V. Lepsiua, Denkm àbth. n,«^pl. 99, b.)
2) Lepsius, Denkm. Abth. U, pi. 100; et Mariette ^ Mastabas, p. 162.
Ei-d s'y montre debout, à gauche, avec le bâton et le sceptre >-<^; au-dessous de lui sont rangés ses quatre fils. Au-dessus de sa tête règne une inscription en plusieurs colonnes, avec rénumération de ses titres. De l'autre côté du monument et formant pendant, avec une égalité complète, sa femme Nefer-t se tient en face de lui, la main posée sur le cœur , à la manière égyptienne. Devant elle , son fils, dont l'image est sculptée en proportions moitié moindres, et au-dessous, dans un autre registre, ses quatre filles. De plus, elle est figurée à la place d'honneur, au centre de la stèle dans la même attitude que précédemment, sous le tambour cylindrique, qui porte son nom seul, comme s'il
était le principal: ^^^ + ® J • -^^"^^^^^ ^^ ^
tête, sont aussi énumérés ses titres, parallèlement à ceux du mari. Les voici dans leur intégrité: 1 ® u «
<=> T I ^ I , sa femme, familière du roi, esti-
mée de son mari, prêtresse d'Hathor, dame du sycomore, dame vénérée, prêtresse de Neit, ... qui ouvre les chemins, dans toutes ses demeures pures (tous les lieux qui lui appartiennent), estimée du dieu grand, chaque jour, Nefert ^). Dans ce texte, au dessous du signe \/ ap , il existe une lacune, où devait se trouver, le t o. Car, dans un autre
4) A moins que O^ ne fasse partie du nom propre lui-même, et qu'il ne faille lire ainsi: Ra-neh nefer-t^ la mention: chaque jour n'étant pas ici très naturelle.
tombeau, celui de j^unas (Ve Dyn., Sauiét el-Meitin) *), se présente fort à propos une rédaction absolument semblable, qui lève toute hésitation à ce sujet. Dans un des tableaux que renferme ce Mastaba, voici la femme de ;funas assise, dans la pose ordinaire, devant une table d'ofiErandes. En £ëu^ d'elle, dans un premier registre, ses cinq filles
agenouillées; au second, un ^ fT\> P^s deux harpistes,
un chanteur et un flûtiste; au troisième enfin, huit danseurs, les mains levées et se rejoignant au-dessus de la tête. En haut, on lit l'inscription suivante, qui rappelle presque exactement, dans toutes ses parties, celle que nous venons
de reproduire ci-dessus : '^ [a ^^ ^ ^ ^ ^ ^
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y LJ» S^ femme qui l'aime, estimée de son mari
(litt. : mâle), prêtresse d'Hathor, dame du Sycomore, dans toutes ses demeures, prêtresse de Neit ouvreuse des chemins, dans toutes ses demeures, familière du roi , ^Si»^-/ ^â5. La qualification d'ouvreuse des chemins semble bien ici appliquée à Neit, de la même manière que celle de dame du sycomore, si fréquente à toutes les époques, est prêtée à la déesse! Hathor. Il y a un parallélisme certain, et dont il nous paraît impossible de nier l'évidence. Or, c'est là un rôle funéraire qui, croyons-nous, n'a jamais été observé nulle part, et qui paraîtrait faire d'elle une sorte de dédoublement féminin du dieu Anubis. Ceci, nous le reconnaissons, dérange d'une façon notable la conception
1) LepsiuSy Denkm. abth. II, pi. 109.
qu'on est habitué à se faire du rôle de la dame de Sais, et nous ne voyons, pour le moment, aucune interprétation satisfaisante à fournir. H faudra rechercher, dans les textes, s'il est possible de découvrir des indications analogues et tenter alors une explication qui nous échappe. Nous nous contentons d'enregistrer les deux exemples qui sont venus à notre connaissance, sans prétendre fournir le mot de l'énigme ^). Peut-être , à ces époques si reculées , avait-on attribué à Neit des fonctions funéraires spéciales, dont le souvenir s'est effacé et comme perdu en des temps plus modernes.
Le rôle qu'elle joue dans les cérémonies de l'embaumement n'est point de la même nature sans doute; il est impossible cependant de ne pas le rappeler ici. On sait qu'elle paraît, sur les canopes, comme protectrice des entrailles du défunt , avec Isis , Nephthys et Selk , et qu'on leur adresse à toutes des formules de bénédiction, dans les inscriptions gravées sur la panse de ces vases.
Dans le rituel de l'embaumement elle figure encore, mais il faut le dire, d'une manière tout à fait détournée et accessoire. Les manuscrits qui nous ont conservé ce rituel sont de très-basse époque. Alors toutes les grandes déesses étaient identifiées , confondues. Neit paraît simplement comme
1) M. Pierret, dans son cours de TÉcole du Louvre, 1883 — 84, a expliqué: prêtresse d'Hatbor et du dieu qui ouvre les chemins. La présence du oi *» n'empêche pas cette traduction. On le trouve souvent, à la suite de v; / par ex., avec des noms de dieux mâles. Mais la mention
qui suit le ^J ^f^^^, à savoir: ^^ Jj i) Jj c. ' P^^
la marque positive du féminin , M et ne peut s'appliquer à un dieu mâle.
Si cette mention se rapporte à ce qui la précède immédiatement : ap uai-u^ cette dernière expression doit se rapporter aussi à une divinité femelle.
une autre forme, ou plus exactement un autre nomd'Isis. «Il est dit en effet qu'on doit mettre dans la main du défunt, en guise d'amulette, un linge sur lequel sont tracées la figure d'Hapi et celle d'Isis. Or, dans la suite du
texte, on trouve la phrase suivante: P I • ^^ ^