‹ Le culte de Neit à SaïsChapitre 12 sur 25 · A^/WAA · texte numérisé non relu

A^/WAA

m ^ wK. {T"^ ^ '*' * ^lle te perfectionne la Neit que tu as dans la main. La Neit que le défunt a dans la main est risis peinte sur la bandelette. En sa qualité d'Isis, Neit Élisait, pour le mort, les cérémonies magiques qu'elle

avait accompUes pour Osiris, % I^ '|1^ ^ ^ ^J ^-^ ©, Neit a veillé pour toi dans Tesut>> ^).

Sur un coffi*e de momie du musée de Besançon (XX© dynastie), ayant appartenu à un prêtre en même temps commandant des troupes du temple d'Amon à Thèbes, on voit le défunt agenouillé devant Osiris , qui lui verse la vie

^ <^, sous la forme d'un liquide sortant

d'un vase que le dieu tient penché. Neit et Selk «assistent à la scène et y prennent part en faisant, les bras étendus,

l'acte du sa ^, c'est-à-dire qu'elles appliquent l'efficacité

de leur vertu divine à favoriser l'opération mystérieuse qui se fait devant elles» *).

Ces derniers documents nous ont amena pour un instant à des époques relativement modernes, nous avons hâte de revenir aux temps anciens, pour suivre sans interruption

4) Masperoj Mém. sur qq. Papyrus du Louvre, p. 89 — ^90.

2) V. ChahaSj Revue archéologiq. , 4862, p. 370 et suiv. —Neit paraît également avec Selk dans les représentations des sarcophages. Y. p. ex. celui de Taho, Louvre, D, 8: à l'intérieur, côté droit, après Nekheb et le chacal d'Anubis, les quatres génies des canopes se tiennent entre les deux déesses Neit et Selk aux ailes déployées.

la série daa manifestations historiques du culte de notre

Lé nom de Neit est cite plusieurs fois dans les inscriptions des pyramides d'Unas, de Teti et de Pepi, ouvertes et expliquées par M. Maspero. Ainsi, à la ligne 609 de

k p,»mide d'Un« onUt= ^ ^ § ^ ;^ ;^ |

<=> yi ] 32 T V du pain, du pain, pour Fha.

bitant des demeures de Nit, (ou: de la couronne Nit) *). Une invocation qui commence à la ligne 597 du même monument est ainsi conçue: «Salut à toi, Hor dans les domaines d'Hor; salut à toi Sit dans les domaines de Sit; salut à toi Lion (Aïr) dans les champs d'Aïlou; salut à toi Ntittib, fille de ces quatre dieux qui sont dans la grande demeure; quand même la parole d'Unas ne sortirait pas, dévoilez-vous, afin qu'Unas vous voie, comme Hor voit Isis , afin qu'Unas vous voie , comme Nouhbkoou voit Selki, afin qu'Unas vous voie, comme Sovkou voit Nit, afinqu'-

Unas vous voie, comme Sit voit Ntittib

A/VWW

Enfin, de la ligne 620 à la ligne 629: «Unasest

venu comme celui qui est Khontmenti-Akab , et c'est Unas- Sovk à la plume verte, celui qui veille bien et porte haut le front, le blanc sorti de la cuisse de la grande partie inférieure du corps qui est dans la lumière! Unas est venu

1) Recueil de travaux, T. IV, p. 75.

à ses bassins qui sont sur les deux rives du canal de Me* htoïrt à la place des offrandes florissantes, aux champs qui sont dans l'horizon, et Unas a fait fleurir son pré sur les deux rives de Thorizon, Unas a apporte le cristal au grand œil qui est dans les champs, Unas a pris sa place dans l'horizon; Unas se lève comme Sovk, fils de Nit, Unas mange de sa bouche, etc.».

Dans la pyramide de Teti, à la ligne 209 commence l'invocation suivante: «Père de Teti, père de Teti, Tum dans les ténèbres, tu as amené Teti près de toi,parcequ'il t'a fait l'opération de lancer la flamme et celle du Sa, comme ont fait pour le père de Nou ces quatre déesses , le jour où elles ont fait le Sa du trône, Isis, Nephthys,

NU. Selldt.h.tou». ï ^ ^ LS °0° 1 ^ Il 1

«VVN/VVA AA<VVW

T^ ir Q-T^cni

4) Recueil de travaux, T. V, p. 24,

Dans un passage de la pyramide de Pepi I, où les membi*es du roi mort sont assimilés à des divinités, on lit (1. 571-572, Recueil, T.Vm,p.88)

F==^ les deux cuisses de ce Miriri sont Nit et Selkit; D o

il sort donc, il s'élève au ciel.

On voit, par les deux dernières citations d'Unas que Neit paraît être dès lors en rapport intime avec le dieu Sebek ou Sovk , qui est désigné comme son fils. Sur Sebek nous savons assez peu de chose. Selon M. Fierret, il oSre, ainsi que Harâefi, Mentu ou Month-Ra, Sept ou Soupti, «une variante du rôle des déesses léontocéphales, qui, exprimant la force invincible des feux du soleil, renversent

les ennemis de l'astre Adoré au Fayoum , dans le nome

Athribite, à Silsilis, à Ombos, à Assuan, sous le nom de Sebek-Ra, il est représenté avec une tête de crocodile que surmontent le disque du soleil et les cornes du bélier. Dans un papyrus de Boulaq, il est appelé fils d'Isis, et il combat les ennemis d'Osiris: c'est une assimilation complète à Horus» *). Ces indications prouvent qu'il n'est, en somme, qu'une des formes du soleil rayonnant, et elles s'accordent ainsi avec un des rôles de Neit, personnifiant le rayonnement solaire, et aussi mère du soleil.

Du reste, cette association de Neit avec Sebek se retrouve assez souvent dans, les textes. Nous n'en citerons pour exemple que ce verset du TodtenbucA, ch. LXXI, 1. 10: «Sebek se tient sur son escalier, Neit se tient sur son cours d'eau, (leur invocation est): Que je sois sauf comme tu es sauf, que je me recommence, que je me dégage, que je me place sur terre, que je sois aimé de mon seigneur, face unique pour moi». De plus, les représentations où Neit figure allaitant deux crocodiles semblent

Dans on texte magique de la XX« dynastie (Pap. de Turin CXXV) on UtàlaUgneO-.;^ "^ ^ lo S\ S 'k M ®'

Son ventre est Neit de Sais.

1) Pierret^ Panthéon égypt. p. 45.

encore des allusions vivantes pour ainsi dire, à cette maternité au regard du dieu Sebek, dont la mythologie la plus ancienne paraît clairement lui faire honneur. Sebek se confondrait alors avec Horus, et il serait une des formes du soleil renaissant, du soleil matinal auquel la déessemère donne et entretient l'existence ^). Cependant une autre hypothèse nous paraît plus vraisemblable encore. Les deux crocodiles allaites par Neit doivent être la figure d'Osiris lui-même, que le Todtenbuch (c. CXLII , 43e Invoc.) appelle

"^^^ J) et r|^ '^^^^ J| dieu double crocodile. Cette appellation est évidemment fort ancienne. On la rencontre aussi dans la seconde partie du Papyrus Prisse , les préceptes de Ptah hotep, où le dieu est désigné seulement ainsi

"^^^^ Jj. L'auteur l'invoque contre les maux de la vieillesse

qui l'accablent. C'est donc Osiris se rajeunissant, sortant de la vieillesse et de la mort pour renaître enfant à une nouvelle existence*). Quelque soit d'ailleurs le nom divin, Sebek, Horus ou Osiris, on voit que la signification reste toujours la même.

Le passage de la pyramide de Teti (1. 205) semble mettre sur le même rang les quatre déesses Isis, Nephthys, Neit et Selk. Ceci tient sans doute au fait si connu qu'elles présidaient ensemble aux parties intérieures du cadavre. On peut admettre de plus qu'un premier effort eût déjà été tenté à Memphis pour égaliser entre elles les différentes divinités locales et constituer un véritable panthéon égyptien. Il se produisait là un phénomène analogue à celui

1) M. de Rougé, (Notice des monuments du Louvre, p. 193) remarque que, dans le personnage de Sebek, le crocodile, loin de désigner le principe du mal, servait au contraire à caractériser THorus vainqueur.

2) Cf. Chahas dans la Zeitschrift, 1868, p. 101. — V. Virey, le Papyrus Prisse.

que l'on vit se produire plus tard à Thèbes, mais avec un sens théologique moins développé, à cause de la diflFérence des temps. On admettait les dieux de toute provenance, sans établir entre eux une subordination bien régulière ^).

Rien ne nous renseigne mieux sur l'idée qu'on se faisait de leur puissance et de leur grandeur, que de voir les maîtres du pays se placer sous leur invocation directe et faire entrer, dans le nom propre qu'ils ont choisi, le nom même de la divinité pour laquelle ils professaient une dévotion particulière. Hérodote nous a conté l'intéressante légende d'une reine Nitocris, que Manéthon place vers la fin de la Vie dynastie. C'est elle qui, pour venger le meurtre de son frère, fit creuser un vaste souterrain dans lequel elle offrit aux meurtriers un repas somptueux; puis, ayant détourné les eaux du Nil au moyen d'un canal habilement dissimulé, elle les fit entrer tout à coup dans la salle et noya tous les coupables au milieu du festin ^). Elle aurait usurpé, dit-on, la troisième des grandes pyramides, celle de Menkau Ra et laissé le sarcophage dans une chambre inférieure, tandis quelle faisait placer le sien dans la salle qui précédait ^). Le papyrus royal de Turin place le cartouche de cette reine l%endaire avant ceux des rois Nofer- Ka, Nefrus et Ra-ab. Il présente son nom sous la forme

/^ ïcz^ n <=> ^j, «Neit parfaite», où paraît la dénomination ordinaire de la déesse de Saïs. Faut-il sup-

1) n n'y en avait pas moins évidemment dans chaque ville une divinité dominante.

2) Hérodote, 1. II, c. 100.

3) «Elle fit doubler les dimensions du monument et lui donna cette ruineuse parure de granit, qui passa plus tard, dans Pimagination des conteurs grecs,, pour avoir absorbé les sommes immenses que la courtisane Rhodopis avait retirées de la ruine de ses amis». {E, de Rougé).

poser, pour cela, qu'elle était originaire de cette ville? Le fait n'aurait rien d'impossible. Le choix du nom indique au moins une préférence marquée pour le culte de Neit.

Ainsi ce culte était reconnu et même répandu dès les premiers temps de la monarchie ^ptienne. Nous l'avons prouvé surtout au moyen des monuments memphites, les seuls qui soient contemporains des époques primitives de l'Egypte historique. ,

Si nous passons de là au Moyen Empire, nous sommes obligés de franchir d'un trait cet espace inconnu , ce grand vide qui apparaît dans l'histoire entre la VJe et la XI© dynastie. Lacune étrange, inexplicable, à moins qu'on n'y place, comme le soupçonnait Mariette, une invasion étrangère, dont le souvenir aurait été entièrement perdu. Après cet intervalle désert, après cette mort apparente, la civilisation se réveille, l'art renaît et l'histoire est en état de rouvrir enfin la page trop longtemps fermée. Les traditions au reste semblent n'avoir pas été interrompues. La religion est la même, les noms divins n'on point changé, les monuments sont construits, les œuvres artistiques conçues, les hiéroglyphes dessina d'après les mêmes principes qu'auparavant.

Une éclipse de quelques siècles, et la vie a recommencé, ou plutôt a suivi la voie dès longtemps tracée par les ancêtres.

Le nom de Neit revient maintenant moins fréquent dans les inscriptions. Et l'explication de ce phénomène se présente d'elle-même. L'axe de la civilisation s'est déplacé: du Nord elle a remonté vers le Midi, avec les Noferkara des dynasties intermédiaires, avec les Amenemhat et les Usertesen de la Xlle dynastie. Or, Neit était surtout adorée

dans le Nord; elle était la voisine et, par suite , l'amie des rois Memphites. En remontant vers le haut cours du Nil, on semble sinon l'oubUer, du moins la négliger un peu; les divinités du Sud, protectrices-nées des nouveaux souverains, lui font tort dans la vénération des fidèles et la relèguent forcément au second plan.

Cependant, même alors et en présence de ces circonstances défavorables, elle n'est nullement abandonnée. Ainsi un fonctionnaire de Mentuhotep, -Ba-«ei-/a-we (Xle dyn.) porte, entre autres titres, ceux de «surveillant du temple de la dame de la couronne rouge (c.-à-d. de Neit), hiérodule du support destiné à l'arc et à la flèche , équitable de main, ne donnant pas à moitié, préposé au Midi tout entier,

î ffl ^ ! ^ &. - 5 pb ^ ^ ^ - ?

Ce personnage, que ses fonctions semblent appeler à séjourner dans le Sud de l'Egypte était peut-être attaché au culte de Seni (Latopolis) , la Saïs du Midi, où Neit était adorée. Le détail de ses titres sacerdotaux, l'emploi du pluriel

ml ^^'"^> 4^^ paraît désigner un grand temple avec ses sanctuaires annexes , montre que dans le lieu où il résidait, ce culte avait une importance considérable.

Sur un monument de la Xle ou peut-être de la Xllle dynastie, trouvé par Lepsius dans l'île de Konosso, on voit le dieu Mentu, à tête d'épçrvier, étendant la main droite vers le dieu ;(em , auquel il demande la vie étemelle pour le roi Mentuhotep. Neit se tient debout derrière j^em; quinze arcs superposés et placés sous leurs pieds représen-

i) Lepsius^ Denkm., Abth. II, pi. i49, e.

tent les ennemis de l'Egypte^). Sur un autre fragment à peu près contemporain, Neit est qualifiée: dame ou souveraine du ciel, '^:3^ ^ )•

La stèle C, 15 du Louvre') contient l'éloge d'un certain Mur-ka-u , qui se vante d'avoir été un fidèle adorateur des dieux et observateur des cérémonies religieuses. Un des registres inférieurs de la stèle est occupé par une série de personnages mystiques, qui tiennent des insignes sacrés. Au-dessus se développe, en colonnes verticales très courtes, une énumération de noms divins, chaque colonne en renfermant un seul. On en compte ainsi vingt-quatre, depuis

Ra Jl jusqu'à Sebit r J "^^ ^ ^*> au dix-neuvième rang, apparaît celui de Neit, sous* la forme que voici:

La Bible elle-même vient, à son tour, attester la persistance du culte de Neit sous les Pasteurs. Joseph devint premier ministre d'un de ces rois étrangers. Comme tous les conquérants barbares établis chez un peuple beaucoup plus avancé en civilisation, ils avaient promptement adopté une partie des coutumes du pays conquis, et ils finirent, comme l'ont prouvé les découvertes de Mariette à Tanis, par s'égyptianiser presque complètement*).

Les noms que cite la Bible, dans l'histoire de Joseph, prouvent qu'on n'avait pas cessé d'adorer les mêmes dieux et de se recommander de leur protection toute puissante.

1) L&psiMs^ Denkm. H, pi. i50.

2) Id., ihid. pi. 123.

3) M. de Rougé, Notice des monuments du Louvre, p. 81, pense qu'elle doit appartenir au commencement de la Xlle dynastie.

4) V. Revue archéologique. Lettres de Mariette à M. de Rougé, 1861,

En effet, au chap. XLI, la Gtenèse raconte que le Pharaon après avoir donné à Joseph le gouvernement du pays , après

l'avoir établi comme chef de sa maison M^ . et constitué comme gouverneur de toute l'Egypte, tira son anneau de sa main et le passa au doigt de son ministre. Il le revêtit d'une robe de lin, lui attacha un collier d'or et le fit monter sur son second char; puis on cria devant lui: TjnaK^), et il fut mis à la tête de l'Egypte entière.

Ensuite le roi changea son nom et l'appela n^^â T^i&it

Ce mot composé a donné lieu à de nombreuses discussions *). Les interprètes hébreux ou hébraïsants ont voulu l'expliquer par l'hébreu, et ils le . traduisent ordinairement par: celui qui révèle tes choses cachées, allusion naturelle aux explications que Joseph avait données des songes. C'est ainsi que Josèphe le commente par: ^ dnexaXvq>âfi rb fiéXXov; Chrysostome par: tcùv xçfûnTâyy yvéaTrig^), Cependant, d'après les analogies du texte biblique dans ce passage, il est à peu près certain que nous avons affaire non pas à des mots sémitiques, mais à une expression ^ptienne plus ou moins exactement transcrite. Les Septante , qui ont travaillé en Egypte et qui, s'ils n'entendaient pas la langue égyptienne, pouvaient, dans un cas douteux comme celui-là, se renseigner aisément, ont transcrit le le texte hébreu par le mot tiJov&ofiq>avfjx\ les manuscrits

1) Chabas, Rev. archéol. explique ce mot par le groupe égyptien Jr tète baissée , baissez la tète.

2) V. Jahlonski, Opuscula, I, 207—216; Gesemtw , Thésaurus, p. liSl; Wiedemann, Sammlung aJtœgypt. Wôrter, p. 2i.

3) Nous ne parlons par de Texplication de Philon I, 592 M: Iv feroxp/d-t i rrâfjta xphw , où Gesenius corrige le^oKpfvit en ineoxpé^ftt , sans lui donner plus de vraisemblance.

pr&entent, il est vrai, de nombreuses variantes, mais les éléments principaux demeurent à peu près les mêmes. On voit que Tordre des deux premières lettres est interverti par rapport à l'hébreu; les Septante n'ont donc pas admis le texte tel quel, ils ont cru devoir le corriger. St. Jérôme transcrivait: aaphanet phane et traduisait: Salvator mundi. Les coptisants, admettant la version des Septante, ont cherché à décomposer le mot et à en interpréter les diverses parties. Nous laisserons de côté un grand nombre d'explications tout à fait inadmissibles. Jablonski corrigeait l'hébreu en nii^S) niXÔ et traduisait: oaTr^Q tov aiœvoQi n-cu>T-j^-iÇ-en€2. l^tais Gesenius remarque avec raison que la lettre n placée avant le t se trouvait ainsi négligée et il propose de rendre nJXa par n-ctonT, sustentator, vindex (de cenT fundare, fundamentum) ^). Lepsius*) a cru reconnaître dans la fin de l'expression hé-

r\ AAA/VNA

braïque (n3jpÔ) le mot égyptien •¥• ^ aux, précédé de

l'article ^^ n. La première partie lui paraît obscure;

mais, selon lui, l'orthographe des Septante {tfJov& au lieu de Zepnet ou Zpent) suppose qu'ils comprenaient quelque chose comme: n ciJi>nT j^ c^An£, creatio (creator) vitae, qualification qui aurait en effet convenu à Joseph, après les services qu'il avait rendus au pays. M.'Wiedemann ^) adopte ces conclusions et transcrit ainsi en hiéroglyphes

l'appellation controversée: ^^''''^^ w ^ "^"^^ ^^ '^ ^

Pa sent n pa an^-

1) Lacroze, adoptant Tordre des lettres tel qu'il est en hébreu, expliquait en copte par: 2£U)q nT^ n-€n€g, caput mundi (ou: seculi).

2) Chronologie, p. 381-^382.

3) Sammlung altaegypt. VSTôrter.

Le second mot pourrait encore être considéré comme se rapportant à la racine ? 7^» qui indique un verbe de

mouvement (ordinairement: --^) et que Ton voit précisément développée par un » paragogique dans le nom propre d'un personnage de la Ve dynastie, D S a V U' Pehen-uka. D'autre part M. Chabas a pensé, avec beaucoup de vraisemblance, retrouver dans le premier des deux

mots une expression ^ptienne composée: t'efa Neit ^^ "ft^ ., signifiant: les délices (ou: l'approvisionnement)

de Neit *).

Cette conjecture est rendue plus probable encore par le rapprochement avec le nom de la femme donnée par le Pharaon à Joseph: v. 45: ynS np1Ô-n3 nipKTlK "6 \m

riB^l*? î^ ]\}^ ^* ^ 1^ donna pour femme Aseneit, fille

de Potipra prêtre d'On. Ce nom d'Aseneth (Septte, : 'Ao9fi^s&)

signifie clairement: celle qui est attachée à Neit, '^ *^^.

Il est formé sur le modèle d'un grand nombre de noms égyptiens, par exemple: Neschons, Snachomneus, Nespouto,

etc. , de même que celui de Potiphra = d ^^^ ^^ 9 J| •

le don de Ra. L'existence de ces noms est une preuve de plus que les Hyksos n'avaient point supprimé le culte national ni persécuté ses sectateurs, et qu'ils en avaient adopté eux-mêmes la plupart des pratiques. Comme le

1) V. Revue archéologique^ ann. 1858, art. de Chabas sur le Papyrus Prisse. Mariette (Notice des principaux mon*^". du musée de Boulaq, p. 265), l'approche de ce mot composé la devise de bannière du roi Thébain Ra-

uat'-;geper Kames, contemporain des Pasteurs: 1 ^^ ^^ '"

Tapprovisionneur des deux mondes.

remarque très justement M. Chabas, un roi adorateur exclusif de Sute;^, n'eût pas choisi, pour son nouveau favori, un nom de cette espèce.

On voit surtout, ce qui doit nous préoccuper ici, que Neit n'avait point cesse, pendant cette période de la domination étrangère, d'être reconnue pour une des principales divinités de l'Egypte. Le choix fait par le roi lui-même du surnom égyptien qu'il entend attribuer à son ministre, semble même indiquer une prédilection, une préférence marquée pour la maîtresse de Sais ^).

" Sous le Nouvel Empire, les mentions de Neit abondent dans les textes. Quelques exemples suffiront.

Sur un monument de la XVIIIe Dynastie *) , Neit figure comme mère d'Horus, c.-à-d. du soleil levant; il y est dit qu'elle sauvegarde le soleil (Ra) en apparaissant sur la tête

desonfil8.Hor,f)^|^ f t'I!^-

Sur un autre ') au contraire elle est donnée comme fille du Soleil, '^-O^JjfjPf V><, «amour de son cœur, résidant à sa place sur son front.» Ces deux qualités, ces deux rôles, qui, au premier abord, semblent s'exolure, se concilient pourtant sans trop de difficulté dans l'ensemble de la mythologie égyptienne.

Elle est aussi la patronne des rois, leur protectrice et leur mère nourricière.

Sur un obélisque, transporté à Constantinople et dressé

1) D'après la liste d'Africanus, le premier des rois Pasteurs admis par Manéthon se serait appelé Sâ^rtfc; mais Josèphe (contr. Apion) le nomme s^Atfric. Si le témoignage d'Africanus était exact , on pouirait admettre que le roi en question avait fait de Sais sa résidence.

2) Lepsitts, Denkm. III, 26.

3) Id., ibid. 23.

dans l'hippodrome soius Théodose, Thotmes m est dit:

"'^S'^^f^-ê-®®' nourri par Tum, en enfant, par les mains de Neit, la divine mère, pour être roi, s'emparant des régions, maître de dilater son existence, maître des fêtes d'anniversaires d'avènement *).

Dans un temple de Ramsès I, à Biban-el-Moluk , le roi paraît donnant la main droite à Horus et la gauche à Tum, lequel la donne lui-même à Neit; et, tandis que Tum d'Héliopolis dit: Je te donne le lever de Ra dans le ciel et que tu sois semblable à lui, Neit la grande, la

divine mère, maîtresse du ciel, régente des dieux 3

ill^T^Iolll'^**'' souverain:

^^ Mt^^ ^^ ^'^ donne le

trône d'Osiris et que tu reposes sur lui pour l'éternité ^).

Le stèle du Louvre C, 218, érigée en l'honneur d'un personnage du temps de Ramsès II , et que nous avons citée plus haut, lui donne les titres de scribe royal du S. et du N. pour l'enregistrement du palais, chef des choses

qui se font dans la double demeure , interprète du

maître de la double terre, etc. et enfin de: maître des mystères dans le temple de Neit, né à Ta-an;^ et citoyen

(litt. : gardien) de Saïs ^ ^^ ^J ^^^ £= [1 r^

i) Lepsius, Denkm. Abth. IV, pi. 60. Pierret, Cours de 1886. 2) Lepsius, Denkm. Abth. III, pi. 123.

etc ^).

Parmi les sculptures peintes copiées par Champollion dans le tombeau de Meneptah I Hotp-hi-Ma, se trouvent quatre dieux et déesses affrontés deux à deux, d'une part Horus et Neit, de l'autre Isis et Anubis. Horus, à tête d'épervier, est appelé fils d'Isis, dieu grand, maître du ciel. Neit, portant sur la tête l'idéogramme de son nom

^c=3^, est ainsi qualifiée: ^J\ ^g 1 o\n ^"^^ ^^=^ |

^111 ^ ^ f"-^*^ Neit la grande, la mère

divine, maîtresse du ciel, régente de tous les dieux, dominant sur les pays étrangers ^). Isis porte des titres ana-

ce qui prouve qu'alors l'identification est complète entre les déesses.

C'est surtout depuis l'avènement de la dynastie Saïte et dans les siècles qui suivent que Neit prend décidément, dans l'ensemble du Panthéon égyptien, une place exceptionnelle. Elle devient alors non plus seulement la patronne de Saïs , mais celle de toute l'Egypte , et le titre de fils de Neit, pour les rois de cette époque, paraît avoir une importance à peu près égale à celle du titre de: fils de Ra. Mais nous reviendrons plus loin sur ces questions. Il nous a suffi dans ce chapitre, de démontrer, par les faits et

1) V. Pierret^ Et. égyptol. Inscr. du Louvre, 2« partie,

2) Champollion, Mont», de TEgypte et de la Nubie, pi. CCXUl.

par les textes, la perpétuité du culte de Neît en Egypte depuis les origines historiques jusqu'à cette époque de la XXVIe dynastie, où il devient plus florissant que jamais. Ce point définitivement acquis , il nous reste à en caractériser la signification et la portée.

DU RÔLE DES DÉESSES EN GÉNÉRAL ET EN PARTICULIER DE NEIT. — LES INSCRIPTIONS. - LA STATUETTE NAOPHORE.

ChampoUion, dans son Panthéon ^yptien, comprenait, sous le nom de Neit toutes les déesses. De même qu'Amon- Ra ou Cneph est le principe mâle de l'univers, ainsi, disait-il, Neit est le principe générateur femelle de la nature entière.

Avec cette divination vraiment géniale, qu'il a portée en tout ce qui concerne l'Egypte, il avait senti dès lors l'unité sous la multiplicité apparente, l'identité des rôles cachée derrière la variété des noms ^). Il avait parfaitement compris qu'il y a au fond de la religion égyptienne un principe passif, représentant l'état primordial de l'univers, le chaos, et un principe actif, le dieu mâle, qui, de la confusion primitive fait sortir le monde, en organisant la matière. Voilà pourquoi il résumait les fonctions de toutes les déesses sous le seul nom de Neit, principe femelle

1> Au moins à l'époque classique, sous la XYni« dynastie et les suivantes.

unique, y ajoutant les autres appellations reçues comme des épithètes, des qualificatifs, qui expriment des modifications particulières, des points de vue locaux , mais n'altèrent point dans son essence la signification générale du principe. Et, si l'on accepte l'interprétation du nom de Neit que nous soutiendrons plus loin, on reconnaîtra qu'il était impossible, entre les diverses désignations appliquées aux d&sses par les monuments égyptiens, d'en choisir une plus large, plus compréhensive et, par conséquent plus juste à la fois et plus profonde. Cette conception du principe féminin ainsi entendu est en effet un des points les plus importants de la religion égyptienne, un de ceux qui en font le mieux comprendre le véritable sens philosophique. Sans doute, quand on étudie les cultes locaux, il convient de distinguer avec soin les différences qui séparent telle déesse de telle autre, la Maut thébaine par exemple de l'Hathor de Tentyra ou d'Isis , etc. , il importe de bien marquer les attributs , les rôles particuliers à chacune d'elles. Mais si d'une vue plus haute on prétend embrasser les grandes lignes et déterminer la direction générale des idées, on peut et on doit grouper en un seul faisceau toutes ces personnifications diverses, puis, éliminant les divergences, dégager les notions communes, la pensée qui domine l'ensemble.

Les déesses ont deux formes, deux rôles principaux. Elles sont ou la mère du soleil, c'est-à-dire l'espace au sein duquel il est engendré, ou sa fille, c'est-à-dire l'effet produit dans le monde matériel par la chaleur, par le rayonnement solaire. Examinons d'abord cette seconde conception, beaucoup moins profonde que la première. Le soleil semble s'incarner dans les déesses armées de flèches, symbole des rayons qu'il darde; elles sont dites alors : l'œil

de Ra "^^^ ® J|. «Elles exercent sur lui, à sa droite et

à sa gauche , un double protection symbolisée par ses deux yeux, par les deux plumes de sa coiffure, par les deux parties de son diadème et les deux urœus dont il est orné»^). C'est ce que le Todienbuck, en son langage mystique, exprime, par cette phrase souvent citée: «Ses deux plumes sur sa tête, c'est la marche dlsis avec Nephthys, qui font sa protection à l'état d'être jumelles; c'est là ce qui est placé sur sa tête. Autrement dit, ce sont les deux très-grandes urœus, qui sont au front de son père Tum. Autrement dit, ce sont ses deux yeux, ses deux plumes sur sa tête» ^).

Or, Isis et Nephthys n'ont point le monopole absolu de cette fonction protectrice. Les autres déesses, et Neit en particulier, sont aussi très souvent appelées: œil de Ra, œil du Soleil. On peut donc dire que, de ce côté, il y a identité entre la plupart des grandes déesses, quelque variées que soient les appellations qu'elles reçoivent, suivant les divers temples où chacune d'elles est spécialement honorée.

Mais ce n'est là qu'un des deux aspects sous lesquels on avait coutume de les considérer; le prermier est, croyonsnous, d'une tout autre importance. Que les déesses aient été regardées comme l'espace dans lequel se produit la naissance du Soleil, cela est hors de doute; il suffit de

rappeler que le nom même d'Hathor ^1 signifie: la demeure d'Horus, c.-à-d. le lieu où il est conçu; que Maut, Isis, Neit, etc. sont appelées sans cesse: mère du Soleil désigné par les personnifications dé Ra, de Chons, d'Osiris;

i) Pierret^ Le Panthéon égyptien, p. 32.

2) Todtmb. a xvn, ii.

que des tableaux et des inscriptions sans nombre représentent le dieu sortant du sein de Nut ou apparaissant au haut des cuisses de la vache Meh-ur-t, etc. Or, la naissance du Soleil, c'est, dans la cosmogonie égyptienne, le premier acte de la création.

On est donc en droit . d'affirmer que les déesses , ainsi comprises, personnifiaient l'espace sans bornes, où se produisent, depuis le commencement des temps, les innombrables transformations de la vie. Il n'y a pas loin de là à la conception d'une substance primordiale, infinie dans l'étendue et dans le temps, douée d'une infinité d'attributs, et faisant sortir d'elle-même, concrétant, par un acte plus ou moins volontaire, les virt?^«^lités qu'elle renfermait en son sein.

La première des deux théories, celle qui fait des déesses un symbole vivant du rayonnement solaire , est évidemment très caractéristique et propre à l'Egypte. Mais c'est là un point de vue tout extérieur, une manière en quelque sorte vulgaire de figurer leur action. L'autre est beaucoup plus élevée et plus suggestive, car elle représente la divinité femelle comme le fiv&oç , c'est-àdire la substance et le lieu de la création.

Si l'on examine dans cet esprit la triade %yptienne, telle qu'elle se définit à Héliopolis, à Thèbes, à Abydos, à Eléphantine, on constate une sorte d'égalité entre les deux principaux membres qui la composent : Amon et Maut engendrant le dieu Chons , Osiris et Isis donnant le jour à Horus. Tous deux paraissent à peu près sur le même plan, au même titre que le père et la mère dans la génération naturelle. Néanmoins on peut attribuer une certaine supériorité au dieu mâle, comme représentant le principe actif, comme possédant en lui le germe, qu'il dépose

et qui fructifie, qui se développe dans le sein de la déesse ^). Cela est conforme à la doctrine des naturalistes anciens , qiii regardaient Thomme comme l'auteur principal de la génération.

Les Egyptiens d'ailleurs, habitués à reconnaître à la femme une importance sociale, un rôle qu'elle n'a point chez les autres nations de l'antiquité, intervertissent quelquefois cet ordre naturel et font passer la déesse avant le dieu. Ainsi la triade d'Edfou est la même que celle de Dendera ; mais tandis qu'à Edfou, Hor-hut est le premier , à Dendera, c'est Hathor, le principe femelle, qui occupe la première place*).

A Sais, point de triade divine. Osiris est honoré à coté de Neit , il est son fils , mais il n'est point son mari , son fécondateur et ne procrée point avec elle un dieu-enfant destiné à le remplacer. Neit est qualifiée, il est vrai, de mère d'Horus, parcequ'elle est mère du Soleil etqu'Horus est une des formes du Soleil, de même qu'elle est dite ailleurs mère de Ra ou d'Osiris. Mais nous ne voyons nulle part de triade composée de Ra ou Osiris avec Neit et Horus, considérés comme père, mère et fils.

M. de Rougé avait déjà remarqué qu'à Saïs Neit jouait le principal rôle. On peut même dire qu'elle y était tout, Osiris ou Horus ou Ra, présenté comme son fils, émanant directement d'elle, de' sa substance, sans aucune intervention étrangère. Nous indiquerons plus loin certaines com-

1) L'Inde Védique se représente également la création comme une génération sexuelle. «Pouroucha, le divin mâle, s*unit à Pradhânâ, la matière , et de ce commerce sortent tous les êtres. La naissance de l'homme a fourni à tous les peuples de l'antiquité l'image de celle du monde entier On a donc là une triade, une trimourtî, qui fait le pendant de

la triade physique formée d'Agni (le feu), de Vâyou (l'air) et de Soûrya (le Soleil).» A, Maury^ La relig. des Aryas, p, 119.

2) V. Mariette^ Dendera, p. 81.

paxaisons possibles avec des conceptions cosmogoniques, sinon semblables, du moins assez analogues. Mais il convenait de marquer immédiatement cette différence radicale qui distingue la théorie Saïte et lui assigne une place à part, au milieu de celles qui sont professées dans la plupart des temples de l'Egypte.

Plusieurs des textes que nous avons déjà relevés indiquent que Neit était révérée en des localités très diverses.

Elle était, nous le savons, la déesse principale du IVe et du Ve nome de la Basse-Egypte ^). Mais son culte se retrouve bien ailleurs. Ainsi dans la métropole du nome ;fesef-pehu (Lycopolites posterior)^), avec Osiris, Tum et Hathor.

A Memphis, elle avait un temple appelé «le temple de la Neit de Sais», que M. Brugsch a vu nommé sur un monument, dans les ruines de la ville'). C'est à cet édifice que devaient être attachées les nombreuses prêtresses de Neit, dont nous avons retrouvé la mention sur les stèles des premières dynasties; ces indications auraient suffi, à priori, pour affirmer l'existence du sanctuaire, dont le savant allemand a retrouvé le titre expressément gravé sur la pierre*).

1) Brugsch, Géogr. I, 141,

2) Id. ib. 249.

3) Id. ib. 238J

4) Dans le tombeau de Ti An à Sakkarah, Ve dynastie, sa femme Neferhotep-8 est qualifiée: prophétesse d'Hathor neb-nehat et de Neit

3 F mehit sebti, du rempart du Nord. M. de Rougé (Recb. sur les

6 premières dyn. p. 311) remarque que ce titre de Neit rappelle le titre de Ptah du rempart du midi , à Memphis. Le temple de Neit devait donc se trouver dans la partie de la ville opposée à celle où s'élevmt celui de Ptah.

Un autel circulaire, conservé au musée de Turin, cite

une Hathor ^lj©et — --^^k^ Neit dans le nome Athribite ^).

A Dendera, dans le grand temple consacré à Hathor- Isis, on voit celle-ci identifiée à notre déesse sous le nom de «Neit-Termuthis, mère de l'Horus de Dendera.» Mais Neit paraît aussi avec un titre qui lui est tout à fait personnel et qui ne suppose aucune assimilation à la divinité locale, celui de: Neit, la grande, la divine mère, la maîtresse du nome Saïtique septentrional, ç. ^-, M-^ ^^=^

Page 1